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L’indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie pas exclue par la France

Début des discussions à Matignon sur l’après-référendum

Manuel Marchal / 27 mai 2021

La publication dans la presse d’un sondage commandé par le gouvernement où 66 % des personnes intérrogées sont favorables à l’indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, et l’annonce par l’AFP d’un travail mené par Paris sur un accord d’association entre la France et le futur État indépendant donnent le ton des rencontres entre le Premier ministre et les différentes forces politiques de l’archipel qui ont commencé hier.

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66 % des Français sont majoritairement favorables à l’indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, c’est ce qui ressort d’un sondage effectué par le ministère des Outre-mer dont « Le Figaro » s’est procuré les résultats.
Le gouvernement français accueille en effet cette semaine les différentes forces politiques de l’archipel pour discuter de l’avenir de la Kanaky Nouvelle-Calédonie, où un troisième référendum d’autodétermination est prévu d’ici octobre 2022. Le gouvernement voulait ainsi sonder l’opinion publique française sur cette question. Mais les résultats de ce sondage sont parus dans la presse, ce qui a provoqué la colère d’un sénateur, opposé au retour de la Kanaky Nouvelle-Calédonie à l’indépendance. Dénommé Pierre Frogier, il a donné la raison de son départ brutal des négociations dans « les Nouvelles calédoniennes » :

« Comment interpréter la publication de ce sondage dans un grand quotidien national à la veille de nos rencontres ? Comme la réponse que vous avez décidé d’infliger à ceux de nos compatriotes qui portent en eux l’amour de la France ? Comme un message de bienveillance à l’égard des indépendantistes de façon à baliser leurs réponses sur les conséquences du Oui ? Comme une volonté de nous humilier afin que nous arrivions face à vous en position de soumission ? »

Cette politique de la chaise vide traduit-elle la frustration d’un camp qui sent que le contrôle de la situation lui échappe ?

« Accord d’association » entre États indépendants

Rappelons que lors des deux premiers votes de ce type, la participation avait été au rendez-vous avec notamment plus de 80 % de votants au second réferendum, avec une progression constante des partisans du retour de la Kanaky Nouvelle-Calédonie à l’indépendance : 43 % en 2018, 47 % en 2019. De plus, les dernières élections territoriales ont permis à un membre du FLNKS de devenir président du Congrès du territoire, grâce à la construction d’une majorité océanienne réunissant les indépendantistes et le parti Eveil océanien, défenseur des intérêts des ressortissants de Wallis et Futuna.
La logique veut que la France envisage donc le scenario de l’indépendance. C’est ce qu’indique une dépêche de l’AFP publiée voici deux jours, extrait :

« Face à l’éventualité croissante d’une victoire du oui au référendum sur l’indépendance en Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud, le gouvernement français n’exclut pas un « accord d’association », selon un document qui détaille les conséquences du oui et du non.
Ce document de 46 pages, auquel l’AFP a eu accès, a été transmis mi-mai à dix dirigeants de Nouvelle-Calédonie dans la perspective des discussions sur l’avenir politique de l’archipel qui vont se tenir à Paris du 26 mai au 3 juin.
L’Etat y indique qu’en cas d’accession à la pleine souveraineté, la Nouvelle-Calédonie perdra le bénéfice « de l’ensemble des traités internationaux conclus par la France ».
Toutefois, le nouvel État « pourra, ou non, conclure un accord d’association avec un autre État, dont la France ». Les indépendantistes kanak du FLNKS prônent une « indépendance avec partenariat » ou « avec des interdépendances négociées ». »

Quel avenir pour l’axe Indo-Pacifique ?

En ce début de 21e siècle, la France est au pied du mur. Jusqu’à présent, la décolonilsation des territoires conquis par ce pays se sont rarement passées dans la sérénité. Il suffit de constater que la plupart des anciennes colonies françaises sont ravagées par la pauvreté et les inégalités.
Grâce aux efforts de toutes les parties, une perspective de sortie du statu-quo a été décidée. Pour le gouvernement français, l’indépendance est donc une éventualité à ne pas exclure. D’où la volonté de prendre les devants pour rester dans la course si les citoyens de Kanaky Nouvelle-Calédonie choisissent l’indépendance. La France mise sur un « Axe indo-pacifique » pour tenter de bloquer le développement de la Chine dans les océans Indien et Pacifique, elle a donc tout intérêt à prévoir de bonnes relations avec le futur gouvernement de la Kanaky Nouvelle-Calédonie indépendante, qui n’aura aucun compte à rendre à Paris.

M.M.



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  • Pour la 3° fois, et normalement la dernière, les calédoniens vont encore donner leur avis, n’oublions pas qu’en 1988, c’est tout le pays, donc Réunion comprise suite à la prise d’otages d’Ouvéa, qui avait déjà voté, "oui ou non" l’indépendance, avec bien peu de participation, pour ce lointain territoire. Français depuis 1853, soit 5 ans après l’abolition de l’esclavage. De mon côté, si le maintien à la France l’emporte, je serais pour que NC-Kanaky devienne un département, le 102° cette fois-ci après Mayotte, il y a déjà 10 ans. Ainsi, EDF, la Française des jeux, Orange, le RSA, le SMIC, les 35 heurs, le Pacs, la Sécurité sociale, seraient là bas aussi présent, avec le soucis d’équité nationale. Normal non ? Si le oui à l’indépendance l’emporte, tant mieux pour eux, mais il ne faudrait pas que des affrontements surviennent comme dans les années 80, on les appelle "les évènements" de triste mémoire calédonienne. Ni que d’autres pays s’accaparent l’archipel. La principale richesse est le Nickel et le Cobalt, métaux hyper recherchés pour les futurs véhicules électriques. La bas, on parle souvent de "destin commun", de nécessité de se respecter, condamné à vivre ensemble sur le même caillou, l’autre nom de ce TOM où une partie de la population est d’origine réunionnaise, faut le savoir. On les appelle dailleurs les Bourbonnais, on comprend pourquoi. Les 1° d’entre eux étaient venus pour l’aventure, l’espace et avaient importé la canne, le letchi, des variétés de mangues inconnues, le flamboyant, etc. Pour ceux qui s’intéresse, on peut aller sur le site de "Nouvelle Calédonie la 1° " et lire le journal local, "Les Nouvelles Calédoniennes". Quel que soit le résultat, là encore, ce sera historique, écrit dans les livres et autres manuels scolaires plus tard, certain. Suite à venir, positive j’espère et en bonne intelligence, Arthur qui pédale dans les gaz polluants.en attendant le retour du train, TER péi, Ste Rose-St Joseph. Ouf !

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