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Coup de tonnerre à la Région Réunion : vers une opération « mains propres » à La Réunion ?

La roue tourne : Didier Robert trahi par un de ses plus fidèles soutiens à deux semaines des régionales

Manuel Marchal / 7 juin 2021

Le « Journal de l’île » a publié samedi des extraits accablants du rapport de la Chambre régionale des Comptes sur « la gestion des ressources humaines au Conseil régional ». Les révélations pointent sur un cabinet aux effectifs pléthoriques, avec des postes occupés par des proches sur le plan politique dont des maires, aux missions mal définies et payés en moyenne plus de 5200 euros par mois. A deux semaines des régionales, Didier Robert, candidat à sa réélection, est trahi par le pragmatisme d’un de ses plus fidèles alliés. Manifestement, la roue tourne.

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Dans son édition de samedi dernier, le « Journal de l’île » publie quelques extraits du rapport de la Chambre régionale des comptes sur « la gestion des ressources humaines au Conseil régional ». Ils concernent particulièrement la gestion du cabinet, c’est-à-dire les personnes embauchées sous la seule responsabilité du président de Région. Les faits sont accablants. Ils révèlent trois faits qui ne laissent pas insensible dans un pays où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté :

- 22 embauches illégales selon la Chambre régionale des Comptes alors que l’effectif maximum pour le cabinet du président est de 6 personnes.
- « caractère vague » des fiches de poste de ces « conseillers techniques », avec des missions qui se « superposent » à celle de services existants
- un salaire net moyen mensuel de 5250 euros par mois, « rémunération très confortable, d’autant plus que beaucoup ne travaillent pas à plein temps », écrit le « JIR ».
- « des postes de cabinet qui ressemblent à des récompenses ». Notre confrère publie une liste de maires qui ont ou qui bénéficient encore d’un emploi au cabinet du président de la Région Réunion. Il constate également la présence dans les effectifs de 11 candidats tête de liste aux municipales de 2020, et de « 18 conseillers techniques ayant occupé des fonctions électives ces dernières années ».

L’ampleur du scandale est énorme. Le rapport de la Chambre régionale des comptes permet de mettre le doigt sur tout un système qui vit sur le dos des contribuables, car ces emplois sont financés par de l’argent public. Ce système ne concerne pas seulement la Région, compte tenu de la présence de maires dans ce fichier. D’où cette question : quelle était la nature du travail véritable de ces personnes ? Comment expliquer que le droit puisse permettre de verser de tels salaires en échange d’un temps partiel à la Région Réunion ?

C’est une partie de la classe politique qui est éclaboussée par le scandale. Quelles seront alors les répercussions judiciaires du rapport de la Chambre régionale des Comptes ? Va-t-on vers une opération « mains propres » visant toute La Réunion ?

Le pragmatisme du JIR

Après de telles révélations, qui va encore voter pour Didier Robert ? A deux semaines des régionales, la publication d’un tel article ne peut que définitivement plomber la candidature du président qui souhaite se faire réélire.
Le fait révélateur est que ce coup est porté par un des plus fidèles alliés de Didier Robert. Au cours de ces dernières années, la direction du « Journal de l’île » n’a jamais caché sa proximité avec Didier Robert. Confronté à de graves difficultés financières, le « Journal de l’île » a bénéficié d’une aide décisive de la Région Réunion sous la forme de plusieurs aides directes qui ont pesé dans la décision des juges de laisser notre confrère poursuivre son activité.

Compte tenu du contexte économique, la crise touchant les médias est encore loin d’être terminée. Il y a fort à parier que les collectivités seront encore sollicitées, notamment la Région. Sans doute sur la base de l’analyse de l’évolution de la situation politique, la direction du « JIR » considère que Didier Robert n’a aucune chance de l’emporter et décide donc d’agir avec pragmatisme en torpillant la candidature du président de Région sortant. La roue tourne.

