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PCR : « Nous voulons le train »

Quel développement durable pour La Réunion ?

Manuel Marchal / 5 juin 2018

A la veille de la Journée mondiale de l’Environnement, le PCR organisait hier une conférence de presse ayant pour thème la Semaine du développement durable. Il a souligné que le développement durable de La Réunion passe par la reconstruction d’un chemin de fer à La Réunion, avec une propulsion électrique, dans la perspective de l’autonomie énergétique de notre île pour 2025.

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Mathieu Raffini, Yvan Dejean et Johnny Bacary-Lagrange.

Yvan Dejean, porte-parole du PCR, a présenté l’analyse du PCR pour répondre à une question : quel développement durable pour La Réunion. « Le développement durable passe d’abord par l’abolition des inégalités et des discriminations », sinon comme parler de développement durable ?
Le PCR présente un projet qui vise à abolir ces inégalités. Cela passe par une nouvelle politique des revenus, par un examen attentif du coût de la vie. Le PCR réclame une prime de vie chère pour tous. Basée sur le résultat d’une étude sur le différentiel de coût de la vie entre la France et La Réunion, cette prime serait appliquée à tous les salaires et aux prestations sociales. Pour les personnes qui bénéficient de la surémunération, le PCR appelle à ne pas remettre en cause leur situation car elle découle d’un accord entre elles et l’État au moment de leur embauche. « Il faut arrêter de faire des fonctionnaires des boucs-émissaires de la politique d’austérité », souligne Yvan Dejean, « les avantages acquis doivent être conservés ».

L’autonomie pour le développement durable

Le PCR demande une gouvernance rénovée tounant le dos à un système d’intégration à la France qui a montré ses limites depuis longtemps. La responsabilité des Réunionnais dans la conduite des affaires de leur pays passe par l’autonomie au sein de la République, autre condition du développement durable, souligne Yvan Dejean. Cette autonomie se compose d’une assemblée territoriale dotée de larges compétences, d’un fonds de développement et d’un projet. Il s’agit de concilier la préservation des acquis sociaux, et l’intégration de La Réunion dans son environnement géographique.
La question de la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue. Le 4 novembre 2016, l’Accord de Paris est entré en vigueur, il doit s’imposer dans l’application concrète. Il est devenu contraignant pour tous les Etats, collectivités, entreprises, associations et citoyens. Le PCR demande donc à toutes les institutions de La Réunion de déposer leurs engagements écrits pour limiter la hausse de la température à 2 degrés.
La situation à La Réunion est en effet dramatique. Les énergies fossiles représentent 66 % de la production électrique. Le photovoltaïque se limite à 186 mégawatts.
La Réunion consomme chaque année 613.000 tonnes de carburant, dont 437.000 tonnes pour le transport. Les transports représentent 70 % de l’énergie finale consommée, et en 2012, l’importation d’énergie fossile coûtait 700 millions d’euros aux Réunionnais. Cette dépendance continue d’augmenter. De 2010 à 2016, le taux de dépendance énergétique de La Réunion est autour de 87 pour cent. La production électrique représente près de 2 millions de tonnes de CO2 rejetées dans l’air. Pour le transport, cette valeur atteint 2 millions de tonnes, dont 1,4 million de tonnes pour les automobiles. Un Réunionnais produit donc quasiment 5 tonnes de CO2 par an.

Autonomie énergétique pour 2025

« Ces données plaident pour une nouvelle politique », souligne Yvan Dejean.
Pour le PCR, il est nécessaire de penser à un plan d’aménagement durable. Cela signifie notamment l’éradication des radiers, la rédéfinition des zones à risque interdites à la construction.
Concerant l’énergie, l’objectif reste l’autonomie énergétique pour 2025 avec le soutien des pouvoirs publics pour doter notamment un maximum de personnes d’outils individuels de production, avec le recours notamment à des batteries pour stocker l’électricité produite à partir des panneaux solaires.
Pour le transport, le PCR veut reconstruire un train qui fonctionne aux énergies renouvelables. « C’est une question de survie, il faut notre train », car il s’agit d’anticiper sur La Réunion du million d’habitants. « La NRL est dans l’impasse », et il faut revenir au Protocole de Matignon qui prévoyait la construction du tram-train et de la NRL pour 1,6 milliard d’euros, alors qu’aujourd’hui, pour le même prix les Réunionnais auront une demi-route en mer, constate le PCR. Si le Protocole de Matignon avait été conclu, le train et la NRL seraient en service.
« Le train est la solution d’avenir, et le chantier pourrait être lancé par micro-région, les communautés d’agglomération ont en effet la compétence transport », ajoute Yvan Dejean.

