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Le défi des communistes : construire une communauté de destin capable de dépasser le capitalisme

60e anniversaire de la création du Parti communiste réunionnais : restitution des travaux de la conférence idéologique internationale

Manuel Marchal / 30 octobre 2019

Les travaux menés dans les ateliers du 28 et du 29 octobre ont donné lieu lundi 30 octobre à une restitution faite par l’universitaire Raoul Lucas. Le dépassement du capitalisme reste le défi des organisations communistes partout dans le monde, avec le pari de « sortir de la croyance que l’Occident est la mesure du monde et le miroir du monde ».

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Lundi à Saint-Denis, la séance de clôture de la conférence idéologique internationale a débuté par la restitution faite par Raoul Lucas des travaux des quatre ateliers : politique, économie, culture et dialogue inter-religieux.

La première partie pose les questions de l’enracinement, du pari et de l’horizon. L’enracinement est celui du PCR dans la société réunionnaise. Le pari, c’était de faire advenir une parole réunionnaise ce qui était loin d’être gagné en 1959. Raoul Lucas rappelle qu’à cette époque, utiliser le mot Réunionnais était novateur, car les habitants de notre île se qualifiaient de créole et pas de Réunionnais, ce qui se traduisait dans les noms d’organisations.

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Raoul Lucas.

Solidarité et internationalisme

De plus, « nous avons intériorisé cette domination », le syndrome de la « goyave de France » où tout ce qui vient de la France est toujours mieux, tandis qu’« on est toujours petit : petit pays, petite femme… »
Ce pari, c’était « sortir de la croyance que l’Occident est la mesure du monde et le miroir du monde ». Il se manifeste « dans la solidarité et l’internationalisme ».
La seconde partie de la restitution s’articule autour de trois concepts : défi, exigence et communauté de destin.

Le défi, c’est de trouver une alternative au capitalisme. Le capitalisme s’étend et absorbe le politique, souligne Raoul Lucas, « le capitalisme expulse le sens, le fondamentalisme marchand est prôné ». Mais la démocratie et les droits de l’homme à l’occidentale ont leurs limites, elles s’arrêtent à Madagascar ou aux portes des Chagos.

Redistribution

Raoul Lucas rappelle qu’une application du capitalisme, la théorie du ruissellement, vise à favoriser les plus riches en affirmant que cette richesse ruissellera sur les classes moins nanties : « la théorie du ruissellement est une vaste blague ». « Qui peut croire que la révolte des gilets jaunes vient de la hausse des taxes sur les carburants, qui peut croire que si le peuple chilien est dans la rue, c’est à cause de l’augmentation du prix du ticket de métro ». Ces deux exemples montrent que c’est le système capitaliste qui est en cause.

L’exigence pose le problème de la réévaluation : « quelles sont les valeurs auxquelles nous croyons ? », par exemple la coopération plutôt que la compétition. Cela se traduit pas la redistribution entre pays et au sein même des sociétés. Raoul Lucas a cité l’expérience présentée par Mohammed Alliouafa, celle de la création d’une banque aux Comores qui a permis de faciliter l’accès au crédit en proposant des formules adaptées à la capacité d’épargne et aux coutumes de ce peuple voisin.

Zone de paix

La communauté de destin se vit dans la création d’organisation comme celle du Forum politique des îles, ou la lutte pour l’application de la résolution de l’ONU qui fait de l’océan Indien une zone de paix, débarrassé des bases militaires des pays étrangers à notre région.

Cette restitution a été suivie des interventions des invités extérieurs de la Conférence idéologique en fin de matinée, puis par les prises de parole de Réunionnais dans l’après-midi, avant le discours de clôture d’Yvan Dejean, secrétaire général du PCR, la lecture de la déclaration finale de la Conférence par Philippe Yée Chong Tchi Kan, et la remise de cadeaux aux délégations. Ces faits feront l’objet d’articles dans les prochaines éditions de Témoignages.

M.M.