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Le PCR appelle au rassemblement pour sauver la canne à sucre

Après l’annonce d’un projet industriel de raffinerie mettant les planteurs devant le fait accompli

Témoignages.re / 10 août 2018

Ginette Sinapin, Johnny Lagrange Bacary, membres du secrétariat et Maurice Gironcel, secrétaire général, ont tenu hier une conférence de presse sur la situation de la filière canne-sucre à La Réunion. Le PCR demande à l’industriel Tereos de dire la vérité aux planteurs sur ses projets, il réitère sa proposition d’une étude pour évaluer les débouchés des produits autres que le sucre que la canne peut donner, et appelle les planteurs à se rassembler pour sauver la filière.

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Ginette Sinapin, Johnny Lagrange Bacary, et Maurice Gironcel.

Ginette Sinapin, membre du secrétariat et ancienne agricultrice, est très inquiète de la situation actuelle selon les informations que lui transmettent ses anciens collègues. Il existe de nombreuses inquiétudes et de nombreuses solutions.
Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR souligne l’importance de « dire la vérité aux planteurs ». Dès la fin des quotas en octobre 2017, le PCR annonçait de grandes difficultés pour les planteurs, rappelle-t-il La fin des quotas a libéré la production européenne de sucre. Les répercussions sont mondiales avec une surproduction : 194 millions de tonnes produites, et 10 millions de surplus. En Inde, les conditions climatiques ont amené à une production record.
Cela se ressent sur les cours mondiaux. Le prix du sucre roux à New-York a été divisé par 2,5 en un an et demi.
La tendance est à la baisse de la consommation et donc de la demande dans les pays industrialisés et dans les pays émergents, précise Maurice Gironcel, conséquence du changement des habitudes alimentaires, notamment pour des raisons de santé.
Le directeur général de l’organisation internationale du sucre, José Orive, juge cette situation dangereuse.

Monopole de Tereos

A La Réunion, la filière canne-sucre est dominée par un groupe international, Tereos. Tereos est au courant de cette situation. Le groupe anticipe et s’oriente vers la raffinerie. Son projet présenté au ministre de l’Agriculture pourra traiter 400.000 tonnes de sucre, alors qu’à La Réunion, la quantité expédiée dans les raffineries est de 100.000 tonnes par an. C’est un dimensionnement 4 fois plus important.
Le PCR interroge : pourquoi Tereos cache-t-il cette vérité aux planteurs ? Le ministre a donné son accord à ce projet, avec un financement à la clé. Pendant ce temps, le ministre n’a quasiment rien dit aux planteurs. Si la canne à sucre disparaît du paysage de La Réunion, Tereos se sauve avec sa raffinerie, avec la complicité du gouvernement.
Pour le PCR, « il faut dire la vérité aux planteurs et demander : si Tereos s’oriente vers la raffinerie, est-ce à dire qu’il est possible de tirer un trait sur la canne à La Réunion ? ». Et de souligner que sur 3400 livreurs de canne à sucre en 2017, il en reste 2800 cette année.
« Tereos doit s’expliquer car il mène la vie dure aux planteurs », ajoute Maurice Gironcel. Ces derniers n’ont pas eu gain de cause quand il s’est agi du partage du supplément de subvention versé par l’État. Les planteurs se plaignent des relations avec Tereos, notamment pour le prix de la canne.
« Ces relations découragent les planteurs. Elles sont à un tel point exécrable qu’une organisation de planteurs a saisi l’État via la direction de la concurrence pour dénoncer la situation de monopole de Tereos », précise le secrétaire général du PCR.
A la fin des quotas, le PCR posait la question de la fermeture de l’usine de Bois-Rouge. Les pannes sont-elles fortuites ?

Une mission d’étude

Le PCR a préconisé des alternatives au sucre pour la canne. C’est la possibilité de 500 produits, dont 150 sont déjà industrialisés. Le PCR avait proposé qu’une mission d’étude soit menée sous l’égide de la Région, du Département, de la Chambre d’agriculture, des syndicats de planteurs et patronaux pour définir ce que l’on peut faire pour l’avenir de la canne.
En effet, la canne s’est autre chose que le sucre, que l’énergie. Le PCR appelle à sauver la culture de la canne pour sauver le patrimoine réunionnais. Le peuplement de La Réunion découle de la canne à sucre. La canne permet aussi de protéger contre l’érosion des sols. Elle est un outil de lutte contre le réchauffement climatique.
Le PCR réitère donc sa proposition d’une mission d’étude. La canne est une contribution au développement durable. Tereos a déjà tiré son épingle du jeu avec la raffinerie, car il a obtenu le feu vert du gouvernement. Les planteurs doivent plus que jamais exiger cette mission d’étude. Ils sont livrés à eux-mêmes. Ils peuvent se rassembler, il n’est pas encore trop tard pour agir.
Pour le PCR, l’évolution de la situation mondiale impose de réfléchit différemment. L’union sacrée doit être mise en place, dans l’ensemble de la filière et ailleurs pour définir quel sera l’avenir de l’agriculture à La Réunion. Planteurs, éleveurs, maraîchers : quelle perspective ?

