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Le PCR rappelle la nécessité de construire un projet réunionnais

L’économie réunionnaise en danger

Manuel Marchal / 21 juin 2017

Les élections sont terminées mais les problèmes ne sont pas réglés. Le 8 juin, le PCR avait alerté les travailleurs sur les dangers de la réforme du Code du Travail. Hier, il a alerté sur les dangers qui menacent les entreprises réunionnaises.

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Les derniers chiffres du chômage sont catastrophiques à La Réunion.

Les élections sont terminées mais les problèmes ne sont pas réglés, souligne le PCR : chômage, crise des planteurs, détresse des jeunes… les travailleurs sont en danger avec les lois de libéralisation de l’économie dont la réforme du Code du Travail. « Le système productif réunionnais est en danger. Au cours de la campagne électorale, il n’a été que trop peu question des APE qui avancent qui toucheront tous les secteurs économiques », déplore Yvan Dejean. Rappelons que ces accords permettent l’ouverture totale de La Réunion aux productions de ses voisins.

Or, le coût de la main d’œuvre y est nettement inférieur à ce qui se pratique à La Réunion, avec un SMIC bien en dessous de 1200 euros (40 euros à Madagascar).

« La question de la coopération régionale gagnant-gagnant a été passée sous silence pendant cette campagne. La crise de la canne n’est rien d’autre que l’application des règles de la mondialisation ultra-libérale : concurrence libre et non faussée », poursuit Yvan Dejean.

La question de l’emploi

Maurice Gironcel revient sur le bilan catastrophique des emplois d’avenir. 1643 emplois d’avenir remerciés en 2016 sans aucune mesure compensatoire. Sur 67.000 jeunes ayant quitté l’école à La Réunion, « 37.000 sont sur le carreau, et 15.000 sont inconnus des services. C’est révélateur d’un système à bout de souffle ».

Durant la campagne, le PCR a tenté de mettre le débat sur le projet réunionnais. Il a fait campagne sur Donn’ kréol travay. C’est notamment le moratoire sur 15 ans dans la fonction publique. Cela se fait en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, en Alsace, cela se fera en Corse. À La Réunion, des dérogations ont existé dans l’Education nationale pour devenir instituteur.

« On oblige le chômeur à s’inscrire à Pôle emploi mais l’employeur n’est pas obligé de publier ces offres à Pôle emploi. Le PCR propose le service public unique de l’emploi. Ce sont autant de mesures qui ne coûteront pas un sou de plus », précise le secrétaire général du PCR.

Les débats du second tour des législatives n’ont pas parlé de ces problèmes. « Cela se terminait souvent par des batailles de chiffonnier », déplore Maurice Gironcel, « il aurait été intéressant d’évoquer la question de l’alinéa 5 de l’article 73 de la Constitution ». Car le président de la République dispose des moyens de supprimer cette disposition qui bloque le développement de La Réunion.

Pour le PCR, plus que jamais il faut tout remettre à plat et définir une autre politique. Le Parti veut saisir l’opportunité de l’annonce des Assises des Outre-mer. Il invite donc les 7 députés de La Réunion et la population à exiger la tenue de ces Assises dans chaque outre-mer et ne se limitent pas à des rencontres à Paris.

Les précédents des Etats généraux de l’Outre-mer et de l’égalité réelle ne doivent pas se répéter. Pour le PCR, il faut aller dans le concret.

Responsabilité

Cela signifie « donner aux Réunionnais la responsabilité dans leur pays ». Autrement dit : que les Réunionnais aient la responsabilité dans leur pays d’élaborer des propositions concrètes. Elles doivent s’articuler dans un projet pour La Réunion.

Le PCR réitère les siennes : une seule assemblée pour La Réunion qui élabore son projet de développement, représentative de tous les courants de pensée.

Il lance un appel à élaborer ce projet de développement conviant toutes les forces vives à participer à sa construction.

Yvan Dejean rappelle que La Réunion ne produit que 3000 emplois par an. Sur la même période 10.000 naissances surviennent. Dans le mandat qui commence, cela veut dire 50.000 naissances de plus. Le cap des 900.000 Réunionnais sera franchi. Le PCR œuvre pour arriver à un consensus. « Tout le monde reconnaît que le système a produit ce qu’il a pu et ne peut plus répondre aux défis du temps présent et à venir ».

M.M.