Transports aériens

« Les transporteurs low cost “sortiront-ils” les compagnies régulières ? »

"Tour mag" d’hier

Témoignages.re / 12 février 2009

Dans un article dont nous reproduisons ci-après de larges extraits, ’Tour mag’ fait état de la progression spectaculaire des compagnies aériennes ’low cost’ dans les dessertes intra-européenne. Après la concurrence du TGV, Air France verra-t-il son chiffre d’affaires diminuer sur ses lignes moyens-courriers ? Si tel est le cas, assistera-t-on à une nouvelle offensive de ce mastodonte pour redéployer sur les lignes régionales de l’océan Indien des avions devenus inutiles en Europe, ce qui pourrait être perçu comme un moyen de s’attaquer à Air Austral, le pionnier de la desserte long-courrier low cost avec l’A380.

Il y a quelques années de ça, on aurait qualifié le titre de cet article (et sa thèse) d’"abracadabrantesque". D’hypothèse farfelue. Et pourtant, la crise actuelle qui accentue les difficultés des transporteurs traditionnels la rend de plus en plus plausible.
Tandis que les low cost surfent sur la lame de fond de la crise, les legal carriers (*) semblent s’y noyer inexorablement.
Les parts de marché des premières ne cessent d’augmenter au détriment des secondes. Les derniers résultats communiqués par l’Association qui rassemble les principaux acteurs du marché sont éloquents.

En 2008, les compagnies adhérentes (1) de l’European Low Fares Airline Association (ELFAA) ont transporté 149,5 millions de passagers, soit une progression de 15,7% avec 81,5% de taux d’occupation. Désormais, les transporteurs à bas prix représentent plus de... 35% du trafic intra-européen !
Un pourcentage qui est loin de laisser de marbre les responsables d’Iata. La puissante organisation internationale qui évoque régulièrement les pertes prévues de ses adhérentes pour les mois à venir place chaque fois la barre un peu plus haut. (…)
Les attentats du 11 Septembre 2001 ont accéléré la nécessaire mutation de cette industrie. Le coup était sévère.

2008 : 35 compagnies ont déposé le bilan

Le trafic dans le monde a reculé de 50% dans les 3 semaines qui ont suivi ce dramatique évènement.
Aux Etats-Unis, les Big five (2) n’ont dû leur salut qu’au fameux Chapter 11, dispositif qui prévoit le soutien étatique jusqu’à ce que la compagnie puisse de nouveau assumer ses obligations.
Huit années plus tard, le tableau n’est guère plus réjouissant. En 2008, 35 compagnies dans le monde ont déposé le bilan. Les restructurations n’ont pas suffi. Certes, celles qui vivaient sur un grand pied ont atterri brutalement.
Mais fondamentalement, rien n’a changé. Malgré l’adoption d’un certain nombre de mesures calquées sur les transporteurs low cost (allègements des charges, renouvellement de flotte, repas payants...), le business model de ces acteurs semble périmé.
Porteurs d’une lourde culture d’entreprise, handicapés par un corporatisme et un syndicalisme exacerbés, plombés par des salaires et des avantages exorbitants, ils semblent de plus en plus fragiles et désarmés face à la crise.

Air France-KLM semble avoir mangé son pain blanc

Celle-ci n’est certes pas sans incidence chez les concurrents à bas prix. Cependant, moins lourdement "chargés", ces derniers tirent mieux leur épingle du jeu.
Pris en cisaille par la hausse brutale du baril de pétrole contre laquelle ils s’étaient insuffisamment protégées, puis par l’effondrement brutal des cours contre lequel ils se sont trop protégés, les transporteurs aériens n’en finissent pas de panser leurs plaies.
Plus inquiétant : même les "entreprises vertueuses" comme Air France-KLM semblent désormais avoir mangé leur pain blanc et ne plus échapper aux turbulences qui secouent le transport aérien mondial.
Avec deux low cost solidement implantées sur son pré carré, la compagnie tricolore aura fort à faire dans les mois à venir.
Les passagers, de leur côté, plébiscitent la stratégie de point à point des transporteurs à bas coût. Une approche à l’opposé de celle du hub qu’affectionne AF-KLM.
Certes, comme aime à le rappeler J.-C. Spinetta, on ne peut avoir des liaisons directes partout en France.
Mais la donne pourrait être chamboulée encore si demain les low cost se mettaient (c’est dans les tuyaux) à faire du long courrier.
Que resterait-t-il alors aux "grandes" ?

(*) Clickair, easyJet, flybe, Jet2.com, myair.com, norvégien, Ryanair, Sky Europe, Sverige Flyg, transavia.com et Wizz Air.
(*) Legal carriers - Compagnies régulières
(*) American, Continental, United, Delta, US Airways,

Jean Da Luz



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  • Vous dites "Porteurs d’une lourde culture d’entreprise, handicapés par un corporatisme et un syndicalisme exacerbés, plombés par des salaires et des avantages exorbitants, ils semblent de plus en plus fragiles et désarmés face à la crise."

    N’importe-quoi !
    Pardon de gagner 30000€ par an pour un ingénieur dans une compagnie aérienne traditionnelle ! Il n’y a pas de quoi hurler non plus. Depuis quand l’aérien paie bien ? C’est nouveau ? Vous feriez mieux de regarder de plus près les salaires des majors, qui n’ont rien de géniaux (si vous parlez des pilotes, ils ne représentent qu’une petite minorité des employés). Pourquoi ne pas dénoncer les salaires au rabais, l’absence de cotisations et l’absence pure et simple d’expression syndicale dans les low-cost ? On sait aussi pourquoi les tarifs sont bas dans ces compagnies.
    On se demande où sont les références en matière de travail des fois...

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