M.M.



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  • Sur un site régional de réseaux sociaux : qui est en tête des intentions de vote ?
    Réponse à 19 heures ce lundi 7 juin ?

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  • Il y a longtemps que les tribunaux condamnent en France l’utilisation des fonds publics pour payer des emplois fictifs que ce soit dans les services de l’Etat ou dans ceux des collectivités territoriales . Plusieurs hommes politiques et non des moindres ont déjà subi les foudres de la justices pour ce motif . L’ancien premier ministre, Alain Jupé, a du s’éloigner de la politique pendant quelques années suite à une condamnation pour des emplois fictifs et l’ancien président de la République, Jacques Chirac n’a pu éviter des sanctions pénales que grâce à l’immunité que lui procurait sa fonction de premier magistrat de l’Etat.

    Si la justice a pu sévir contres les plus hautes personnalités de notre république il y a quelques années, il n’y a aucune raison qu’elle épargne aujourd’hui ceux qui se sont rendu coupables des mêmes faits dans nos collectivités territoriales .

    Mais il n’y a pas que les embauches illégales qui sont utilisées par certains politiciens pour pouvoir en retirer un profit personnel qui doivent être sanctionnés par nos juges . il y a aussi la pratique des nombreux licenciements abusifs des agents publics qu’ils soient fonctionnaires titulaires ou contractuels qui ne se sont pas rangés pendant la campagne électorale sous la bannière des candidats qui auront été élus élus et qui continuent après les élections de rester sur leur position .

    Le tribunal administratif a déjà sanctionné courageusement à la Réunion ces vagues de licenciements qui sont intervenues dans certaines communes après les élections et certaines personnes licenciées injustement ont pu retrouver leur emploi . Mais cette pratique du licenciement abusif après chaque élection est encore courante et ne devrait pas seulement relever des tribunaux administratifs mais aussi des tribunaux pénaux , car elle constitue un moyen de faire pression sur les agents publics et les amener à se ranger contre leur gré derrière des hommes et des femmes politiques dont ils ne partagent pas les idées .

    C’est vrai qu’une fois l’élection terminée , les élus qui exercent des mandats exécutifs exercent un pouvoir hiérarchique sur les agents de leur collectivité , qu’elle soit nationale ou territoriale , mais ce pouvoir ne doit jamais être exercé dans leur intérêt personnel , mais dans l’intérêt général , ce qui n’est pas facile à cerner et dans certains cas et de nombreux fonctionnaires et agents contractuels sont licenciés ou placardés ou encore rétrogradés par ce qu’ils ont eu le malheur de garder leur distance ou même de rester neutre dans une campagne électorale . Je pense que la justice doit être très vigilante pour éviter ce genre de chose insupportable dans notre démocratie .

    La démocratie n’est pas parfaite et dépend souvent de la conduites des hommes qui exercent des mandats et des responsabilités politiques mais elle est basée sur la séparation des pouvoirs et tant que les représentants de ces trois , législatifs , exécutifs et judiciaire garderont leur indépendance elle continuera d’exister si le quatrième pouvoir qui est aux mains de la presse et de tous les autres médias reste libre . et es exercé honnêtement.

    Vous parlez de la trahison du journal de l’île ami depuis longtemps de Didier Robert. Moi je pense que Le Journal de l’ile n’a trahit personne en dénonçant ces embauches illégales ou fictives que vous signalez, il n’a fait que son travail et son devoir envers ses lecteurs et envers la société qui doit être informée correctement sur la gestion des affaires publiques . il n’y a aucune trahison à lui reprocher , au contraire nous devrions le féliciter de faire la lumière sur ces comportements mafieux de quelqu’un qui briguent un nouveau mandat . La tendance d’un journal ou l’amitié qu’il peut avoir pour quelqu’un ne doit pas passer avant son devoir d’information sur des faits qui sont condamnables pour tous quels qu’ils soient .

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