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Du Vietnam à La Réunion, la créativité touristique.

Ary Yée Chong Tchi Kan / 21 novembre 2020

« Le tourisme ne connaît pas de basse saison », c’est le titre d’un article paru dans le Courrier du Vietnam du 9 novembre 2020. Comment est-ce possible alors que l’industrie touristique est globalement affectée par la pandémie du coronavirus ?

Comme le tourisme international est à l’arrêt, la tendance générale est de se tourner vers les touristes « nationaux ». Cependant, les experts vietnamiens pensent qu’il est « tout à fait possible de proposer des produits adaptés aux différents types de publics tout au long de l’année ». Le journal vietnamien rapporte , « le secteur touristique se concentre désormais sur le tourisme MICE (de l’acronyme anglais "Meetings, incentives, conferencing, exhibitions", qui peut se traduire en français par le tourisme des "réunions, congrès, conventions et voyages de gratification"). Le tourisme MICE fait en effet changer la notion répandue de “basse saison” calquée sur les périodes chaudes de voyages des touristes individuels. Or, la niche des voyages MICE peut tout à fait s’extraire de toute notion de saison. »

Mme Ngan, directrice adjointe d’un grand groupe en est convaincue. « Dans la province Quang Ninh, FLC Hotel and Resort Management Co. Ltd. dispose d’un complexe de villégiature de standard international avec la plus belle vue de Ha Long. Doté de 650 chambres d’hôtel, de plus de 300 villas et de salles de conférence d’une capacité de 1.500 personnes, FLC Ha Long est prêt à accueillir un grand nombre de personnes dans le cadre des tours MICE ». Elle informe notamment que l’entreprise hôtelière conçoit des produits touristiques MICE tout à fait flexibles pour des groupes de touristes variés. L’entreprise propose ainsi des forfaits de 200 à 300 personnes, mais aussi des produits pour de plus petits groupes de personnes de 30 à 50 ou 100 personnes, avec des services et des coûts optimisés pour les MICE. En plus des forfaits ordinaires, FLC Ha Long combine également les offres de séjour avec d’autres activités de divertissement comme des séances de golf ou des voyages en yachts. D’autres régions jouent la carte de l’identité et des produits culturels. Un opérateur privé a investi dans un clip promotionnel en faisant appel aux " leaders d’opinion " comme les artistes très connus.

Dans ce pays de 100 millions d’habitants, les autorités politiques ont réussi à circonscrire la circulation du virus. Au 15 novembre, le pays comptait 1281 cas et 35 morts. L’activité économique avait ralenti mais a repris son cours, avec prudence.

A La Réunion, avec 860 000 habitants, nous atteignons 7000 cas pour 28 décès. Pourtant nous sommes une île donc potentiellement bien protégés. Le tourisme affinitaire issu de France où l’on compte des dizaines de milliers de morts a accéléré la contamination de la société réunionnaise. Or, des voix se sont levées pour réclamer une réorientation de la stratégie touristique vers la population réunionnaise. Il fallait identifier les nouveaux besoins créés par l’impossibilité de voyager sereinement et offrir des produits attractifs. Cilaos a été exemplaire en juillet-août. Il est regrettable que les autorités, publiques et privées, concernées ne saisissent pas la grande période des fêtes à venir pour proposer au Préfet des pistes intelligentes et des couloirs « virus-free ». L’argent ne manque pas. C’est la créativité qui fait défaut.

Ary Yée Chong Tchi Kan