Transports aériens

Coronavirus : « pas de tourisme » et « les prix des billets vont chuter » selon Marc Rochet

Conséquence de la pandémie de COVID-19 sur les compagnies aériennes

Manuel Marchal / 30 juillet 2020

Un article paru mercredi dans « Tour Mag » illustre les conséquences du coronavirus pour les compagnies aériennes. Il fait un compte rendu de l’intervention du président d’air Caraïbes-French Bee lors d’une visio-conférence organisée par les Entreprises du voyage. Selon Marc Rochet, deux premières phases se sont déjà écoulées depuis le début de l’épidémie de coronavirus. La première a été l’arrêt brutal et total de l’activité, la seconde celle de l’immobilisation des appareils alors que les charges devaient continuer à être payées.
Voici de larges extraits de cet article :

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« Nous entrons dans la phase 3 du phénomène sur quatre, celle du démarrage, mais aussi la plus dangereuse » estime Marc Rochet. En effet, après le profond sommeil, il est venu le temps de repositionner des avions, rouvrir des lignes, mais aussi engager des frais, des moyens humains, matériels. « Devant nous, la demande est quand même très molle, alors que nous avons réengagé deux tiers de notre activité normale. Nous nous estimons tout de même avantagés puisque nous desservons les Outre-mer » positive le patron d’Air Caraïbes et French Bee.
Ces lignes bénéficient donc d’une forte demande affinitaire, permettant de maintenir un taux de remplissage plutôt conséquent des avions.
Ainsi, sur le cœur de réseau en juillet et août le trafic est soutenu avec une baisse de l’activité de seulement moins 10 % par rapport à 2019.
« Il n’y a pas de tourisme, c’est marginal, et le trafic affaires est vitriolé. Les entreprises ne prennent pas de risque et ne veulent pas voir leurs employés bloqués à l’autre bout du monde ».
Alors que les charges flambent et les ventes se font timides, les équipes dirigeantes doivent se fixer un but ultime : réduire les coûts.
« Les prix des billets vont chuter considérablement, car prix du pétrole en baisse et moins de clients. Nous devons nous adapter pour accompagner les clients. »
Le transport aérien va-t-il retrouver son niveau de 2019 un jour, alors qu’il connaissait un doublement de son trafic tous les 15 ans, rien n’est moins sûr. Toutefois, le patron croit au rebond, car le loisir et les affinitaires sont une base solide et cette clientèle représente 80 % du trafic ».

L’analyse de Marc Rochet donne plusieurs indications. Tout d’abord, ce sont les touristes affinitaires qui permettent de maintenir les compagnies desservant La Réunion depuis la France à flot. Ces touristes affinitaires ne sont pas considérés comme des touristes au sens strict puisqu’ils sont hébergés chez des amis ou de la famille.

Cela donne une indication sur l’après COVID-19. Manifestement, la période où des Européens se rendaient massivement à des milliers de kilomètres de leur domicile pour passer des vacances semble révolue, au moins temporairement.

Avec la diminution du prix du pétrole et la baisse du trafic, les prix des billets d’avion vont baisser, estime Marc Rochet. Avec la remise en place de la subvention versée par la Région pour prendre en charge une partie de ce prix, il en résultera toujours un appel d’air pour encourager des Réunionnais à dépenser l’argent de leurs vacances en France plutôt qu’à La Réunion.

M.M.