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La population élit les communistes à la Mairie de Saint-Denis : victoire noyée dans le sang et cassée par la fraude organisée par le pouvoir

60e anniversaire de la création du PCR : que s’est-il passé le 15 mars 1959 à Saint-Denis ?

Manuel Marchal / 14 mars 2019

Au soir du 15 mars 1959, malgré tous les moyens employés par le pouvoir, la population de Saint-Denis a remporté une grande victoire. Elle a réussi à faire élire la liste d’Union contre la fraude conduite par Paul Vergès. 13 ans après la dissolution de la municipalité dirigée par Raymond Vergès, les communistes allaient de nouveau diriger la plus grande ville de La Réunion. La population commençait à fêter sa victoire. C’était trop pour le pouvoir qui laissa des assassins perpétrer des crimes, et mis en œuvre une fraude grossière pour inverser le résultat du suffrage universel.

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En 1945, Saint-Denis avait élu Raymond Vergès comme maire. L’année suivante, le pouvoir utilisa la mort d’Alexis de Villeneuve pour dissoudre la municipalité. Il ne fallait plus que des communistes soient à la Mairie. Surtout que Saint-Denis était un symbole. C’était le siège de la représentation de l’État, la vitrine de La Réunion. Mais c’était aussi dans cette ville qu’avait été créée la Fédération communiste, que se situait sa direction, ainsi que Témoignages. Après 17 ans de non-application de la loi d’égalité, malgré tous les moyens du pouvoir, la digue allait céder.

1736 voix d’avance dans 19 bureaux sur 22

Le député Paul Vergès conduisait une liste d’Union contre la fraude. Après le dépouillement de 19 bureaux sur 22, la victoire était certaine. Avec 6858 suffrages, elle comptait 1736 voix d’avance alors qu’il ne restait qu’à réceptionner les résultats de bureaux de 3 écarts : la Bretagne, Bois de Nèfles et Saint-François. La population manifestait sa joie. C’était trop pour le pouvoir qui a laissé les réactionnaires lâcher des nervis dans la ville.
A Sainte-Clotilde, les premiers résultats partiels venaient de tomber. La population était en liesse, saluant la victoire par des « Vive Vergès ! A bas la fraude ! ». Des nervis tirèrent alors dans la foule, atteignant mortellement Eliard Laude et blessant gravement Antoine Baïkom. C’étaient des adolescents. Les gendarmes refusèrent d’intervenir, préférant laisser les blessés agoniser.

Face à la fraude, les Réunionnais s’organisent

Devant la mairie de Saint-Denis, ce fut au tour de Paul Vergès d’être roué de coups par des policiers. Ils cessèrent de le frapper quand ils le crurent mort, gisant sur le trottoir.
Pendant ce temps à la mairie, le pouvoir changea le résultat des élections, trahissant une fois de plus le droit au suffrage universel.
C’était le 15 mars 1959. C’était la confirmation qu’il n’était plus possible de compter sur Paris pour appliquer l’égalité des lois sociales à La Réunion. La départementalisation était impossible, c’était aux Réunionnais de prendre les choses en main pour faire avancer leur pays. C’est dans ce contexte de répression que fut créé le Parti communiste réunionnais deux mois plus tard, dans une des dernières communes qui n’avait pas encore succombé à la fraude, la ville du Port dirigée par l’ancien député Lépervanche.
Le PCR devenait alors l’instrument de lutte pour libérer les Réunionnais du joug colonial qui s’était maintenu au bout de 17 ans de départementalisation. La principale revendication était la création d’une assemblée chargée de traiter les questions touchant directement la vie des Réunionnais. Une revendication toujours d’actualité.

M.M.



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  • Une page d’Histoire de l’Ile, Méconnue par la population réunionnaise âgée de moins 70 ans. Avec le PCR, la démocratie a beaucoup avancé et actuellement elle régresse. La maladie du bulletin blanc a gagné les plus démunis, perte de confiance. La lutte demeure, mais comment faire pour regagner un électorat revendicatif ?

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  • La maladie du bulletin blanc est un virus démocratique alimenté par ceux qui sont minoritaires aux yeux de la population. "Le mi vote pa" profite à qui : à ceux que la majorité de la population rejette, les profiteurs magouilleurs, égocentriques et avide de pouvoir à n’importe quel prix, même au prix de la trahison. Ces baizeurs de paquet font la promotion de l’abstention. Dès l’ouverture d’un scrutin avec la complicité de certain média , ils manipulent l’opinion publique en faisant un matraquage médiatique pour influencer la population à ne pas voter. Ne pas voter c’est donner à cette minorité un chèque en blanc pour écraser encore un peu plus la masse populaire. Alors my pense ki faut voter pour ne pas laisser un petit groupe de nantis financiers décider pour nous. Notre responsabilité de citoyen c’est de barrer la route à ces opportunistes pour qui l’intérêt général est loin d’être leurs soucis d’élu.

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