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Les espoirs déçus des métallos de Florange

François Hollande ne convainc plus

Témoignages.re / 19 octobre 2016

Le chef de l’Etat était à Florange le lundi 17 octobre. Il s’était engagé à revenir tous les ans dans cette ville en voie de désindustrialisation, car le maintien de l’activité de ce site sidérurgique était une de ses promesses de campagne les plus symboliques.

À Florange, les hauts fourneaux sont arrêtés. Et ce n’est pas l’inauguration d’un centre de recherche dans la sidérurgie qui compense cette perte.

En 2012, le candidat François Hollande avait fait du maintien de l’activité sur ce site industriel historique une de ses promesses les plus symboliques. Force est de constaté qu’il peine aujourd’hui à convaincre.

Selon le chef de l’État, ses promesses ont été tenues. Les 629 sidérurgistes ont été reclassés ou sont partis à la retraite, il n’y a donc pas eu de licenciement. Mittal, qui a décidé de fermer le site, a investi 180 millions d’euros. Et un centre de recherche, MetaFensch, a vu le jour. Mais d’après ce compte-rendu de France Infos, François Hollande peine à convaincre :

« L’amertume : c’est bien le sentiment qui règne, lundi 17 octobre, devant le portier Sainte-Agathe, où la CGT a donné rendez-vous. C’est à cet endroit précis que, quatre ans auparavant, François Hollande était monté sur la camionnette. Mais aujourd’hui, il n’y a pas grand monde sur ce parking, une soixantaine de personnes tout au plus. « Les salariés ne sont plus dans le combat, ils sont résignés », regrette un délégué CGT.

Le syndicat boycotte la rencontre avec François Hollande. ’On a été invité vendredi soir à 18h30. Vous voyez le mépris !’ peste Lionel Burriello, délégué CGT d’ArcelorMittal. Ici plus qu’ailleurs, le couplet de François Hollande sur la finance, lors du discours du Bourget, avait suscité bien des espoirs. « Aujourd’hui, le président préfère s’entretenir avec celui qu’il considérait comme son ennemi plutôt que de venir nous voir, dit Lionel Burriello. En 2012, on y croyait ! Un socialiste qui monte sur une camionnette… Ils n’avaient pas été élus depuis vingt ans, alors on y croyait ! »

Christophe Jacquemain est lui venu en voisin : il représente la CGT sur le site de Gandrange, où il reste une toute petite activité de production – 250 salariés contre 1 200 il y a 15 ans. Lui qui a connu les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy est très sévère avec l’actuel président : « Il a tué l’espoir, c’est pire que tout ! » Au-delà du cas de Florange, c’est presque tout le quinquennat qui y passe : le pacte de compétitivité, la non renégociation du traité européen, la loi Travail… Cette désillusion ouvre « un boulevard au Front national », estime-t-il. »