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« Lettre ouverte du PCR à Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation »

Parti Communiste Réunionnais / 10 juillet 2018

Voici le contenu de la lettre ouverte adressée par le PCR au ministre de l’Agriculture dans la perspective de la visite officielle mercredi et jeudi. Les inter-titres sont de Témoignages.

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Quel avenir pour la filière canne-sucre dans trois ans ?

Monsieur le Ministre,
À l’occasion de votre arrivée à La Réunion, le Parti Communiste Réunionnais souhaite vous faire part respectueusement de plusieurs préoccupations.
Votre visite intervient peu après l’adoption d’un plan gouvernemental pour la biodiversité. Sur ce point, il est important de rappeler ce que la République doit à ses anciennes colonies, en particulier La Réunion. En effet, ces collectivités représentent 80 % de la biodiversité de la République. Elles regroupent 18.000 espèces endémiques, qui selon l’Observatoire national de la biodiversité sont menacées.

L’enlèvement des andains n’est pas un service environnemental

Ce plan gouvernemental prévoit également que les agriculteurs puissent être rémunérés en fonction de services environnementaux rendus. Cette reconnaissance de la multifonctionnalité de l’agriculture est une bonne chose, mais à La Réunion, une campagne d’enlèvement d’andains est en cours pour satisfaire les besoins d’un chantier de route en mer. La Réunion est une île tropicale montagneuse, les andains sont les roches extraites des champs de canne par l’épierrage. Ils constituent donc une protection contre l’érosion des sols en cas de forte pluie. Dans ces conditions, l’enlèvement des andains n’est pas un service environnemental.
Lors de la présentation du « Livre bleu des outre-mer », le président de la République a mis en avant la question de la sécurité alimentaire et énergétique. Or, cette ambition est contrariée par la mondialisation des échanges. Par exemple avec les importations de pommes de terre qui sont passées de 900 à 1.500 tonnes. Cette concurrence menace les producteurs réunionnais. Elle va s’intensifier en raison de l’Accord de Partenariat Économique (APE) entre les États d’Afrique australe et orientale, et l’Union européenne. Ces produits agricoles de ces États susceptibles d’être exportés sont les mêmes que ceux de l’agriculture réunionnaise. Nous considérons que les Réunionnais doivent participer à la négociation de l’APE afin de défendre les intérêts de La Réunion.

Les Réunionnais doivent participer à la négociation de l’APE

Cela concerne également le recours à la biomasse comme source d’énergie. Aller vers l’autonomie énergétique comme le préconise le président de la République, cela signifie utiliser une matière première réunionnaise et non pas recourir à des importations. Pouvez-vous nous assurer que l’électricité verte sera entièrement d’origine réunionnaise ?
Votre visite coïncide avec le début de la campagne sucrière. L’an dernier, la sénatrice de La Réunion Gélita Hoarau vous avait interpellé au sujet de la crise causée par le refus de Tereos de vouloir partager l’aide publique accordée par l’État. Cette crise a pu être réglée par un accord qui court jusqu’en 2021, date de l’entrée en vigueur du prochain Règlement sucrier européen. Dans le contexte du BREXIT et des demandes des États imposant à l’Union européenne d’assumer de nouvelles compétences en matière de surveillance des frontières et de lutte contre le terrorisme à budget constant, des menaces planent sur l’avenir des subventions destinées aux agriculteurs.

Quel avenir pour la canne à sucre ?

Ces menaces surviennent au moment où le marché européen, seul débouché du sucre réunionnais, s’ouvre à la concurrence de pays producteurs de sucre de canne et est marqué par la fin des quotas pour les producteurs de sucre de betteraves. Le coût de production du sucre réunionnais est supérieur à la concurrence. De quelles garanties la filière canne-sucre de La Réunion peut-elle bénéficier pour son envisager avec sérénité son avenir ? Rappelons que 18.000 emplois dépendent de ce secteur, dans un pays où le taux de chômage est trois fois supérieur à celui de la France.
Par ailleurs, 60 % des retraités de l’agriculture disposent au maximum disposent au maximum d’une pension mensuelle inférieure ou égale au RSA. Ils attendent un relèvement de leur pension, d’autant qu’à La Réunion l’État reconnaît que le coût de la vie est plus élevé qu’en France.
Enfin les agriculteurs sinistrés par les dernières intempéries qui ont durement frappé La Réunion attendent des réponses concrètes à leurs demandes. C’est pour beaucoup d’entre eux une question de survie.
Voici les sujets sur lesquels nous souhaitons attirer votre attention, dans l’attente de votre réponse, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Fait au Port, ce lundi 9 juillet 2018

Maurice Gironcel,
Secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais



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  • Personne ne précise si l’industrie de la canne, est bio ou pas, on parle alors de "conventionnel" pour rassurer, ne pas employer plutot " agriculture chimique intensive" qui recherche uniquement le profit à court terme, quitte à saccager la terre, la bétonner, l’imperméabiliser, comme on continue à le faire, toutes les 5 minutes, c’est l’équivalent d’un terrain de foot, soit un département tous les 7 ans, est-ce ainsi qu’on peut dire que l’on est raisonnable ? Pas vraiment top ces décisions, mais plutot suicidaiire ! Arthur.

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