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60e anniversaire du Congrès fondateur du PCR

17-18 mai 1959, 17-18 mai 2019

Manuel Marchal / 18 mai 2019

Cela fait 60 ans aujourd’hui que se tenait au Port le dernier congrès de communistes réunionnais membres d’un parti français. Cela fait 60 ans que commençait le Congrès qui fonda le Parti communiste réunionnais. Que retenir de cette rupture historique ?

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Lors de la création du PCR en 1959, Bruny Payet, Gervais Barret, Paul Vergès, Léon Feix, Pierre Rossolin et Léonide Laude.

Un outil de lutte au service du peuple réunionnais

La création d’un outil au service du peuple réunionnais pour l’émanciper du joug colonial, c’était la principale décision de la 6e conférence de la Fédération communiste de La Réunion. Les 17 et 18 mai 1959 eut lieu en effet à la mairie du Port la dernière rencontre de communistes réunionnais membres d’un parti français.

Cette décision reposait sur l’analyse d’une situation coloniale à La Réunion marquée par une départementalisation jugée impossible, et sur la reconnaissance de l’existence d’un peuple réunionnais. La revendication fondamentale reste depuis cette date la création d’une assemblée décisionnaire chargée de régler tous les problèmes concernant directement les Réunionnais, et mettre en œuvre une politique de développement. Depuis, l’idée d’un peuple réunionnais et d’institutions adaptées à sa situation a largement été diffusée dans l’opinion.

Imprégnation de la société réunionnaise

60 ans plus tard, l’analyse validée par les fondateurs du PCR a imprégné la société réunionnaise. Aujourd’hui, plus personne ne remet non plus en cause les conquêtes obtenues par les sacrifices de plusieurs générations de militants : respect du suffrage universel et du pluralisme d’opinions, reconnaissance identitaire et culturel, surtout l’existence d’un peuple réunionnais.

En effet, la crise qui existait déjà en 1959 n’a fait que s’amplifier, montrant l’urgence de discuter d’autres solutions.

Devant l’évidence des faits, certains tentent de faire de l’héritage des luttes du PCR une tête de gondole pour se faire passer pour moderne, alors qu’ils restent les plus fervents partisans de l’assimilation en allant jusqu’à proposer de subventionner les prix de tous les produits importés.

Mais d’autres ont sincèrement une analyse convergente sur plusieurs points avec les thèses fondatrices de 1959. La lutte pour la reconnaissance du peuple réunionnais, et pour la création d’outils légitimes de décision pour un peuple, est devenue une cause qui dépasse largement les communistes. Elle est un socle pour envisager un avenir commun, capable de créer les conditions d’un développement durable d’une Réunion d’un million d’habitants au sein d’un voisinage qui en comptera plus de 50 millions dans 30 ans.

M.M.