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PCR : « Cultivons le rassemblement et le dialogue pour aller vers un projet commun »

Gala des 60 ans du Parti communiste réunionnais

Manuel Marchal / 6 juillet 2019

Le Parti communiste réunionnais a organisé hier une soirée de gala à l’occasion des célébrations de son 60e anniversaire. Cet événement a été marqué par la présence d’un large public, montrant leur intérêt pour le thème « Que représentent le PCR et son projet au bout de 60 ans ? ». Parmi le public, de nombreuses personnalités issues de diverses tendances politiques et de différents milieux : Virginie Gobalou, Brigitte Hoarau, Gaël Anda, Mélissa Cousin, Sala Nana Ibrahim, Eric Marcelly, Ho Hai Qang, Raoul Lucas, Giraud Payet… Des représentants de plusieurs sections communistes de l’île étaient également présents, ainsi que des membres de la direction du PCR, dont Maurice Gironcel, secrétaire général, Yvan Dejean, porte-parole et Elie Hoarau, président.

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Le gala organisé pour les 60 ans du PCR hier à Saint-Paul a débuté par un mot d’accueil de Philippe Yée Chong Tchi Kan, secrétaire de la Section PCR de Saint-Paul et membre du Comité central chargé de la Conférence idéologique, événement majeur des célébrations du 60e aniversaire du Parti communiste réunionnais. Son intervention a commencé par le rappel des noms de 7 militants tués par la répression : Marcel Dassot, François Coupou, Eliard Laude, Thomas Soudarom, Edouard Savigny, Joseph Landon et Rico Carpaye. Puis il a cité plusieurs militants et dirigeants disparus : Laurent Vergès, Laurence Vergès et Paul Vergès. Un instant de recueillement leur rendit hommage.

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Philippe Yée Chong Tchi Kan.

Singularité idéologique du PCR

Puis l’auteur de « PCR, le parti des Réunionnais » a expliqué que le gala « Que représente le PCR et son projet au bout de 60 ans » s’inscrit dans la préparation de la conférence idéologique qui se tiendra au mois d’octobre en présence de plusieurs autres partis communistes. C’est aussi « un premier contact pour inspirer ce que sera le PCR de demain ».
Philippe Yée Chong Tchi Kan revint sur différents coups portés contre le PCR au cours de ces 60 ans. « Malgré tout nous sommes là. Si le PCR est toujours là, cela est dû à une singularité idéologique. » Elle se traduit notamment de la façon suivante : « pour le PCR, il existe un peuple réunionnais qui a le droit et le devoir de diriger son pays. Le PCR reconnu pour se battre pour la liberté d’expression ». Il a élaboré un cadre de pensée autour de 3 concepts : la double intégration ; les 4 phénomènes irréversibles ; population, climat, mondialisation, innovation technologique ; le néocolonialisme, car plus de 70 ans après la loi 19 mars, malgré quelques avancées, le statut départemental n’a pas permis de sortir du néocolonisme.

Travailler avec tous ceux qui respectent le PCR

Remontant dans les années précédents la création du PCR, Philippe Yée Chong Tchi Kan a rappelé l’épisode du CRADS où autour des communistes étaient en première ligne dans une structure qui permit d’obtenir l’abolition du statut colonial. Tout aussi révélatrice était la bataille de Quartier français en 1955. Une usine de planteurs étaient sur le point d’être cédée à ses concurrents. Malgré les divergences qui l’opposaient au directeur de l’usine, adversaire politique de Raymond Vergès, Paul Vergès réussit l’union des planteurs, de l’usinier et des communistes. C’était l’illustration du dépassement de soi pour l’union des Réunionnais. Cet esprit de rassemblement rappelle que le PCR est capable de travailler avec tous ceux qui le respectent. Et de rappeler le PDA, Plan de développement actif, document inspiré par le PCR adopté par l’unanimité des forces politiques, syndicales et culturelles en 1992. Ce fut ensuite le PDA qui était la ligne directrice de la Région Réunion jusqu’en 2010.

Rassemblement et dialogue

Les idées du PCR ont également imprégné la société. L’autonomie n’est plus un sujet tabou. Elle s’exprime sous différents concepts dans un large spectre de l’échiquier politique réunionnais sous les termes « émancipation », « changement de logiciel », « développement endogène »…
Dans le même temps, le respect du Traité de Paris sur le changement climatique et des Objectifs de développement durable de l’ONU s’imposent à toute initiative. D’où l’appel du PCR à un projet réunionnais, qui pourrait se construire au sein d’une conférence territoriale.
La culture du rassemblement et du dialogue pour arriver à un projet commun, telle est la ligne de conduite du PCR réaffirmée à l’occasion de son 60e anniversaire.

M.M.