Changer les modes de production

Mathieu Raffini, membre du Comité central du PCR, rappelle que la biodiversité est menacée par les modes de production et de consommation. La Terre connaît une extinction de masse causée par l’humanité, alors que les espèces menacées sont essentielles à la vie humaine. Comment trouver une soution pour sortir de ce mode de production intensif. Le PCR défend une agriculture qui va vers la permaculture, afin d’en finir avec les polluants et de créer des milliers d’emplois. Le pouvoir n’a pas cela en tête. La loi sur l’alimentation permet toujours d’utiliser le glyphosate, maintient les élevages intensifs qui pratiquent la maltraitance animale. L’État permet aussi des forages exploratoires pétroliers dans les îles Eparses, et l’explotation aurifère en Guyane. « Il faut changer ces modes de production, défendre une politique qui va vers le développement durable et social », affirme le PCR. Mathieu Raffini note que dans le Sud, les sols ne tiennent plus, d’où la nécessite de l’adaptation pour protéger la population. Cela suppose aussi le maintien des zones agricoles dans le Sud, avec un acccompagnement des institutions pour aller vers la permaculture. Pour La Réunion du million d’habitants, il est obligatoire d’anticiper un aménagement du territoire à mi-pente. Pour cela, le PCR plaide pour la prolongation de la route des Tamarins par une route de moyenne altitude de Stella aux Lianes en passant par un nouveau pont à construire sur le Bras de Cilaos. Ceci permettrait aussi un désenclavement des petits producteurs qui travaillent en bio, et d’avoir des habitations plus sécurisées que sur le front de mer.
Le PCR constate que le projet de route des Hauts de l’Est est une bonne initiative, mais souligne que le Sud de l’île est oublié dans ce domaine.
« Profitons de cette Seaaine du développement durable et de la Journée mondiale de l’Environnement pour promouvoir des idées qui font avancer notre pays », conclut Mathie Raffini.

M.M.



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  • D’accord pour le train électrique, pour la prime de vie chère pour tous , pour la création d’une voie mi pente entre Stella et les lianes .Mais n’oublions pas que c’est la prime de vie chère aux fonctionnaires qui a fait monter les prix la Réunion .Il faut aussi réglementer les échanges, veiller à ce qu’il n’y ait pas de situation de monopole et lorsque cela existe encadrer sévèrement les prix pratiqués par les monopoles .Inciter l’investissement dans l’îles des bénéfices réalisés par les entreprises favoriser les échanges avec les pays voisins et les pays européens, placer en premier plan le secteur touristique autoriser les compagnies aériennes des pays étrangers se poser la Réunion .

    Concernant les routes il faut construire rapidement une nouvelle route secondaire entre Saint Denis et la possession qui rejoindrait celle qu’il faut construire dans les hauts de l’Est ,créer un autre route pour desservir Cilaos en passant par Salazie et Mafate et en passant par la plaine des cafres .

    Bien entendu il faut promouvoir le secteur agricole et favoriser toutes les initiatives débouchant sur une plus grande diversification et sur une véritable industrie agroalimentaire qui pourrait rassembler des entreprises de la zone de l’océan . Le secteur forestier ne doit pas être oublier ,il y a encore un gros potentiel dans les hauts de la Réunion qui n’est pas encore exploité faute d’accès . Il ne faut pas oublier les ressources de la mer ou les possibilité de pisciculture .Il faudrait créer d’autres ports de pêches et de plaisance notamment saint Denis , dans l’Est et dans le Sud .

    Comme l’eau douce est devenue un produit rare dans de nombreux pays il faut mettre en place rapidement cette ressource abondante la Réunion mais aussi réaliser les infrastructures qui nous permettraient de la stocker pour une production d’électricité et pour l’irrigation .

    Il n’est pas nécessaire que la Réunion devienne indépendante pour pouvoir faire tout cela.

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