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L’Assemblée nationale rate le train du pluralisme

Bataille de chiffonniers pour l’attribution des vice-présidences

LB / 29 juin 2017

Alors que le gouvernement veut proposer une loi sur la moralisation de la vie publique, la séance de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale a montré tout le chemin restant à parcourir. Elle a tourné à la bataille pour obtenir des postes.

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Mardi, la présidence de l’Assemblée nationale est revenue à un député du groupe LREM, groupe majoritaire en siège ce qui était logique. Hier, l’élection des questeurs et des vice-présidents a tourné à la bataille de chiffonniers pour ces postes. Des députés ont montré un mauvais exemple à l’heure où le gouvernement veut faire adopter par ces mêmes élus une loi de moralisation de la vie publique.

Le problème vient de la méthode choisie. Sur les trois postes de questeurs, la tradition veut que deux reviennent à la majorité et un à l’opposition. Pour les sept vice-présidences, quatre sont habituellement attribués à la majorité et trois à l’opposition.

Or, il existe 7 groupes à l’Assemblée nationale et 7 vice-présidences à attribuer. Les députés avaient l’occasion de mettre en valeur la pluralité de la représentation choisie par les électeurs en élisant un vice-président issu de chaque groupe. À chaque groupe parlementaire de se mettre d’accord sur un nom, puis le nouveau bureau aurait été élu rapidement à l’unanimité.

Mais tel n’a pas été le choix fait. L’Assemblée nationale est restée prisonnière de vieux schémas. La séance s’est éternisée et au bout de plusieurs heures de débats, un bureau a été élu. Sa caractéristique est d’être provisoire car il ne comporte que des élus de la majorité. Trois places seront attribuées à l’opposition quand la situation se sera apaisée.

Ce n’est pas en montrant que des députés sont avant tout préoccupés par les places qu’ils peuvent obtenir que l’Assemblée nationale œuvrera à renouer la confiance avec les citoyens. Cette confiance est largement entamée par le fort taux d’abstention observé aux élections législatives.

M.M.