Di sak na pou di

À la recherche d’un Dieu crédible

Reynolds Michel / 12 mai 2021

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À chaque attaque ou assassinat au couteau par un terroriste ou un fanatique, au nom de Dieu, nous disons que ce n’est pas possible, que c’est un acte barbare de trop. Acte de pure violence comme dans le cas de la policière de Rambouillet, Mme Stéphanie M., du père Hamel et bien d’autres. D’un seul coup, sans dialogue, sans affrontement, l’être humain est aux prises avec un autre être humain qui nie son humanité, le réduisant à rien. C’est terrifiant. « Rien ne peut justifier un acte aussi barbare, et encore moins au nom de Dieu », a déclaré avec tristesse et consternation Monsieur Serbi Mohamed, le président du Conseil départemental du culte musulman de Savoie. Pourtant, et pourtant on ne cesse de tuer, hier comme aujourd’hui, au nom de Dieu. Il arrive même que l’acte inhumain soit célébré avec joie, dans l’allégresse de la vengeance. Et ce, contrairement aux valeurs que l’on retrouve dans les textes sacrés des grandes religions : paix, amour des autres, etc. Alors pourquoi tuer au nom de Dieu ? Alors, pourquoi tant de guerres et de violences au nom de Dieu ?

Je crois que nous avons un gros problème avec l’idée de Dieu, avec l’image de Dieu. L’idée-image de Dieu renvoie aujourd’hui à une confusion prodigieuse. Cela s’explique, car il n’y a jamais de parole sur Dieu que sur fond d’une expérience humaine. De surcroît, notre connaissance s’exprime par l’intermédiaire du langage symbolique ou métaphorique. Or, le risque est de prendre le signe, le symbole, pour le sens, de transformer Dieu en idole, de l’instrumentaliser, de le transformer en tueur. Notre idée ou image de Dieu a donc besoin d’être sans cesse remise en question, évangélisée, comme l’exprime le pasteur Raphaël Picon :

« Dieu est un mot bien trop dangereux pour ne pas l’évangéliser. Tant de crimes ont été commis en son nom ! Dieu est un condensé de fantasmes : ceux de nos désirs de toute-puissance et de nos esprits de vengeance. C’est le cache-misère de nos rationalités chancelantes, le mot de la fin quand on est à court d’explication. C’est l’arme du faible et du couard, du fort et du guerrier, lorsqu’ils n’osent plus se battre par eux-mêmes. (…) Oui il faut évangéliser " Dieu "… ».

Mais ce Dieu, même Bible en main, reste trop dangereux pour en user sans modération, dit encore Raphaël Picon. Pour évangéliser Dieu, nous avons besoin d’un modèle de Dieue qui donne la vie, qui aime la vie et qui veut que les hommes vivent. Un Dieue qui parle avec les mots de Jésus de Nazareth et qui est, en nous, l’affirmation de la vie. Croire en Dieu, c’est aussi croire en l’homme, croire en la vie. Dans cette perspective, nous pouvons nous demander si le modèle de Dieue comme mère n’est pas celui qui exprime le mieux l’activité créatrice de Dieue, celui qui est toujours du côté de la vie, comme une mère qui donne, soutient et préserve la vie.

Reynolds Michel