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Moralisation de la vie publique : Ericka Bareigts rappelée à l’ordre

Législatives dans la 1ere circonscription

Manuel Marchal / 31 mai 2017

L’ex-ministre Ericka Bareigts doit cesser de bénéficier gratuitement du soutien de l’appareil municipal de Saint-Denis pour tenter d’influencer le choix des électeurs afin de sauver son siège à l’Assemblée nationale. C’est le principal message de la conférence de presse tenue hier par l’union PCR-France Insoumise dans la 1ere circonscription qui dénonce également la distribution de muguets par Jean-Jacques Morel auprès d’associations. À l’approche du week-end de Pentecôte propice à la survenue de nouveaux débordements, Julie Pontalba et Stéphane Ducamp demandent que la moralisation de la vie publique commence enfin à s’appliquer à Saint-Denis.

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Julie Pontalba et Stéphane Ducamp, candidats de l’union PCR-Insoumis.

La moralisation de la vie publique est une des priorités du nouveau gouvernement. Le 23 mai dernier, un rapport publié au Sénat a d’ailleurs un titre évocateur : « Comment décider avec efficacité et légitimité en 2017 ? ». Ce combat pour faire cesser ces pratiques d’une époque que l’on croyait révolue rejoignent les propositions de Jean-Luc Mélenchon, dit en substance Stéphane Ducamp, candidat suppléant de l’union PCR-Insoumis dans la 1ere circonscription. Il rappelle que le projet de 6e République prévoit la fin du cumul des mandats. L’évolution des mentalités restent à faire. « Un élu doit lutter contre le chômage et pas donner un travail, un élu doit combattre la précarité et pas distribuer des aides sociales, l’électoralisme engendre l’immobilisme, car il faut plaire », constate Stéphane Ducamp.

Redonner le pouvoir au peuple

Fidèle à cette idée de redonner le pouvoir au peuple, Julie Pontalba annonce d’emblée que la population sera impliquée dans la gestion de l’argent public qu’elle recevra en tant que députée. La grande partie de son indemnité ainsi que sa réserve parlementaire seront attribuées à des projets associatifs par un jury populaire. Cette démarche rappelle aussi que le PCR demande la responsabilité pour redresser la situation en changeant de cadre.

Mais des candidats peu scrupuleux restent attachés à des méthodes indignes pour grappiller des voix. Ainsi, Jean-Jacques Morel distribue des muguets à des associations de personnes âgées. Ce sont des faits qui sont des « dons et libéralités dans l’espoir d’obtenir un vote » selon le Code électoral. Ils entraînent l’annulation de l’élection, précise Julie Pontalba.

Quant à Ericka Bareigts, députée sortante et conseillère municipale, elle dispose des moyens de la Mairie de Saint-Denis pour se créer un public quand elle fait campagne pour sa candidature. Julie Pontalba cite l’exemple d’une « Fête des mères exceptionnelle » avec des artistes connus par tous les Réunionnais comme têtes d’affiche. Au moment où le groupe le plus attendu s’apprête à jouer, et donc quand le public est le plus nombreux, Ericka Bareigts monte opportunément sur scène et déroule son discours de candidate aux élections législatives. L’union PCR-Insoumis souligne que les autres candidats ne bénéficient pas d’un tel traitement de faveur. Ils sont interdits de monter sur scène. Cette opération financée par de l’argent public vise donc à favoriser un seul candidat. D’autres dérives sont observées lors de manifestations organisées par la commune de Saint-Denis dans des mairies annexes, tout est visible sur le compte Facebook de la candidate Bareigts et les captures d’écran sont déjà faites.

Dépassement du compte de campagne ?

Julie Pontalba rappelle que cette question de l’utilisation de l’argent public au cours d’une campagne électorale est suivie de près par la Commission des comptes de campagne. Cette dernière compare en effet la somme consacrée habituellement par une commune à un événement, à celle dépensée lors d’une année électorale. La différence est alors à inscrire sur le compte de campagne. Sachant que pour la 1ere circonscription, le plafond est fixé à 74.000 euros, il risque d’être rapidement dépassé avec la multiplication de ces pratiques.

« Lundi est un jour férié, que va-t-il se passer ? », interroge Julie Pontalba afin que cessent ces pratiques. La balle est donc dans le camp des candidats adeptes de ces vieilles méthodes. Souhaitons que l’appel à la moralisation de la vie publique à Saint-Denis soit entendu pour que les élections puissent enfin se dérouler dans des conditions normales.

M.M.