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La Région Réunion enlève près de 250 millions d’euros à l’économie réunionnaise et demande d’engager avec l’État une enveloppe de 350 millions d’euros pour relancer l’économie réunionnaise

Incroyable mais vrai ! Jusqu’où ira la Région Réunion ?

Manuel Marchal / 25 avril 2020

Conséquence de 10 ans de gestion par Didier Robert et son équipe, la Région Réunion a voté un budget en baisse de près de 250 millions d’euros cette année. Ce sont donc 250 millions d’euros qui sont enlevés à l’économie réunionnaise. Jeudi, Didier Robert a proposé au Premier ministre l’engagement d’une enveloppe de 350 millions d’euros pour relancer l’économie réunionnaise. Les aides de l’État sont-elles à l’origine d’un effet d’aubaine pour camoufler les effets d’une mauvaise gestion ?

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Après avoir fait voter un budget de la Région en baisse de près de 250 millions d’euros, Didier Robert a demandé à l’Etat de contribuer à un fonds de 350 millions d’euros pour relancer l’économie réunionnaise !

Témoignages d’hier a rendu compte de l’intervention du président de la Collectivité territoriale de Martinique lors de la visioconférence entre les présidents de Région ou de Collectivité et le Premier ministre tenue jeudi. Rappelons que le chef de l’exécutif martiniquais a porté la revendication unanime des élus d’une stratégie martiniquaise de lutte contre le coronavirus. Il a aussi fait part de l’opposition des élus martiniquais à l’ouverture des écoles le 11 mai et propose de reporter la rentrée à septembre.
Didier Robert, président de la Région Réunion, a également participé à cette réunion. Mais à en croire le communiqué de presse diffusé par le site de sa collectivité, le chef de l’exécutif régional avait des préoccupations d’un autre ordre que celles de son collègue de Martinique.
En effet, ce communiqué dit ceci :
« Didier Robert a salué les efforts conjugués de l’État et des Régions pour soutenir les entreprises réunionnaises. Mais il a insisté sur la nécessité d’un grand plan de relance bien plus ambitieux, essentiel pour maintenir du mieux possible l’activité et l’emploi. Didier Robert propose d’engager une enveloppe exceptionnelle pour les prochains mois de 350 millions d’euros. Ce fonds devrait servir de manière prioritaire à la relance de la commande publique, aux activités de tourisme et du transport, et aux petites entreprises ».

Commentaire

Ainsi donc, Didier Robert demande d’engager 350 millions d’euros pour relancer l’économie réunionnaise. Pourtant, voici quelques semaines, il a fait voter un budget de la Région Réunion en diminution de près de 250 millions d’euros, soit environ 25 %. Cette baisse a majoritairement concerné l’investissement créateur d’emplois, puisque désormais la Région Réunion dépense plus d’argent dans le fonctionnement que dans l’investissement. Ce budget est la conséquence de 10 ans de gestion de la Région Réunion par Didier Robert et son équipe. Chacun peut donc apprécier le résultat.
Cette première historique s’est mystérieusement accompagnée du silence assourdissant d’acteurs économiques. Ces derniers sont en effet d’habitude prompts à monter au créneau pour dénoncer la moindre baisse des crédits de l’État vers La Réunion, au prétexte que c’est de l’argent en moins pour l’économie réunionnaise. Il y a fort à parier que si Paris avait baissé brutalement de 25 % les transferts publics à destination de La Réunion, ces patrons se seraient bruyamment fait entendre, et Didier Robert aurait encore attaqué la ministre.
Mais à La Réunion, rien de tout cela, et l’annonce de Didier Robert réclamant à Paris l’engagement d’une enveloppe de 350 millions d’euros passe comme lettre à la Poste. Autrement dit, c’est comme si la Région Réunion demandait à la France de financer des dépenses relevant de la compétence de la collectivité dirigée par Didier Robert : commande publique, tourisme, transport et soutien aux TPE-PME.
Souhaitons que si une aide publique de Paris pour réparer les dégâts du coronavirus arrive, alors il ne faudra pas qu’elle soit gérée par la Région Réunion mais par une instance représentant toutes les forces vives de La Réunion. C’est une question de sécurité financière.

M.M.