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Du 19 mars 1946 au 19 mars 2021 : l’esprit du rassemblement

Retour sur la commémoration du 75e anniversaire de l’abolition du statut colonial

Manuel Marchal / 22 mars 2021

Sans l’initiative de l’association « Pour un 19 mars célébré », il n’y aurait eu aucune cérémonie marquant le 75e anniversaire de l’abolition du statut colonial à La Réunion, alors que c’est pourtant une date historique. 75 ans jour pour jour après la promulgation de la loi changeant la colonie de La Réunion en département, le vent du rassemblement a soufflé sur la place Paul-Vergès, faisant des participants à la cérémonie du 19 mars des héritiers du combat mené par Raymond Vergès, Léon de Lépervanche, Adrien Barret et tant d’autres.

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Comme d’autres événements, la célébration de l’abolition du statut colonial à La Réunion a subi les effets de la crise causée par la pandémie de la COVID-19. Il ne fait guère de doute que ce 75e anniversaire aurait donné lieu à des cérémonies organisées par l’État via la Préfecture, ainsi que par le Conseil départemental voire d’autres collectivités.
Autrement dit, sans l’initiative de l’association « Pour un 19 mars célébré », il n’y aurait eu aucune cérémonie marquant le 75e anniversaire de l’abolition du statut colonial à La Réunion, alors que c’est pourtant une date historique. Tous les peuples qui ont été colonisés ne manquent pas l’occasion de célébrer ce jour, c’est même bien souvent la fête nationale. Chez nos voisins et ailleurs, la fête marquant le jour de la décolonisation a été célébrée par les autorités officielles, pas à La Réunion.

Dépasser un système à bout de souffle

Ce 19 mars, compte tenu du contexte sanitaire, c’est une action symbolique qui a été organisée sur la place Paul-Vergès à Saint-Denis. Symbolique était le nombre des participants, mais tout aussi symbolique était la composition de ce groupe. Étaient présents des communistes venus de différentes sections de l’île, ainsi que la maire de Saint-Denis, un de ses adjoints, une sénatrice, un député, une conseillère régionale notamment. Tous n’appartiennent pas au même parti politique. Au regard de la lecture parisienne de la vie publique à La Réunion, ces participants sont classés dans des cases bien différentes de l’échiquier politique. Pourtant, ils étaient là, rassemblés en un lieu unique, à l’occasion d’un jour historique : le 75e anniversaire de l’abolition du statut colonial à La Réunion.
Par ailleurs, les différentes prises de parole insistaient sur l’importance de se rassembler au-delà des divergences pour faire évoluer un cadre institutionnel vieux de 75 ans. Cette orientation découle d’un constat partagé par ses personnalités venues d’horizons politiques divers : le système vieux de 75 ans est à bout de souffle, incapable de répondre aux défis qui attendent La Réunion qui comptera un million d’habitants dans quelques années.

Fructifier l’héritage des luttes

La loi du 19 mars 1946 est le résultat d’un rassemblement au sein d’un front de libération, le CRADS. Dans ce front figuraient des représentants de différentes tendances politiques. Ils ont su dépasser leurs divergences pour permettre l’élection de deux députés du CRADS sur les deux sièges à pourvoir lors des législatives d’octobre 1945. C’est ce qui permit de vaincre le courant réactionnaire qui voulait maintenir La Réunion dans un régime fondé en 1663, la colonie.
75 ans jour pour jour après la promulgation de cette loi, le vent du rassemblement a soufflé sur la place Paul-Vergès, faisant des participants à la cérémonie du 19 mars des héritiers du combat mené par Raymond Vergès, Léon de Lépervanche, Adrien Barret et tant d’autres.

M.M.