L’invité(e)

« Je porte haut la voix des sans voix »

Nadia Tancourt, bénévole au COSPAR et à ATD Quart Monde

Jean Fabrice Nativel / 20 mars 2009

Sous la pluie et capuche, Nadia Tancourt, bénévole à ATD Quart et membre du COSPAR, occupait la deuxième ligne du défilé, la première l’était par un cordon de sécurité.

Pourquoi êtes-vous dans la voie aujourd’hui ?
— Je défends les minima sociaux et lutte contre la vie chère. Des familles vivent ou survivent avec le RMI, je le regrette. Je constate avec amertume les difficultés qu’elles ont pour subvenir aux besoins élémentaires. Ainsi le début du mois commence comme il s’est terminé, c’est-à-dire avec des difficultés. Elles ont elles aussi des charges fixes (le loyer, l’eau, l’électricité…), plus la nourriture du foyer. Les dettes s’accumulent, elles sont asphyxiées.

Depuis quand avez-vous embrassé ce combat contre la vie chère ?
— Cela fait deux ans précisément ! J’accompagne un proche à la Journée de la misère (le 17 octobre) organisée par ATD Quart Monde. Je découvre le quotidien de nombre de Réunionnais. Ils sont démunis et désorientés. Au fond de moi-même, je me suis dit : « Nous sommes Français, il est nécessaire de leur venir en aide ». J’adhère à ATD.

Justement, de quelle manière vous les aidez ?
— Je visite les plus démunis. Je vous attendais cet après-midi ? (Je ne manquerai pas d’honorer ce rendez-vous). De nos jours, oui, de nos jours monsieur, des personnes habitent encore dans des cases en bois sous tôle. De véritables passoires en temps de pluie ! Et je ne vous parle pas de l’état d’insalubrité de ces demeures de misère. Les logements en dur enferment eux aussi la misère. Des familles ne mangent pas à leur faim. Il arrive qu’elles ne mangent pas pendant trois jours consécutifs.
À ATD Quart Monde, je m’occupe du droit au revenu. Je porte haut la voix des sans voix. Les Réunionnais ont des droits. Mais ils ne le savent pas. Je leur apporte des conseils.

Jean-Fabrice Nativel