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Luttes sociales et idéologiques possibles sans parti ?

Mathieu Raffini / 2 avril 2021

Cette question peut paraitre absurde, voire désuète lorsque l’on pense au nombre de mouvements qui ont fleuri ces dernières années. Pourtant les partis sont plus que jamais nécessaires dans notre vie politique, et encore plus à La Réunion.

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L’affiche du 9e congrès du PCR en 2017 à Sainte-Suzanne.

Que l’on s’entende bien : nous ne nous abaisserons pas à qualifier ce qu’est un parti réactionnaire, ce n’est pas le lieu des débats qui se tiendront ici. Mais plutôt de ce pourquoi un parti progressiste, et à fortiori communiste est nécessaire.

De quoi est composé un parti ? Basiquement, d’adhérents et donc de cotisants (que l’on peut espérer à jour), et parmi eux de membres actifs, les militants. Le reste n’est que secondaire.
De par sa structure, le parti doit être en phase avec la société et ses problématiques. Plus encore, et c’est le but de son existence, il doit pouvoir permettre de répondre, et ce même si c’est sur le long terme, à ces mêmes problématiques. A La Réunion, ce sont donc celles induites par le néo-colonialisme et le capitalisme à savoir le chômage, les monopoles, la vie chère, la monoculture, la dépendance à la puissance colonisatrice, l’absence de prise de décision locale, la quasi-absence de produits locaux exploitables, etc.

Durant des années, le PCR a apporté ces réponses. Au quotidien, en aidant la population et sur le plus long terme en offrant une vision émancipatrice de La Réunion, et cela se faisait notamment par le biais des élections, qui étaient de véritables batailles idéologiques.
Mais ce temps des élections / batailles idéologiques est révolu. Nous sommes arrivés à un nouveau stade, où il s’agit plus d’un concours de popularité de la tête de liste que d’un combat d’idée. La question ici n’est pas de dire qu’il ne faut pas participer à ces scrutins, car ils peuvent nous permettre de nous donner une meilleure visibilité dans la société. Mais plutôt de savoir pourquoi y participer, à savoir porter nos idées dans l’ensemble de la population. Et si nous, communistes, abandons la bataille des idées, y compris au niveau électoral, il ne fait nul doute que nous verrons les réactionnaires avancer pas à pas.

Au vu de la situation, il est donc plus que jamais nécessaire de reprendre la bataille du terrain, de retourner auprès de la population pour de l’aide au quotidien, de forte campagnes idéologiques et repenser fondamentalement la vision que l’on porte sur la structure politique Réunionnaise. En effet, si nous sommes par exemple toujours à la recherche de l’autonomie, ce n’est pas simplement par les élections, mais également en convaincant les masses, et ce en les côtoyant au quotidien par le biais de campagnes pratiques et idéologiques que nous y arriverons.

Mathieu Raffini