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Construire une nouvelle société d’une île au monde

Dimanche 12 novembre, hommage au fondateur du PCR : des combats à poursuivre

Manuel Marchal / 8 novembre 2017

Dimanche, à l’initiative du Parti communiste réunionnais, aura lieu un hommage à Paul Vergès à l’occasion du premier anniversaire de son décès. Cette commémoration aura lieu pendant que se tient à Bonn la COP23. Le changement climatique et ses conséquences a été une question qui a marqué l’engagement politique de Paul Vergès jusqu’à sa disparition le 12 novembre 2016.

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Paul Vergès à la COP15, conférence de Copenhague sur le climat.

Ce 12 novembre marquera le premier anniversaire du décès de Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais. Cette commémoration organisée par le PCR se tiendra à 10 heures au cimetière paysager du Port. Elle se poursuivra par un pique-nique au Parc Boisé Laurent Vergès.

Cet événement a lieu dans une actualité dominée par la conférence de Bonn sur le climat, la COP23. Le changement climatique et ses conséquences a été une question qui a marqué les 20 dernières années de l’engagement politique de Paul Vergès. Aussi il a milité jusqu’au bout pour que cette question soit prise en compte dans toutes les analyses. Le changement climatique est en effet une conséquence de la domination du système capitaliste dans le monde. Résoudre cette question suppose donc de dépasser ce système, avec la mise en place de nouvelles relations entre les peuples pour arriver à construire une nouvelle civilisation.

Les éléments présentés à la conférence de Bonn soulignent l’urgence d’aller vers de nouveaux modes de production et de consommation. Et ses participants appellent à l’action. Ils demandent aux États d’accélérer la mise en œuvre des engagements pour respecter l’Accord de Paris, ratifié et donc applicable depuis un an. Ce traité international a été signé lors de la COP21. Avant cette conférence, Paul Vergès a proposé à la France une nouvelle vision pour notre région, prenant en compte trois facteurs : l’océan, l’énergie et la hausse de la population.

Océan, énergie, population

En effet, le 3 juin 2014, dans la perspective du sommet de la COI qui allait se tenir deux mois plus tard à Moroni aux Comores, et avec en point de mire l’organisation par la France de la COP21 17 mois plus tard, Paul Vergès avait pris l’initiative d’une proposition de résolution qui a été co-signée par des sénateurs de tous les groupes politiques de cette assemblée : « nous pensons que la puissance invitante, la France, peut prendre des initiatives concrètes. Parmi ces initiatives, l’une concerne les îles de la commission de l’Océan Indien (COI) : pour l’instant, la commission de l’Océan Indien est composée de Madagascar, Maurice, les Comores, les Seychelles, La Réunion. Ces îles sont toutes confrontées aux problèmes qui vont se poser dans ce 21e siècle ».

En effet, précise la proposition de résolution, « toutes les îles sont dépendantes de l’extérieur, pour leur approvisionnement énergétique, que ce soit en pétrole, en gaz ou en charbon. Il y a là d’une part, un facteur d’insécurité sur l’approvisionnement, d’autre part, un coût extrêmement élevé pour ces importations. Mais dans le même temps, du fait de leur position géographique, ces îles bénéficient de tous les éléments nécessaires pour parvenir rapidement à l’autonomie énergétique. Au niveau des énergies renouvelables, elles possèdent des gisements produisant de l’énergie en permanence (les énergies de la mer, la géothermie, l’hydraulique) ou de l’énergie intermittente : éolienne (alizés) ; solaire ; biomasse. Ainsi, toutes les îles ont des atouts pour atteindre l’autonomie énergétique et éliminer l’importation d’énergies fossiles. Outre le gain financier, l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre est considérable ».

Combat à poursuivre

Cette situation a lieu dans un contexte, celui de la croissance de la population. « Cette question de la transition démographique va obligatoirement avoir des conséquences directes, qu’il faudra bien prendre en compte : l’autonomie alimentaire, la santé, l’éducation, des classes élémentaires à l’université ; le logement ; l’emploi ; les infrastructures de transports, etc. Et bien sûr, la question de l’énergie. Car, sur le plan du développement durable, la question de la maîtrise de l’énergie est un élément décisif », précise la proposition de résolution qui se conclut en ces termes : « J’émets le vœu que cette initiative suscite à nouveau l’unanimité au Sénat. Cela permettrait de concrétiser une initiative concrète, réalisable et significative à la veille du sommet de Paris 2015. Enfin, cette initiative commune serait le message adressé à toutes les populations et à tous les peuples de cette zone Océan Indien : un objectif défini peut être ratifié par tous les secteurs de l’opinion publique et toutes les collectivités, de la pyramide institutionnelle, depuis les collectivités locales jusqu’au sommet de l’État ».

Les débats de la conférence de Bonn sur le climat soulignent combien il est important de continuer ce combat.

M.M.