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Les urgences de La Réunion à l’ordre du jour ?

Signature à Paris des « contrats de convergence et de transformation »

Manuel Marchal / 8 juillet 2019

Les représentants des collectivités d’outre-mer sont invités aujourd’hui à Paris pour signer des « contrats de convergence et de transformation » avec le président de la République et le Premier ministre. Ces contrats sont l’application de la loi dite « égalité réelle ». Cette signature alors que La Réunion est toujours en pleine crise, en raison notamment de la politique du gouvernement.

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C’est une déclinaison de la loi dite « égalité réelle » qui sera mise en œuvre aujourd’hui à Paris. Les collectivités d’Outre-mer, dont celles de La Réunion, sont invitées à signer les « contrats de convergence et de transformation » avec le président de la République et le Premier ministre.
Selon le gouvernement, ces contrats représentent une aide de 2,1 milliards d’euros. France Info indique que « A l’occasion de ces signatures, le Premier ministre et les présidents de neuf collectivités d’outre-mer « s’engageront en faveur de la Trajectoire 5.0 », c’est-à-dire la déclinaison des objectifs de développement durable d’ici 2030 pour les territoires ultramarins. Elle passe par cinq objectifs : Zéro carbone (développer les énergies renouvelables réduire la dépendance des outre-mer aux énergies fossiles) ; Zéro déchet (préserver les ressources, promouvoir l’économie circulaire) ; Zéro polluant agricole (protéger les populations des pollutions et des substances chimiques) ; Zéro exclusion (lutter contre toute forme d’exclusion, dans des territoires où le taux de chômage est plus important qu’en métropole) ; Zéro vulnérabilité (développer la “résilience” face au changement climatique et aux risques naturels). « Les projets qui seront financés par les contrats de convergence et de transformation devront être cohérents avec ces objectifs », précise l’Élysée ».

Où sont les urgences ?

Ces signatures interviennent alors que La Réunion est toujours en pleine crise. Non seulement le chômage bat des records, avec plus de 180.000 inscrits à Pôle emploi, mais en plus les perspectives ne sont pas réjouissantes, alimentées par l’impact des décisions de la France et de l’Union européenne.
En effet, le gouvernement n’a toujours pas inscrit dans le prochain Budget de l’État la somme de 38 millions d’euros, dont 28 millions d’euros pour La Réunion, destinée à compenser la suppression des quotas sucriers depuis 2017. Tereos, propriétaire des deux usines sucrières de La Réunion, annonce qu’il pourrait fermer ces sucreries si le gouvernement ne respecte pas la parole de l’État qui s’est engagé à verser cette somme jusqu’en 2021. De son côté, l’Union européenne signe des accords de libre-échange avec des pays ou des ensembles régionaux qui exportent des produits qui concurrencent ceux fabriqués à La Réunion, sur le marché européen mais aussi réunionnais. Les accords avec les pays du MERCOSUR et le Vietnam ont ainsi été signés voici 8 jours à peine.
De plus, dans un rapport, l’Autorité de la concurrence cible l’octroi de mer. Or, cette taxe est une mesure de protection de la production locale tout en étant une source de financement essentielle des dépenses de fonctionnement des collectivités réunionnaises.

Urgences rappelées ?

Ce sont ces urgences qui sont les plus préoccupantes, et elles appellent à des actions immédiates pour éviter que La Réunion devienne un pays où le nombre de travailleurs au chômage sera plus important que celui en activité.
Aujourd’hui à Paris, ces urgences seront-elles rappelées au président de la République ?
Vendredi lors du Gala des 60 ans du PCR, son président, Élie Hoarau, avait déclaré ceci : « Il faut aller vers plus de responsabilité pour plus d’autonomie, c’est maintenant qu’il faut le faire. Le président de la République veut faire une réforme de la Constitution. C’est à nous Réunionnais d’apporter nos propositions : un projet global et cohérent fait par les Réunionnais et exécuté par les Réunionnais avec une assemblée territoriale dotée d’un fonds de développement ». Plus que jamais, c’est le moment d’agir.

M.M.



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  • Bonjour ! J’espère que la production de Canne à la Réunion n’utilise point de Glyphosate nuisant la qualité de vie, le sol zr l

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  • Agir, avant la cata ! Ce soir, sur Antenne Réunion, un bon reportage sur le retour des consignes des bouteilles comme l’Alsace l’a poursuivit, hélas pas ici, avec cette accumulation de plastique, qu’on retrouve jusqu’à la mer, abandonnés par des gens soi-disant amoureux de leur île. Ou bien cachés dans des "centres techniques d’enfouissement", une solution pas vraiment raisonnalbe je trouve. On dissimule et on fait oublier les conséquences, la mauvaise image, les pratiques critiquables pour le devenir de la nature. Nous sommes envahis de ces plastiques, jusqu’au couverts, gobeltes, barquettes, pailles, films qui étouffent les tortues, donnent une bien mauvaise image à ceux, celles qui découvrent ce scandale en allant courir dans les hauts, voir ce que les gens jettent dans les ravines, irresponsables. De même quand on sort se promener en ville, en voyant ces déchets joncherles sols, les bancs des arrêts de bus (quand ils existent), ou bien nager dans les rivières, l’océan. Beurk ! C’est sâle la Réunion aussi parfois et hélas de plus en plus, normal, il y a de plus en plus de monde, consommateurs, suiveurs de la mode qui se démode, friands des nouveautés, sans responsabilité, ni souci du lendemain, avec des objets conçus pour ne pas durer longtemps, "obsolescence programmée" voulue ; ça nous désole, il faudra réagir, changer, osons enfin. Quelle île allons-nous laisser ? Arthur.

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