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Le Préfet ne doit-il pas intervenir ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 27 octobre 2020

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La Région Réunion a commencé à distribuer les 300 millions d’euros de France Relance que lui a confié l’Etat. Les élections régionales sont dans moins de 6 mois...

Le 14 décembre 2018, il écrit au Président de la Chambre Régionale des Comptes. « depuis trois ans le budget de la Collectivité régionale dépasse le milliard d’euros. Un niveau jamais atteint précédemment. »
Le 30 janvier 2020, il vote un budget d’austérité : 248 millions en moins par rapport à l’année précédente.

Seulement 13 mois séparent ces 2 dates. Après l’extase, la chute est brutale : 0,8 milliard ! C’est pas sérieux.

De plus, le montant consacré à l’investissement est équivalent à celui de 2009, c’est-à-dire une régression de 11 ans.

Ainsi, l’économie réunionnaise était déjà condamnée, avant que le COVID-19 ne soit venu aggraver la réduction des dépenses régionales. Pour relancer l’activité, 300 millions du plan de relance ont été attribués à La Réunion.

La Région est chargée de ventiler cette somme. Or, nous sommes entrés dans les 6 mois précédant une élection et la loi condamne tout ce qui s’apparente aux « promesses, dons et libéralités » en vue d’obtenir des faveurs électorales. Elle interdit toute promotion personnelle utilisant l’argent public. De la manière dont la distribution a commencé, le Préfet gagnerait à organiser toutes les collectivités afin de veiller à l’égalité de traitement.

L’achat de conscience est interdit aussi. A la lecture des médias, il ne s’agit même plus d’une tentation camouflée. Il avait refusé d’attribuer des subventions régionales à certaines Communes afin de punir le maire d’avoir « mal voté ». Affaire à suivre pour la compensation électorale…

Enfin, il n’est pas juste de laisser faire un personnage dont la gestion est aussi peu sérieuse. Ne serait-ce parce qu’il a été renvoyé en correctionnelle le 8 septembre 2020, à partir d’un signalement de la Chambre Régionale des Comptes pour s’être octroyé des « salaires sans fondements juridiques » qui, de surcroît, n’ont pas été déclarés à la Haute Autorité pour la Transparence de la vie Publique.

Ary Yée Chong Tchi Kan