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La Réunion reste un département « hors norme »

Arrivée d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer

Témoignages.re / 18 septembre 2019

La situation économique et sociale à La Réunion "s’est empirée" depuis la dernière visite de la ministre des Outre-mer, a assuré Julie Pontalba, membre du secrétariat général du PCR. Cette dernière a assuré "on ne voit pas de sortie du tunnel".

Lors d’une conférence de presse, au Port, ce 18 septembre, Julie POntalba a présenté au côté d’Yvan Deajn, les principaux problèmes de l’île. L’objectif de ce point presse est d’alerter la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, des défis présents et à venir de La Réunion.

Ainsi, Julie Pontalba a évoqué la récente incarcération du président de la FDSEA, Dominique Gigan, pour avoir bloquer une usine suite à la suppression des aides financières européennes et françaises aux planteurs.

"Depuis cette mobilisation en 2017, la situation des planteurs est encore plus alarmante. Le gouvernement a annoncé la suppression en 2020 de plus de 28 millions d’euros et il n’y a pas de solution apportée par l’Etat. Mais, le président a sommé les planteurs de trouver un plan d’ici juillet 2020", a expliqué la jeune femme.

Cette dernière a déploré que "sans plan de reconversion, c’est la fin de la filière canne, et de la filière agricole entière. Donc, l’aggravation de la situation économique et sociale" car la filière canne-sucre représente 80% des exportations de l’île, et près de 14.000 emplois directs et indirects.

Outre le secteur agricole, le PCR s’inquiète de la fin de l’octroie de mer, qui va conduire les municipalités dans l’impasse. "Comment les maires prochainement élus vont-ils faire pour gérer leur commune ? Il faudra que les acteurs publiques réagissent".

Sans oublier la vente de Vindemia au groupe Hayot, « les commerces réunionnais ont été bradé à des gens de l’extérieur, ce qui aggraver les monopoles, augmenter les prix des produits », a déploré la militante.

Elle a d’ailleurs assuré que ce rachat devrait contribuer à la détérioration des conditions de vie des réunionnais, dont la moitié vivent en dessous du seuil de pauvreté.

D’ailleurs, dans le logement, « on ne cesse de constater la dégradation des lieux et en même temps les difficultés d’accession », a souligné cette dernière, qui a dénoncé les bailleurs sociaux locaux qui abandonnent leur responsabilité aux mains de filiales extérieurs.

Enfin, l’enseignante de mathématique, s’indigne de la situation dans l’éducation, « cela fait un bon moment que l’école ne joue plus son rôle de formateur et d’ascenseur social ». « Quinze jours à peine après l’annonce des résultats du bac au début du mois de juillet, une étude publique indiquait qu’un Réunionnais sur trois quitte l’école sans diplôme », a-t-elle ajouté. Cette situation doit alerter et pourtant pas un mot de la part des autorités.

Dans un tel contexte, « l’Etat n’a pas de solution et demande aux responsables locaux de trouver des solutions. Le PCR a lui toujours apporté ses solutions, mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas entendu d’autres partis faire des propositions ».

Pour cette dernière, il est évident qu’ « il ne faut pas attendre des solutions de l’état français, car c’est aux réunionnais de trouver solutions à nos problèmes avec un accompagnement de l’Etat ».