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Hommage populaire à Paul Vergès

Initiative de la section communiste de Sainte-Suzanne

Manuel Marchal / 16 novembre 2017

Hier à Sainte-Suzanne, la section communiste organisait un hommage à Paul Vergès un an après les obsèques du dirigeant disparu le 12 novembre 2016. Des militants ont évoqué leurs souvenirs de moments partagés avec Paul Vergès.



Le 12 novembre 2016 décédait Paul Vergès. La veillée du dirigeant du PCR a alors été organisée à Sainte-Suzanne, salle du Rwa Kaf. Jusqu’au 15 novembre, des milliers de Réunionnais étaient venus saluer en ce lieu sa mémoire. Puis le matin du 15 novembre eut lieu la levée du corps et le départ du convoi funéraire pour le cimetière paysager du Port, sa dernière demeure.

Pour commémorer le premier anniversaire de ce départ, la section communiste de Sainte-Suzanne organisait hier un hommage. Il s’est tenu au centre régional de moringue Zélindor, dans le quartier de la Marine. Outre les communistes de Sainte-Suzanne, d’autres camarades venus de Saint-André, de Sainte-Marie et du Port ont participé à cette commémoration. Le rond principal du centre Zélindor était décoré de drapeaux rouges, la couleur des communistes, ainsi que de panneaux rappelant les liens entre Paul Vergès et Sainte-Suzanne. Des liens sur le plan des luttes avec la bataille pour sauver l’usine de Quartier Français en 1955, et également sur le plan des réalisations avec les écoles, lycées, équipements sportifs et culturels réalisés grâce au soutien de Paul Vergès quand il était à la tête de la Région Réunion.

La soirée a commencé par une démonstration de moringue des jeunes de l’association Kayasse. Elle s’est poursuivie par le maloya de Zanata. C’était l’occasion de rappeler que si le moringue et le maloya sont aujourd’hui pleinement reconnus, c’est un des acquis obtenus grâce notamment au Parti communiste réunionnais et à Paul Vergès.

Démission du mandat de député

Ce fut ensuite au tour des militants de prendre la parole. Gilles Leperlier a souligné qu’il a beaucoup appris aux côtés de Paul Vergès. Il a dit l’importance d’agir dans la continuité de l’oeuvre du dirigeant disparu.

Marie-Fine a salué le rassembleur. Elle a aussi rappelé le soutien de Paul Vergès en tant que sénateur à la création de l’épicerie sociale de Sainte-Suzanne, ainsi qu’un moment décisif pour son engagement militant : le discours prononcé par Paul Vergès lors de l’inauguration de la mairie de Sainte-Suzanne en 1983.

Pierrot Partal s’est souvenu des réunions organisées la nuit avec Paul Vergès, la nuit car les réunions la journée du dirigeant communiste étaient interdites par les autorités.

René Sotaca a été marqué par la démission de Paul Vergès et d’Elie Hoarau de leur mandat de députés, parce que le gouvernement voulait mener une politique qui ne reconnaissait pas l’égalité aux Réunionnais. La clandestinité est aussi une période de la vie de l’ancien secrétaire général du PCR qui a retenu son attention. « Pour rendre hommage à Paul Vergès, il faut lever la tête, c’est lui rendre honneur, la lutte continue ».

La clandestinité

Gilles Chopinel est revenu sur la période de la clandestinité. Cet ancien militant a rappelé qu’à ce moment là, Paul Vergès était hébergé par tous les Réunionnais. Cette clandestinité trouvait son origine par sa condamnation en tant que directeur de Témoignages pour avoir reproduit des articles de l’Humanité sur la répression de la manifestation des Algériens du 17 octobre 1961. La clandestinité s’était conclue par l’émouvant départ en avion depuis Gillot. Gilles Chopinel se souvient de ce jour, quand des milliers de Réunionnais s’étaient rassemblés près de l’avion et chantaient « Nou la di, nou la fé, Vergès l’arrivé. Nou la di, nou la fé, Vergès la gagné ».

Il a également évoqué la mémoire de Me Saramito, qui défendait les communistes. Il a également rappelé l’assasinat d’Eliard Laude en 1958, lors d’un attentat qui visait Roland Richefeu le jour d’une élection municipale à Saint-Denis.

« Le communiste est partout en train de se battre, cela reprend en Russie, en Catalogne on met des gens en prison pour les empêcher de s’exprimer », a-t-il conclu.

Valeurs de Paul Vergès

Jocelyn se souvient qu’à 14 ans, il collait des affiches, il dormait dehors pendant les campagnes électorales. C’est le courage de Paul Vergès qui lui donnait la force de faire de telles choses si jeunes. Jocelyn conclut : « nous serons toujours là ».

Jérôme a ensuite pris la parole pour donner lecture du discours tenu dimanche dernier lors de l’hommage du PCR à Paul Vergès par Maurice Gironcel.

Jean-Paul Ciret a mis en avant des valeurs défendues par Paul Vergès. Tout d’abord, son courage mis au service d’une cause : la dignité du peuple réunionnais. « Il a révélé aux Réunionnais qui ils sont, il leur a donné la fierté d’être ce qu’ils sont ». Ensuite l’égalité entre femmes et hommes, « son dernier acte politique avait été d’attribuer sa dotation parlementaire à un collectif de lutte contre les violences intrafamiliales, et pour l’égalité femmes-hommes. Une autre valeur était la solidarité internationale. Jean-Paul Ciret conclut en disant « sa fierté d’avoir rencontré Paul Vergès et son adhésion enthousiaste au PCR.

Souvenirs de l’émigration

Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, a tout d’abord souligné que Paul Vergès considérait qu’il n’y avait pas de petits et de grands militants : « il disait que nous sommes tous des militants ». « Il a mis dans la tête de chaque Réunionnais la fierté d’être Réunionnais », poursuit-il. Maurice Gironcel a fait partagé ses souvenirs de l’émigration, quand avec Jean-Marcel Courteaud, Laurent Vergès et Marcel Soubou entre autres ils accueillaient Paul, Laurence et Elie qui venaient en France. Il s’est notamment souvenu du meeting de Porte de Pantin pendant la campagne électorale des Européennes de 1979. Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient participé à cette réunion de la liste communiste et Paul Vergès avait été élu député. C’est pendant cette campagne que l’ancien dirigeant put pour la première fois s’exprimer à la télévision.

Maurice Gironcel conclut en ayant une pensée pour Lucet Langenier, ancien maire de Sainte-Suzanne, et « pour les camarades qui nous ont quittés ». Le mot de la fin fut de remercier tous les militants pour leur participation à cette évocation.

La commémoration s’est terminée par la diffusion du « Chiffon rouge » avant une conclusion sur les notes de « l’Internationale » : la lutte continue.

M.M.