M.M.



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  • Sauver ce que l’on peut sauver de la canne OUI à 100% mais lorsque la canne n’est plus rentable il faut savoir aussi changer de cap . Tout le monde sait que les agriculteurs peuvent produire tout ce qu’ils veulent à la Réunion . Il faudra certes consacrer un minimum de terre à la culture de la canne , mais Il faudra aussi établir un plan de diversification et affecter des terres à d’autres cultures ou d’autres production agricoles qui permettent d’assurer à notre région une certaine autonomie et éventuellement devenir exportatrice vers les régions européennes ou vers d’autres régions du monde ou les produits réunionnais seraient compétitifs par leur qualité et leur coût de production .

    N’oublions pas que les terres réunionnaises permettent plusieurs récoltes par pour certains produits que ce soit des légumes , des céréales et certains fruits et bien entendu pour les plantes forales et décoratives qui peuvent être acheminées maintenant très rapidement sur les marchés de nombreux pays .

    Avec les réseaux d’irrigation dont nous disposons déjà et le savoir faire et la technicité acquise par nos agriculteurs nous pouvons faire des miracles . Mais pour cela il faut une démarche collective voulue par tous et soutenue par les autorités locales et nationales .

    La nouvelle agriculture réunionnaises devrait faire l’objet de véritables assises dans lesquelles chacun pourra s’exprimer et définir d’autres orientation que la culture de la canne à sucre sans pour autant renier notre identité sociale et les fondements de notre société basés sur une culture industrielle qui existe depuis plus de deux siècles et qui a démontré qu’elle était l’un des meilleurs moyens de protéger les sols réunionnais de l’érosion et de lutter contre le réchauffement climatique .

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  • La production de sucre de canne ne représente que 6% de la production totale de sucre en France .L’essentiel de la production de sucre provient de la culture de la Betterave ..La France acceptera elle de soutenir bout de bras une production qui n’est plus compétitive pour les beaux yeux de Réunionnais . Cela m’étonnerait . Si notre production sucrière n’est plus rentable il faut se tourner vers autre chose .Les agriculteurs de la Réunion ont de nombreux atouts ils ont une terre riche et un climat qui permet de produire pratiquement tout ce qui peut se produire sur le plan agricole . Les possibilités d’irrigations actuelles et le potentiel d’extension de ces possibilité permettent d’envisager plusieurs récoltes par an pour pratiquement toutes les autres cultures que la cannes sauf peut être pour certains fruits .

    Au lieu de s’accrocher à tout prix la production de sucre il faut se tourner plutôt vers les sous produits de la canne et envisager d’affecter une partie des terres cannières d’autres cultures qui seraient plus rentables que la canne si on peut produire plusieurs récoltes par an . Actuellement le cours mondial du sucre et du maïs ainsi que celui riz sont sensiblement au même niveau . Mais tandis que l’on ne peut produire qu’une seule récolte de cannes par an on pourrait produire la Réunion au moins deux récolte de riz et blé ou de maïs. Or si on peut compter sur les sous produits de la canne on peut également compter sur les sous produits de ces cultures et en produisant deux ou trois récoltes par an le rendement serait plus élevé .

    Mais pour se lancer dans cette direction il faut avoir la certitude de pouvoir écouler nos productions en Europe et dans le monde .

    Il ne faut pas abandonner totalement la culture de la canne mais diversifier le plus possible les possibilités de production agricole en affectant les cultures là ou elles seraient le plus utiles la notion de rentabilité doit dépasser l’aspect financier . Si la canne permet de lutter efficacement contre l ’érosion des sols il faut la cultiver sur les pentes et laisser les plaines la plantation de Riz de maïs ou de blé ou d’autres plantes fruitières et florales .

    Votre rassemblement pour sauver la canne est sûrement une bonne chose mais il doit comporter un autre volet de réflexion :Que peut on faire si on ne peut pas maintenir les conditions de production de la cannes telles qu’elles existent actuellement ? On doit bien entendu réfléchir à une meilleure utilisation des sous produits de la canne mais aussi à la possibilité de produire également des sous produits pour les autres cultures .

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