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Les Fêtes pour qui ?

La période de la plus grande consommation

Manuel Marchal / 15 décembre 2017

L’occasion d’une importante fête religieuse chrétienne a été saisie par le système pour en faire la période de la plus grande consommation. Ce sont les « Fêtes » de fin d’année. Dans cette période où la solidarité est mise en avant, ce sont les inégalités qui vont ressortir.

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Photo Toniox.

A partir de demain, la prime de fin d’année est versée aux allocataires du RSA. Elle va constituer une bouffée d’oxygène pour des dizaines de milliers de Réunionnais qui survivent avec cette allocation minimale. L’argent rapporté par les Réunionnais bénéficiaires de cette prime représente 22 millions d’euros. Compte-tenu de la pauvreté dans laquelle vivent les allocataires du RSA, cette somme sera essentiellement utilisée pour consommer.

La période de fin d’année est également le moment d’initiatives de solidarité. Ce sont des comportements louables. Elles permettent à des personnes pauvres et isolées de se sentir moins seules au moment où tout le monde est invité à faire la fête. D’autres visent à permettre à des familles qui n’ont pas les moyens d’offrir de cadeaux à leurs enfants de pouvoir le faire de manière gratuite ou en-dessous du prix du marché.

Ce que disent les prix

Ces actions permettent d’atténuer l’injustice d’un système. Ce dernier est basé sur l’exploitation de l’homme par l’homme afin d’en tirer le plus de profit. Une de ces manifestations, ce sont les prix qui sont affichés dans les catalogues et prospectus qui sont diffusées en nombre en cette période de fin d’année.

Ce que ces prix nous apprennent, c’est qu’ils sont hors de portée des sommes auxquelles ont droit les victimes de ce système. Or, elles sont très nombreuses. Se baser uniquement sur l’indicateur du seuil de pauvreté fait apparaître que plus de la moitié de la population vit en dessous. Autre indicateur : la prime de fin d’année pour les allocataires du RSA est versée à plus de 90.000 personnes.

L’essentiel : les inégalités

Ainsi, il n’est pas rare que des restaurateurs proposent des menus à plus de 150 euros, ce qui correspond à plus de 25 % du RSA mensuel ou à la totalité de la prime de fin d’année. Mais pour une autre part de la population, ces tarifs sont à sa portée, car le système lui donne les moyens de consommer ce genre de service.

Ce système a diffusé l’idée que la fin de l’année est la période de la fête, ceci fait passer au second plan ce qui reste l’essentiel : les inégalités. Face à la consommation, ces inégalités ressortent car c’est l’argent qui est utilisé pour consommer. La fin d’année est propice à l’étalement de ces inégalités, car le climat de fête ne favorise pas le questionnement sur ce genre de sujet.



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  • Tb tout ça. Faire la fête, oublier les soucis, prendre des nouvelles de la famille, des amis, les revoir, s’offrir des présents, rigoler, trinquer, guincher, penser aux autres, partager, prendre de bonnes résolutions pour 2018, changer en mieux, OK. Mais hélas, c’est vrai aussi, que le système persiste à vouloir "nous faire croire que le bonheur c’est d’avoir, du bonheur plein les armoires..." Foule sentimentale, Alain Souchon avait bien raison. Il faut penser ici comme ailleurs à cette déferlante de produits, qui aussitôt consommés, seront oubliés pour la prochaine fois, du coup, pas mal de cadeaux se retrouveront en vente juste après la fête. Bonnes affaires pour certain(e)s, tant mieux pour eux. Que d’emballages aussi, balançés dans les déchetteries, pire les ravines, les rivières, puis la mer déjà polluée, encore plus demain. Les touristes apprécieront. Voir le dernier "Paris Match" sur les océans de plastiques qui flottent sur les océans, quel gâchis, un véritable scandale !

    Moi, je suis pour acheter des jouets "made in France", en bois, sans perturbateurs endocriniens, que l’on retrouve dans les plastiques, cosmétiques, vernis, PVC, moquette, tapis, fenètres, soit, de véritables bombes à retardement pour nos poumons, nos peaux, notre air pour les enfants aussi, comme dans les biberons jadis. Sans parler des pubs pour les brulures d’estomac, les maux de tête, les lendemains de fête, la constipation, les tisanes industrielles... Est-ce vraiment le prix à long terme à payer pour être heureux le temps d’une soirée ? Sur que ce sont les commerçants qui seront, dans un premier temps gagnants, bon WE quand même pour tous et toutes, consommateurs citoyens, responsables de notre avenir aussi, aie aie aie... Qu’en pensez-vous ? Arthur.

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