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La Réunion : reprise des négociations

Après une journée de mobilisation et des scènes d’émeutes

Témoignages.re / 11 mars 2009

Depuis 10 heures 40 ce matin, les discussions ont repris à la préfecture entre le COSPAR, l’État, le patronat et la grande distribution. La nuit a été marquée par des scènes d’émeutes dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis et dans quelques rues du Port. Elles rappellent toute la fragilité et la précarité de la société réunionnaise.

Des blessés, des arrestations et des dégâts matériels importants : quand La Réunion s’est réveillée ce matin, le soleil s’est levé sur les traces des scènes d’émeutes qu’ont connu les habitants du quartier du Chaudron à Saint-Denis et de plusieurs rues du Port.

A Saint-Denis, 22 personnes ont été arrêtées, un gendarme mobile a été blessé par un tir de carabine. Une agence bancaire a été investie par des émeutiers hier soir. Du mobilier urbain et des voitures ont été incendiées. Ce matin, priorité était donnée au dialogue avec la population, pour qu’elle fasse respecter le Chaudron. Retour au calme également au Port.

Quelques heures plus tard, les discussions ont repris à la préfecture avec l’Etat entre le COSPAR et la grande distribution tout d’abord, et ensuite avec le patronat. Avec la grande distribution sont également venus les représentants des petits commerçants. Le COSPAR revendique une baisse de 20% sur 500 articles de première consommation répartis dans 100 famille de produits.

Cet après-midi, c’est le patronat qui doit venir discuter avec le COSPAR et l’Etat. Le COSPAR revendique une augmentation de 200 euros pour les bas salaires, les minimas sociaux, les retraites et les bourses des étudiants.

Pour le moment, l’Etat propose une subvention de 100 euros pour augmenter les salaires, quant au MEDEF il est prêt pour le moment à lâcher 50 euros tout de suite. Ceci ne prend pas en compte la détresse sociale vécue par 52% de la population réunionnaise.

Le succès des manifestations d’hier et les expressions brutales de l’exaspération sociale vont sans doute amener à une accélération des négociations en vue d’un accord qui puisse contribuer à la justice sociale.