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Agnès Buzyn est-elle plus responsable que les autres ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 15 septembre 2021

Quand la crise éclate, il est instructif de vérifier l’emploi du temps des responsables politiques afin de déterminer leur implication. Voici 2 cas.

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Agnès Buzyn est mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Elle était ministre de la Santé lorsque tous les médias s’extasiaient devant la construction de 2 hôpitaux en 15 jours à Wu Han. Elle démissionne le 16 février pour se présenter aux municipales parisiennes du 15 mars. Elle n’est pas concentrée sur la défense de la santé du peuple français. Du reste, son ami, Président de la République intervient le 12 mars pour annoncer que « nous sommes en guerre contre un ennemi invisible ». Drôle de guerre puisque même le premier ministre avait donné la priorité aux municipales du Havre. Ainsi, il serait plus juste d’incriminer le trio pour « non assistance à population en danger ».

Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain, était lundi 13 devant le Congrès pour répondre de la crise afghane. Il a été très attaqué par les Républicains mais aussi par des élus de son propre camp démocrate. Devant le désastre, on a même réclamé sa démission. Il a chargé Trump et son « retrait » médiatique, sans plan précis, mais en échange de la libération de 5000 prisonniers. Tout cela est vrai et se trouve dans l’accord de Doha.

Mais la vraie raison du désastre, c’est que la direction du pays avait considéré l’affaire afghane pliée et qu’elle pouvait orienter l’attaque contre la Chine, en consolidant l’alliance Indo-Pacifique. Quinze jours avant le désastre, Bliken était en visite officielle en Inde le 27 et 28 juillet. Il a même eu le temps de rencontrer un représentant du Dalaï-Lama. Du 23 au 24 août, la Vice-Présidente Kamala Harris était en tournée à Singapour et au Vietnam. Elle distille des déclarations contre la Chine et fait diversion sur le « syndrome de la Havane » alors que les Talibans étaient à Kaboul, depuis le 15 août !

En fait, les 2 responsables américains faisaient de la propagande pour la conférence virtuelle que Biden a prévu les 9 et 10 décembre. Il veut rallier « le monde libre » pour « sauver la démocratie ». Le thème est : « lutter contre l’autoritarisme, combattre la corruption et promouvoir le respect des droits humains ». Biden a fait cette déclaration, le 11 août, soit 4 jours avant l’entrée des Talibans à Kaboul ! Pendant ce temps, cette crise provoquée par les Américains inquiète les pays voisins qui appellent à l’union contre le terrorisme.

Comme on voit, en consultant l’emploi du temps des politiques, on peut déterminer leur niveau de responsabilité quand la crise atteint son paroxysme. Quand il y a le feu, la priorité est d’éteindre l’incendie et de sauver les biens et les personnes. Dans les 2 cas exposés, on reste sans voix devant l’analyse des priorités. Ils sont collectivement responsables.

Ary Yée Chong Tchi Kan