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Fraternité retrouvée

Dernier meeting et déclaration commune

Témoignages.re / 12 février 2005

Marie-George Buffet et Michel Duffour, respectivement secrétaire nationale et président du Comité national du Parti communiste français, ont fait hier un dernier point devant la presse sur leur séjour ’trop court, très riche’.
Marie-George Buffet et Élie Hoarau, secrétaire général du parti communiste réunionnais, ont signé une déclaration commune affirmant la volonté des deux partis ’d’écrire une nouvelle page’ de leurs relations et faisant ressortir ’de larges convergences’.

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La délégation du PCF, accompagnée du secrétaire général du PCR, Élie Hoarau et de Claude Hoarau, membre du secrétariat, a voulu souligner avant son départ la qualité nouvelle des relations renouées entre les deux partis après un froid et des relations distendues pendant dix-sept ans.
Pendant trois jours, la délégation a été sensibilisée aux problèmes de la jeunesse, de la filière canne-sucre, des travailleurs du secteur public et du secteur privé, des chômeurs et des exclus de l’île, comme le souligne la déclaration commune paraphée hier par Marie-George Buffet et Élie Hoarau.
La secrétaire nationale du PCF a mis en relief les principaux acquis de son bref séjour dans l’île, en insistant sur "ce qui nous rassemble" : les luttes contre la politique libérale en France et en Europe, une "volonté d’action commune" et un refus commun "du repli sur soi et du racisme". La secrétaire nationale du PCF s’est dit "frappée, la veille au soir, par le témoignage d’un lycéen qui motivait son action sur la revendication d’égalité". Frappée encore par la portée du projet de Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, traduisant "une volonté de se comprendre et de construire une identité commune dans le respect de la diversité des cultures".
Ce qui nous rassemble encore, à travers ce que souligne la déclaration commune, est la volonté de "porter une alternative". Marie-George Buffet et Michel Duffour avaient dîné la veille avec des élus de l’Alliance et ont été marqués par la "très large diversité d’hommes et de femmes engagés sur une plate-forme claire, ambitieuse, porteuse d’avenir". Ils ont trouvé des convergences avec les “Forum-programmes” par lesquels le PCF a entrepris, depuis 2002, d’œuvrer à "reconstruire une gauche audacieuse, ambitieuse, une gauche qui ne déçoive pas, une gauche durable".
Les deux partis ont constaté leurs convergences de fond sur l’analyse de la politique libérale, notamment dans la construction européenne. "Le PCF fait campagne pour le “non” depuis septembre 2003 : non à la libre-concurrence à partir de laquelle sont conjuguées toutes les attaques contre ce qui garantit les droits des travailleurs", a poursuivi Marie-George Buffet. À ce sujet, Élie Hoarau a exprimé le respect des communistes réunionnais pour le point de vue exprimé par le PCF et indiqué que le débat est en cours au PCR, sur le choix à faire devant le referendum. Sans afficher de position commune, les deux partis déploient sur cette question une stratégie très proche et des objectifs communs.

Défendre la filière canne-sucre

Élie Hoarau s’est encore dit très satisfait de la "fraternité retrouvée" et des échanges que la direction et les élus du PCR ont pu avoir avec la délégation du PCF, sur le monde actuel et sur les luttes, en France et en Europe. Le secrétaire général du PCR a souligné "le rôle très actif du PCF dans le débat politique actuel".
Les réflexions vont se poursuivre, soit à travers des réseaux communs comme celui qui doit être mis à l’étude pour la lutte contre le chômage et la précarité ; soit dans des interventions convergentes, par exemple pour défendre la filière canne-sucre au parlement européen et devant les instances de Bruxelles, sur lesquelles l’OMC fait une forte pression. Impressionnée par l’unité de la filière canne réunionnaise, Marie-George Buffet a réaffirmé la position du PCF en faveur d’une politique de compensation et de quotas, position que défendra mardi prochain devant le Parlement -a-t-elle dit- le président du groupe de la Gauche européenne, Francis Wurtz.
Selon les indications laissées par la secrétaire nationale du PCF, 2005 en France va être un temps fort dans le débat et les luttes altermondialistes et antilibérales, débouchant en novembre prochain sur un "grand Forum de convergences". Les communistes français travaillent avec d’autres formations politiques à un “programme commun” élaboré cette fois par les citoyens plutôt que par les états-majors. "Nous ne nous résignons pas à l’état actuel du rapport de force dans la gauche française", a conclu la secrétaire nationale du PCF.

P. David


Déclaration commune PCR-PCF

Nous reproduisons une déclaration commune du Parti communiste réunionnais et du Parti communiste français, signée par le secrétaire général du PCR, Élie Hoarau, et la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet.

Une délégation du Parti communiste français composée de Marie-George Buffet, secrétaire nationale et Michel Duffour, président du Comité national, a séjourné à La Réunion du 9 au 11 février à l’invitation du Parti communiste réunionnais.
Elle a été plus particulièrement sensibilisée aux problèmes que rencontrent la filière canne-sucre, les travailleurs du secteur public et du secteur privé ainsi que les chômeurs et les exclus de l’île.
Un débat sur la mondialisation à l’Université de Saint-Denis a permis d’entendre les aspirations de nombreux jeunes.
De même, elle a pu se rendre compte des efforts faits pour valoriser la recherche identitaire et culturelle des Réunionnais ainsi que les actions menées pour aller vers un développement durable.
Ses rencontres à la Région avec le président Paul Vergès et plusieurs responsables de l’Alliance lui ont permis de prendre connaissance avec beaucoup d’intérêt des projets mis en œuvre.
Au cours du séjour, les dirigeants du PCF et du PCR ont eu plusieurs échanges. Ils ont convenu d’écrire une nouvelle page dans leurs relations et de les placer sous le signe du respect mutuel, de l’autonomie d’analyse et d’action ainsi que l’échange d’informations et d’expériences.
Au cours de leurs discussions, les deux partis ont débattu de la situation qui prévaut dans l’Outre-mer, de la politique anti-sociale du gouvernement Raffarin, des menaces que fait peser la construction européenne, notamment sur les services publics et les droits sociaux et des effets négatifs de la mondialisation ultra-libérale. Il en est ressorti de larges convergences.
Les deux partis ont convenu d’approfondir leurs échanges et de les élargir à d’autres partenaires afin de nourrir et d’enrichir leur réflexion respective et leur action pour rassembler les forces vives de leur pays et aller vers un véritable développement durable et un monde plus juste.