Actualités

Ericka Bareigts : « la Conférence territoriale, c’est la responsabilité, l’émancipation des Réunionnais »

Régionales : échange avec des militants communistes du Sud

Manuel Marchal / 1er avril 2021

Après les visites de l’aéroport de Pierrefonds et du Marché de Gros de Saint-Pierre, la visite d’Ericka Bareigts à Saint-Pierre s’est conclue par un échange avec des militants du PCR représentant plusieurs sections du Sud. A cette occasion, la candidate aux élections régionales a affirmé qu’ « il faut faire la Conférence territoriale. La Conférence territoriale, c’est la responsabilité, l’émancipation des Réunionnais. Nous estimons que les Réunionnais sont volontaires pour participer aux décisions qui engagent l’avenir. Ce sera un lieu d’échange et d’enrichissement ».

JPEG - 52.9 ko

C’est chez Lupin à Pierrefonds que s’est conclue la visite d’Ericka Bareigts à Saint-Pierre. La candidate aux régionales a eu un moment d’échange avec des représentants des Sections PCR de Saint-Pierre, du Tampon et de Saint-Louis. Participaient à cette rencontre Elie Hoarau, président du PCR, et plusieurs membres du secrétariat du PCR : Yvan Dejean, secrétaire général, ainsi que Camille Dieudonné, Ginette Sinapin et Johnny Lagrange Backary. Etaient également présentes l’ancienne sénatrice Gélita Hoarau, ainsi que Virginie Gobalou, tête de liste soutenue par le PCR lors des dernières municipales à Saint-Pierre et élue de l’opposition au Conseil municipal.

Les raisons du choix du PCR

Elie Hoarau a expliqué pourquoi le PCR a choisi de soutenir la candidature d’Ericka Bareigts aux élections régionales. Il a beaucoup insisté sur l’importance d’enrichir le projet de mandature par la Conférence territoriale. Cette instance regroupant les élus du Département, de la Région et les parlementaires pourrait être élargie aux forces vives du pays afin de préparer ensemble un projet de développement qui sera ensuite la base de discussions avec le gouvernement.
« L’interlocuteur principal du gouvernement et de l’Europe est la Région », a poursuivi Elie Hoarau, qui ajouta qu’une des prérogatives du président de Région est de convoquer la Conférence territoriale. Pour faire aboutir ce projet, « il faudra peut-être bousculer les limites des structures départementales. Si ce projet est porté par l’ensemble des Réunionnais, la révision de la constitution est possible ». La loi « 4D » actuellement en discussion peut déboucher sur plus de responsabilités, mais peut être faudra-t-il encore faire plus bouger les lignes.
Le président du PCR a rappelé que depuis les municipales, Ericka Bareigts a prouvé sa volonté de pratiquer la gouvernance partagée : « les responsabilités des chacune et chacun donnent une possibilité d’agir ». C’est ce qui se passe à Saint-Denis où Julie Pontalba est chargée de la lutte contre la pauvreté, ainsi qu’à la CINOR avec la présidence de Maurice Gironcel.
« Voilà les raisons pour lesquelles nous soutenons sa candidature », conclut Elie Hoarau qui souhaite que dans la perspective du rassemblement au second tour, un protocole adopté par d’autres listes puissent bien cadrer les choses.

Gouvernance partagée

Ericka Bareigts a rappelé l’importance de l’élection dans un contexte particulier : « La crise sanitaire, économique et sociale arrive sur un territoire déjà en crise ». Et d’ajouter qu’ « il faut aussi avoir à l’esprit les départementales », car c’est la collectivité en charge de l’action sociale.
« Cela nous oblige en termes de résultat », poursuit-elle avant de faire un bref bilan du président de Région sortant : « Cela fait 10 ans que l’on est avec le président actuel. Il distribue toutes les semaines de dizaines de millions à des communes alors que partout c’est l’embouteillage. Le nombre d’illettrés n’a pas diminué tout comme le chômage des jeunes, le taux de pauvreté ».
Pour la candidate aux régionales, « il est urgent de remettre de la justice, de l’équilibre dans l’utilisation des fonds publics », pour ne plus que l’attribution des subventions de la Région dépende des contingences politiques.
Ericka Bareigts a ensuite évoqué sa pratique de la gouvernance partagée à Saint-Denis : « notre liste de rassemblement découle d’un accord. Le chantier de Julie Pontalba est la lutte contre la pauvreté, nous travaillons avec, nous sommes à ses côtés ».
Concernant le scrutin de juin, « à la Region nous voulons partager les expériences. Nous voulons beaucoup nous ouvrir à la société civile » devait-elle ajouter avant d’affirmer : « Il faut faire la conférence territoriale, c’est la responsabilité, l’émancipation des Réunionnais. Nous estimons que les Réunionnais sont volontaires pour participer aux décisions qui engagent l’avenir. Ce sera un lieu d’échange et d’enrichissement ».

La formation et l’éducation sont fondamentales

Revenant sur les différentes étapes de sa visite, la candidate aux régionales a estimé que pour développer le Sud, il faut s’appuyer sur du solide, notamment l’aéroport de Pierrefonds et le Marché de Gros. Pierrfonds a vocation à être un débouché pour les exportations issues de la production locale dans le Sud. Ceci permettra d’éviter de transporter toutes ces marchandises dans le Nord par camions, ce qui est une source de pollution. Elle a également réitéré sa volonté de faire revenir Air Austral à Pierrefonds afin de développer un aéroport complémentaire à Gillot.
Toujours en termes d’infrastructure, elle a annoncé son projet de construire un train entre Saint-Benoît et Saint-Denis, et dans le même temps un TCSP Bus pour le Sud et l’Ouest.
Elle continua son intervention en rappelant qu’il ne peut y avoir de développement et de responsabilité si la formation et l’éducation ne sont pas fondamentales. « Comment être au rendez-vous du progrès si on ne met pas les 120 millions d’euros de la formation sur des filières répondant aux besoins des Réunionnais », a-t-elle dit en substance. Ceci permettra de lutter contre le chômage des jeunes ainsi que l’exil sans retour de jeunes diplômés Réunionnais partis se former ailleurs et qui n’ont plus leur place à La Réunion.
Et de conclure en ces termes : « Nous croyons en l’avenir et avons la conviction de pouvoir changer ».

M.M.