Transports aériens

L’Airbus A380 est bien la réponse adaptée à La Réunion

L’arrivée d’une compagnie low-cost entraîne 10 % de trafic passagers en plus

Manuel Marchal / 24 novembre 2017

La hausse du trafic passagers en octobre dernier à l’aéroport de Gillot est encore importante. Elle est de 10 % par rapport à octobre 2016. L’impact de l’arrivée de French Blue et de ses tarifs inférieurs à la concurrence est incontestable. Cela donne une fois de plus raison au projet d’Airbus A380 porté par l’ancienne direction d’Air Austral. Avec cet avion, non seulement les prix auraient baissé plus tôt et de 30% sans subvention, mais en plus les bénéfices dégagés par cette opération seraient restés à La Réunion.

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Les derniers chiffres du trafic passagers de l’aéroport Roland-Garros diffusés hier confirment la hausse. Elle est de plus de 10 % par rapport à octobre 2016. Cette progression vient essentiellement d’une fréquentation plus importante de la liaison entre La Réunion et la France : 11.000 passagers de plus, +10 %.

Cette progression est le résultat de l’arrivée dans notre île de la compagnie low-cost French Blue. Son modèle économique lui permet de proposer des tarifs inférieurs à ceux de la concurrence. En conséquence, le nombre de passagers à pouvoir voyager augmente, et le trafic avec. Ceci confirme une constante : la limite de la progression du trafic entre La Réunion et la France est le prix du billet d’avion.

L’ancienne direction d’Air Austral était bien consciente de cette réalité. C’est pourquoi elle avait travaillé avec Airbus sur un projet unique au monde : un Airbus A380 capable d’embarquer plus de 800 passagers, exploité par une filiale low-cost d’Air Austral, Outremer 380. Avec un tel avion, les prix devait baisser de 30 %, toute l’année, pour tout le monde et sans subvention. Air Austral avait ainsi fait l’acquisition en commande ferme de deux appareils, et pris une option sur deux autres. Si le calendrier avait été respecté, cela fait quatre ans que ces Airbus A380 serait en service.

30 % moins cher sans subvention

Mais ce projet a suscité une vive inquiétude de la concurrence. En effet, personne en 2013 n’aurait été capable de s’aligner sur les prix. Les bénéfices tirés de l’exploitation de l’Airbus A380 aurait en effet renforcé Air Austral et pas ses concurrents. Ses derniers auraient été contraints de réduire considérablement leurs marges ou de partir.

Le choix du PS de faire perdre l’Alliance en 2010 a fourni aux concurrents d’Air Austral une occasion inespérée de faire échouer ce projet. La nouvelle majorité régionale avait besoin de mesures populistes pour se maintenir. Elle a donc mis en place une subvention aux compagnies aériennes pour que le prix payé par le passager soit moins élevé que le tarif affiché. Chaque année, ce sont plusieurs dizaines de millions d’euros versés par les contribuables, qui voyagent ou pas, aux sociétés qui assurent la liaison aérienne entre La Réunion et la France. La Cour des comptes a constaté qu’un tel procédé maintenait les prix des billets à un tarif élevé, car les compagnies aériennes peuvent être tentées d’intégrer la subvention dans le prix affiché. Mais surtout, une telle mesure entrait en conflit avec le choix de proposer un billet d’avion moins cher de 30 % sans subvention.

De la place pour l’A380

Des arguments tous plus farfelus les uns que les autres ont été évoqués pour arrêter le projet d’Airbus A380. Les opposants disaient notamment que l’Airbus A380 allait cannibaliser le trafic et donc détourner la clientèle d’Air Austral vers sa filiale.

Depuis l’arrivée de French Blue à La Réunion, tous les chiffres de fréquentation diffusés mensuellement par la direction de l’aéroport Roland-Garros viennent démentir cette thèse. En effet, le trafic est en constante augmentation. Cela signifie que le marché s’étend grâce à la baisse des prix. C’est bien la preuve qu’il y avait la place pour l’Airbus A380 densifié à 800 passagers. L’idée des promoteurs du projet A380 était donc juste. Et à la différence de French Blue, elle aurait permis de maintenir les bénéfices créés à La Réunion, et donc de traduire ces gains en emplois.

M.M.



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Messages






  • Singapore Airlines vient de retirer de sa flotte les premiers A380 mis en service, ils sont stationnés en France métropolitaine et la question de leur démantèlement se pose. Messieurs de la direction d’Air Austral, ne devriez-vous pas saisir l’opportunité d’acheter un ou plusieurs de ces A380 d’occasion pour lancer enfin une liaison Reunion/Métropole réellement low-cost ?
    Un A380 agé de seulement 10 ans a encore du potentiel, une belle cabine toute neuve en configuration 2 classes, une cinquantaine de siège "confort", le reste en économique et une négociation avec Airbus pour profiter des possibles améliorations "A380 PLUS" (pas toute adaptable sur un avion d’occasion malheureusement) pour maximiser le nombre et la rentabilité par siège. Gardez les 787 pour les Paris/Mayotte/Réunion et les 777 pour les Paris/Réunion en configuration 3 classe Business/First/Eco. Pourquoi ne pas également profiter d’un A380 pour ré-ouvrir une liaison vers l’Australie également en low-cost pour que la Réunion devienne un Hub entre Europe/Afrique et l’Australie ?

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