International

Les États-Unis "ne cherchent pas une nouvelle guerre froide", dit Joe Biden à l’ONU

Assemblée générale de l’ONU

Témoignages.re / 23 septembre 2021

Le président américain, Joe Biden, s’est adressé à la 76e session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le 21 septembre 2021, où il a assuré que les États-Unis veulent ouvrir une "ère de diplomatie" après la fin de la guerre en Afghanistan et "ne cherchent pas une nouvelle Guerre froide".

Pourtant, les actes des américains laissent envisager le contraire. Entre le retrait d’Afghanistan, la crise des sous-marins, les américains continent de déployer son armée dans le monde.

Joe Biden a affirmé, mardi 21 septembre, son attachement à la diplomatie et au multilatéralisme face à des alliés européens qui l’accusent de faire trop souvent cavalier seul. "Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre froide, ou d’un monde divisé en blocs rigides", a lancé le président des États-Unis pour le premier discours de son mandat à l’Assemblée générale des Nations unies.

Pour autant, "les États-Unis vont participer à la compétition, et y participer avec vigueur", a-t-il prévenu en donnant sa vision de la confrontation avec la Chine, sans la nommer.

"Avec nos valeurs et notre force, nous allons défendre nos alliés et nos amis, et nous opposer aux tentatives des pays plus forts de dominer les plus faibles", a-t-il martelé.

Le président Joe Biden s’est engagé dans un combat contre les "autocraties", et a aussi promis de "défendre la démocratie".

Pour le démocrate américain, le discours dans le temple du multilatéralisme a été l’occasion de mettre en avant le "retour" de l’Amérique comme partenaire fiable auprès de ses alliés malmenés pendant quatre années de mandat de Donald Trump.

"Au cours des huit derniers mois, j’ai accordé la priorité à la reconstruction de nos alliances, à la revitalisation de nos partenariats et à la reconnaissance qu’ils sont essentiels à la sécurité et à la prospérité durables de l’Amérique", a-t-il plaidé.

Il s’est surtout engagé à ouvrir une "ère de diplomatie" après la fin de la guerre en Afghanistan, assurant que la force militaire ne serait utilisée par les États-Unis qu’en "dernier recours".

Ce discours marque la différence avec celui de l’ancien président Donald Trump, qui a mit à mal les relations diplomatiques entre les pays de l’ONU et les Etats-Unis. Cependant, les vœux de bonne entente sont remit en cause par le retrait chaotique des troupes américaines en Afghanistan, puis la crise ouverte avec la France dans l’affaire des sous-marins, qui a éclaté la semaine dernière, ont totalement brouillé son message.

Paris ne décolère pas contre l’annonce par les États-Unis, le 15 septembre, d’un pacte de sécurité conclu avec l’Australie et le Royaume-Uni pour contrer la Chine, surnommé Aukus. Ce nouveau partenariat s’est fait dans le dos des Français, qui ont perdu un énorme contrat de sous-marins commandés par Canberra.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a encore dénoncé lundi à New York une décision "brutale" et une "rupture de confiance entre alliés". De son côté, l’Union européenne a offert à la France le "soutien" et la "solidarité" qu’elle espérait, selon le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Interrogé par Franceinfo, Benjamin Haddad, chercheur en relations internationales, directeur "Europe" au think tank Atlantic council de Washington estime que c’est un discours "que n’aurait pas répudié Donald Trump" car "ici, on était beaucoup plus dans un discours America first : défense des intérêts vitaux des Etats-Unis".

D’ailleurs, vingt ans après le 11 septembre, les Etats-Unis se retirent de l’Afghanistan mais continuent de projeter son armée partout dans le monde. En effet, les Etats-Unis sont déployés à l’étranger dans 800 bases militaires déclarées et 177 pays, en comptant le corps de garde des ambassades.

Outre la présence militaire, Joe Biden veut s’assurer de la solidité de ses alliances après ce discours fleuve. Outre le pacte passé avec l’Australie, il va assister au premier sommet en personne du Quad, une alliance avec l’Inde, le Japon et l’Australie, décrite comme essentielle pour la stabilité de cette région indo-pacifique.