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Jeux des îles : où était la représentation officielle de La Réunion ?

Un fonctionnaire directeur de service pour représenter la France

Manuel Marchal / 22 juillet 2019

Depuis sa création, le PCR plaide pour que les Réunionnais puissent gérer eux-mêmes les affaires qui les concernent directement. Cela touche notamment le droit pour les élus réunionnais de discuter et de représenter La Réunion dans les relations avec les voisins. Les Jeux des îles sont un baromètre de la manière dont les responsables réunionnais peuvent être perçus, aussi bien par nos voisins que par la France

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Dans les jours précédents l’ouverture des Jeux des îles, une polémique était née au sujet de l’absence de billets gratuits pour des responsables politiques de La Réunion. Pour leur part, les organisateurs mauriciens indiquent avoir invité à la cérémonie d’ouverture la ministre française des Sports et le préfet de La Réunion. Il est à noter que nos voisins avaient délégués trois présidents de la République, un Premier ministre et des ministres comme chefs de délégation pour participer à cette cérémonie. Les deux étaient absents, La Réunion était alors officiellement représentée par le directeur du service de la jeunesse et des sports, autrement dit par un fonctionnaire de l’État. Et dans la tribune officielle, pas de président de collectivité alors que 4 ans auparavant à La Réunion, ils étaient bien là aux côtés d’un ministre venu de Paris. Mais à La Réunion, le contexte était différent. Paris avait décidé de politiser les Jeux en faisant défiler les Mahorais derrière le drapeau français au sein d’un État imaginaire : France Océan indien. Cette lamentable opération a gâché les Jeux. Cette fois, tout s’est bien passé à la cérémonie d’ouverture car la Charte des Jeux a été respectée.

L’humiliation du drapeau transmis sur le tarmac

Cet événement en rappelle un autre. Lors des avant-dernier Jeux des îles aux Seychelles, le drapeau des Jeux devaient être remis à La Réunion, prochaine organisatrice. Le drapeau a été remis à un représentant de l’État français au terme de la cérémonie officielle de clôture. Puis ce dernier l’a donné à Didier Robert, président de la Région Réunion, sur le tarmac de l’aéroport. C’était une véritable humiliation. Voilà qui est révélateur du rapport néocolonial qui existe à La Réunion.
Cette fois, l’absence de responsables politiques réunionnais semble être dû à des accréditations qui n’auraient pas été délivrées. Quand bien même ces élus aurait acheté leur billet, il est difficile de croire que l’accès à la tribune officielle leur aurait été interdit. Qui peut en effet imaginer que Didier Robert, fortement impliqué dans les « îles Vanille », ait pu être dans cette situation à Maurice ?

Néocolonialisme accepté ?

Si cette affaire d’accréditation se confirmait, elle montrerait en tout cas que les discours ne résistent pas à la réalité : pour nos voisins mauriciens, ceux qui comptent ce sont les représentants de l’État, pas les élus de La Réunion. Voilà de quoi réfléchir sur l’image des dirigeants réunionnais chez nos voisins. Car inviter des élus de La Réunion dans la tribune officielle n’était pas une décision de nature à créer une crise diplomatique avec la France, à moins que sur ce point, la mentalité de Paris soit bloquée à une époque révolue.

Ce qui est tout aussi révélateur est l’absence de réaction sur une telle question, comme si tout cela était normal. Or, une telle situation ne peut être « normale » que dans un rapport néocolonial, et ne rien dire, c’est l’accepter.

M.M.