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L’environnement et l’aide à la personne : deux secteurs porteurs d’emplois pérennes pour La Réunion

Conférence de presse de Gélita Hoarau

Sophie Périabe / 4 novembre 2008

De retour du Sénat, la sénatrice Gélita Hoarau a tenu une conférence de presse hier. À l’ordre du jour : l’augmentation des contrats aidés et l’application du RSA, une réelle opportunité pour La Réunion. A terme, il s’agira de mettre en œuvre une nouvelle politique de gestion des emplois à travers notamment la création de deux grands services publics de l’environnement et de l’aide à la personne, deux secteurs porteurs d’emplois pérennes pour notre île.

C’est dans un contexte de crise financière, économique et sociale que le projet de loi du RSA a été débattu et adopté par le Sénat. Le président Sarkozy a, dans le même temps, annoncé l’augmentation des contrats aidés pour 2009. Pour Gélita Hoarau, sénatrice de La Réunion, le RSA et les contrats aidés peuvent aider La Réunion, et sont même indispensables au développement de l’île, « à condition de moraliser leur utilisation ». « C’est donc l’occasion de rompre avec les pratiques du passé et de proposer des mesures spécifiques nouvelles en matière d’emplois ». En résumé, fini « les emplois magouilles ». Il est vrai que certains élus réunionnais sont « connus » pour leur utilisation abusive et scandaleuse des contrats aidés ; contrats aidés distribués à la veille d’élections locales, on pense notamment aux élections de 1995. « Il faut sortir La Réunion de ces accusations honteuses pour son honneur, alors rompons avec la politique du passé et faisons autrement » propose Gélita Hoarau.

Répondre à des besoins réels

La sénatrice souhaite donc ouvrir le débat, travailler avec l’ensemble des acteurs pour mettre en œuvre une nouvelle politique de l’emploi par une gestion plus transparente et rigoureuse des contrats aidés. Et c’est ce que la sénatrice a exposé au Sénat lors de son intervention le 22 octobre dernier. « La Réunion a un besoin impérieux de main d’œuvre notamment dans deux secteurs essentiels : l’environnement et l’aide à la personne ». En effet, la sauvegarde de notre patrimoine naturel nécessite la création de milliers d’emplois. Concernant l’aide à la personne, les besoins se chiffrent par milliers. Pour ces deux secteurs, Gélita Hoarau propose « la création de deux services publics, qui mobiliseraient des milliers de jeunes, qui rentreraient dans le champ d’application du RSA ». Objectif : mener les jeunes vers des emplois pérennes. Et pour atteindre à cet objectif, la formation demeure indispensable. Une réflexion doit donc être menée avec la Région, compétente dans ce domaine. « On peut donc imaginer la création d’un organisme regroupant l’Etat, les collectivités locales, les associations des chômeurs, etc., et présidé par une autorité morale reconnue », la sénatrice a évoqué le nom d’Albert Ramassamy.

Les moyens financiers existent

« Si la volonté politique existe, on peut trouver les moyens nécessaires pour la réalisation de ces deux grands services ». Selon la sénatrice, « il faut d’abord regrouper les moyens existants : les crédits du RMI, ceux du CUI, CAE, puis les crédits à venir avec l’enveloppe du RSA ». À ces crédits, peut s’ajouter une contribution de la CAF, de la CGSS. Ces services financés et accompagnés par une formation conséquente devraient déboucher sur des emplois pérennes. En attendant donc l’application du RSA à La Réunion d’ici 2011, il faut donc se mettre autour d’une table et « réfléchir à une nouvelle politique pour notre île. C’est une occasion unique ». Et pour mener à bien cette mission, Gélita Hoarau, entamera prochainement une série de rencontres au niveau local et national avec les parties concernées. « La création de ces deux services publics connaît un courant d’opinion favorable, car les "emplois magouilles" ne peuvent plus constituer une réserve d’emplois à chaque élection locale. A cette dévalorisation s’ajoute la précarisation de ces emplois, il n’y a pas de temps à perdre. Il faut agir maintenant et je suis décidée à le faire » a conclu Gélita Hoarau.

Sophie Périabe


Education nationale

Pour la titularisation des enseignants précaires

La précarisation de l’emploi existe aussi dans d’autres secteurs et également dans la fonction publique. On peut évoquer la situation dans l’Éducation nationale. Il y a à La Réunion plus de 500 postes de certifiés occupés par des personnes figurant en tête de liste complémentaire du CAPES mais en tant qu’agents contractuels à durée déterminée. Chaque année, ces emplois sont renouvelés en CDD. « Pourquoi leur refuser leur titularisation ? » demande la sénatrice. « Pourquoi ne pas mettre en place un concours réservé et des examens professionnels pour la titularisation de ces 500 enseignants en CDD ? » Notons que cela s’est déjà fait par le passé. « Ensuite, nous pourrons augmenter la capacité d’accueil de l’IUFM et une attribution prioritaire à nos jeunes ». Car il est vrai que notre île manque de professeurs, autant dans le primaire que dans le secondaire.

SP