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Livret A : économies intolérables sur l’épargne des pauvres

Un placement qui rapporte moins que l’inflation

Manuel Marchal / 26 janvier 2018

0,75 %, c’est le taux d’intérêt du Livret A, principal produit d’épargne des pauvres. Cette rémunération est en dessous de l’inflation, ce qui veut dire que l’argent placé perd de son pouvoir d’achat. Les placements des personnes favorisées par le système sont bien plus attractifs. Cette discrimination entretient les inégalités.

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Publiée mercredi par l’INSEE, l’étude sur le patrimoine des Réunionnais souligne que le Livret A reste le placement préféré des Réunionnais. Pour les plus pauvres, c’est le seul placement. Son taux d’intérêt est de 0,75 %. Autant dire que les familles qui arrivent à épargner sont bien mal récompensées de leurs efforts. En effet, ce taux d’intérêt se situe en dessous de l’inflation.

Inégalités

Selon le dernier indice des prix publié par l’INSEE, elle était de 0,7 %. Pour l’alimentation, qui constitue un poste de dépenses important pour les plus démunis, elle était de 2,4 %. La hausse des prix des loyers était de 0,6 %. L’argent placé sur le Livret A perd donc de son pouvoir d’achat.

Ce n’est pas le cas des placements qui sont ouverts aux plus favorisés. Les placements des actionnaires sont plus rémunérateurs. Les plus nantis viennent d’ailleurs de recevoir un coup de pouce du gouvernement avec la fin de l’impôt de solidarité sur la fortune. La taxe concernant les plus riches concernera uniquement l’immobilier, les profits tirés des placements financiers sont désormais exonérés. Or plus la fortune est importante, plus faible est la part de l’immobilier dans le patrimoine.

Constructions insuffisantes de logements sociaux

La faible rémunération du Livret A est le reflet d’un système qui entretien les inégalités. Plus une personne est pauvre, et plus les revenus tirés de ses placement sont faibles en raison d’un taux d’intérêt inférieur à l’inflation. Le Livret A a pour fonction de financer les prêts des bailleurs sociaux. Le nombre des logements construits reste insuffisant malgré les taux d’intérêts très faibles dont bénéficient les sociétés de HLM. Les économies faites sur l’épargne des plus pauvres n’arrive donc même pas à remplir l’objectif qui est fixe, c’est-à-dire lutter contre la pénurie de logements aux loyers adaptés à la capacité financière des locataires.

Pour une nouvelle politique

Il importe donc d’inverser cette tendance. Cela suppose une nouvelle politique qui est impossible dans le cadre actuel. Cela démontre en effet que le but de ce système n’est pas de lutter contre la pauvreté, une des conséquences de l’exploitation de l’homme par l’homme. Cette nouvelle politique suppose de tout remettre à plat, pour construire une société dont le but est de réduire les inégalités.

M.M.