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Emplois aidés : le compte n’y est toujours pas

Rentrée scolaire : les maires rencontrent le préfet

Manuel Marchal / 12 août 2017

Le préfet a invité hier les maires pour faire le point sur le dossier des emplois aidés. Le représentant de l’État a annoncé le déblocage de 1.000 contrats aidés supplémentaires pour faire face aux besoins liés à la rentrée scolaire. Les maires ont pris acte de cette annonce et indiqué qu’ils prendront leur décision le 16 août. Néanmoins, ce nouveau chiffre reste en deçà des besoins exprimés par les élus.

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La délégation des maires et de leurs représentants à la sortie de la réunion avec le préfet.

Mardi, le préfet a annoncé le déblocage de 1.800 contrats aidés pour assurer la rentrée scolaire le 18 août à La Réunion. Le lendemain, la quasi-totalité des maires et leurs représentants, soutenus par plusieurs parlementaires, avaient souligné que ce nombre était insuffisant pour que l’accueil des élèves puissent se faire en toute sécurité.

Les sous-préfets ont ensuite rencontré individuellement les représentants des communes pour recenser les besoins. Au terme de ce cycle de discussions, Amaury de Saint-Quentin a invité les maires à une rencontre hier soir à la préfecture. À l’issue de plus d’une heure de discussions, un point a été fait.

Le représentant de l’État a annoncé le déblocage de 1.000 emplois aidés supplémentaires. D’après lui, cet effort en plus peut être suffisant pour assurer l’ouverture des écoles à la date prévue.

Ecart de 1.000 emplois

Pour sa part, Stéphane Fouassin, président de l’Association des Maires de La Réunion, a indiqué que des avancées ont été obtenues. Sur la base des informations données par le préfet, les maires poursuivront leur concertation. Ils doivent se retrouver mercredi 16 août pour prendre une décision au sujet de la date à laquelle ils pourront organiser la rentrée compte-tenu des moyens dont ils disposent.

Rappelons que les maires ont estimé au plus près les besoins pour assurer la sécurité dans les écoles et les transports scolaires. Ils sont arrivés au chiffre de 3.298 emplois aidés. Il est important de noter que sur les 1.800 contrats initialement annoncés par le préfet, 1.200 concernent uniquement les communes. 1.800 est en effet un chiffre global qui prend en considération également les besoins des collèges et des lycées, gérés respectivement par le Département et la Région.

Autrement dit, si la totalité des 1.000 emplois supplémentaires était affectée exclusivement aux communes, ces dernières pourraient donc disposer de 2.200 travailleurs en contrat aidé pour assurer le fonctionnement des écoles. L’écart est encore donc de près de 1.000 emplois entre la revendication des élus et la proposition du représentant de l’État. Le compte n’y est toujours pas.

Besoins durables

De plus, les communes ne sont pas les seules concernées par l’impact de la baisse du nombre des contrats aidés pour le second semestre à La Réunion. Les associations ne manqueront pas de solliciter également les services de l’État pour qu’elles continuent à bénéficier du soutien des emplois aidés. Cela indique donc que le chiffre avancé ne correspond toujours pas aux besoins en la matière à La Réunion.

La crise provoquée par l’annonce de la baisse du nombre des contrats aidés est une illustration de l’impasse dans laquelle se trouve notre île. Les travailleurs concernés par ces contrats répondent à des besoins permanents, et pas seulement dans les écoles. Ils jouent aussi un grand rôle dans l’environnement, ainsi que dans l’aide à la personne. Ce sont deux secteurs que le PCR demande à structurer grâce à la pérennisation de ces milliers de contrats précaires en emplois durables. Gageons que cette proposition puisse être étudiée, expertisée, et déboucher sur des actes concrets afin de sortir de cette crise par le haut.

M.M.