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Le PCR : parti du temps présent

Préparation de la conférence idéologique internationale : présentation du projet du PCR

Manuel Marchal / 27 juillet 2019

La seconde étape préparatoire à la conférence idéologique internationale du mois d’octobre s’est déroulée hier à Saint-Denis. Le thème de la soirée était le projet de développement durable pour La Réunion. Ceci a permis d’échanger autour des propositions du PCR.

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Après la soirée de gala du 5 juin dernier à Saint-Paul, le PCR organisait hier à Saint-Denis la deuxième étape préparatoire à la conférence idéologique internationale prévue au mois d’octobre dans le cadre des célébrations du 60e anniversaire du Parti communiste réunionnais. Cette soirée eut lieu en présence de militants venus de plusieurs sections communistes, notamment Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR. Comme à Saint-Paul, la diversité des participants a rappelé que l’intérêt pour le PCR va bien au-delà des communistes.
Après l’introduction de Philippe Yée Tchong Chi Kan, Julie Pontalba est revenue sur les 60 années d’histoire du PCR au travers d’un exposé illustré par des interventions en vidéo de Paul Vergès. Elle a beaucoup insisté sur les combats menés par ce parti, pour le respect de l’identité réunionnaise, pour la liberté d’expression, pour le droit à l’éducation notamment, et la revendication d’autonomie afin de donner les moyens aux Réunionnais de prendre leur décision en tant que peuple. Car faire prendre conscience de l’existence d’un peuple réunionnais est un acquis irréversible obtenu par le PCR.
Ce combat fut mené malgré une dure répression. Il y eut tout d’abord la fraude électorale pour empêcher les Réunionnais d’élire des communistes. Cela s’accompagna de violences et d’arrestations. Des nombreux militants du PCR étaient des prisonniers politiques à la fin des années 1960.
Ces résistances au changement ont maintenu La Réunion dans la crise. Sa situation est considérée comme « socialement hors norme ».
Le PCR a également pris la tête de la bataille pour la transition écologique. Et il plaide pour un projet qui devra contribuer au maintien de l’unité réunionnaise.

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Georges Gauvin et Julie Pontalba.

Un projet pour la responsabilité

Georges Gauvin a ensuite présenté le projet du PCR. Il rappelle tout d’abord que les propositions présentées par le PCR ont donné lieu à l’édition de plusieurs ouvrages : Plan de survie, Plan de développement actif… sur la base de ces propositions, La Réunion aurait pu se développer, mais cela n’a pas été le cas. C’est la ligne de conduite du PCR : « notre idée est de faire un plan et des propositions pour aller plus loin dans le développement de La Réunion. Mais comme le PCR proposait, il fallait faire autre chose ».
Des propositions ont été mises en œuvre quand Paul Vergès est arrivé à la présidence de la Région Réunion. Ce fut notamment le plan pour l’autonomie énergétique qui visait à remplacer les importations de charbon et de carburants par les énergies renouvelables. S’il avait été poursuivi par Didier Robert, l’objectif serait quasiment atteint et les Réunionnais n’auraient pas à dépenser chaque année plus de 500 millions d’euros pour payer ces importations.
Le PCR milite également pour la sécurité alimentaire de notre île. Un objectif qui peut se faire avec un co-développement avec les pays voisins. Cette sécurité alimentaire ne se fera pas au détriment de la canne à sucre, précise Georges Gauvin. Car la canne, ce sont plus de 500 produits possibles en plus du sucre. Elle peut être une matière première capable de remplacer le plastique. Et pourquoi ne pas utiliser la canne pour assurer le développement économique de La Réunion ?
Georges Gauvin donne ensuite un coup de projecteur sur les deux grands services dans l’aide à la personne et l’environnement. Constatant que La Réunion a une population bien formée, il demande pourquoi La Réunion ne pourrait pas être le laboratoire de notre région. « C’est possible à condition que les Réunionnais aient le pouvoir de décider ».

L’importance du Traité de Paris sur le climat

La parole a ensuite été donnée à la salle. Ary Yée Chong Tchi Kan a rappelé que La Réunion a vu la quasi-totalité de sa flore et de sa faune détruite par la présence de l’être humain. Et lorsque l’on voit des images de la déforestation en Amazonie, il faut souligné que cela s’est passé voici 300 ans à La Réunion.
Il décrit le cadre nouveau créé par l’entrée en vigueur du Traité de Paris sur le climat en 2017. Ce traité est opposable à tous, et il fixe comme objectif de maintenir la hausse moyenne de la température à la surface de la Terre à 1,5 degré de plus qu’à l’époque préindustrielle. « Les instruments de ratification du traité doivent être présentés en 2020. Où sont-ils ? », interroge Ary Yée Chong Tchi Kan. « Tous les combats sont légitimes, mais si nous perdons celui-là, tous les autres seront inutiles », souligne-t-il. Car la modification rapide du climat menace l’existence de l’espèce humaine sur Terre.
Au travers de ses propositions, le PCR participe donc à une lutte mondiale pour aller vers une nouvelle civilisation, débarrassée des énergies fossiles dont l’utilisation contribue au dérèglement climatique.
« Cette conscience montre que le PCR est un parti du temps présent », car aucun autre parti à La Réunion n’a mis la lutte contre le changement climatique au cœur de ses préoccupations.
Le débat a été enrichi d’autres interventions. Elles ont d’une part souligné la pertinence des propositions du PCR, et mis l’accent sur les défis qui restent à relever. Il y eut notamment le témoignage poignant d’un travailleur contraint de vivre avec le RSA à 60 ans, et qui doit trouver des expédients pour espérer s’en sortir tous les mois. Un autre participant a demandé en substance si le système actuel se fixe vraiment comme but de lutter contre l’illettrisme, sachant que la proportion de Réunionnais touché par ce fléau ne bouge pas depuis des décennies.

M.M.