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Quand l’exemple vient d’une colonie

Julie Pontalba / 13 octobre 2020

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1- Le ministre français Sébastien Lecornu est allé en visite en Kanaky-Nouvelle Calédonie le jeudi suivant le scrutin d’autodétermination du 4 octobre 2020. Arrivé sur place, il a été mis en quarantaine. « Témoignages » du 7 octobre rend compte de la situation dans les termes suivants. « Kanaky-Nouvelle Calédonie et COVID-19 : quarantaine obligatoire, même pour un ministre français. Pas de traitement de faveur pour Sébastien Lecornu : priorité à la protection de la population. » Après 2 semaines en quarantaine, s’il est reconnu indemne de virus, il pourra sortir pour des rencontres sur le terrain.

2- Là-bas, on ne badine pas avec la protection sanitaire de la population. On en a fait une priorité absolue. Au total, il y a eu 27 cas, 27 guérisons et 0 décès. Aussi, les électrices et les électeurs ont pu se rendre aux urnes sans peur, sans masques, sans distanciations physiques et sans traitement prophylactique. La population était libre de vaquer à ses occupations. Aucune restriction. A faire rougir de honte le pays dominateur pour son inefficacité car il compte 32000 morts. La Réunion frôle les 4500 cas, 3500 guérisons et 17 décès. Là-bas, ce sont pas des fonctionnaires choisis par Paris qui dirigent les opérations.

3- La population calédonienne est saine parce que les indépendantistes qui dirigent l’Assemblée Calédonienne ont fermé l’aéroport qui était la porte d’entrée de la contamination. Cet isolement strict a permis de sauver l’essentiel de l’activité économique et sociale. A La Réunion, on a fait le contraire. On a laissé ouvert l’aéroport, offrant au virus un véritable pont aérien. Des milliers de personnes contaminées ont atterri sans quarantaine stricte. Par contre, on a confiné la population dès le 16 mars. Alors que nous étions au stade 1, on a fait fermer les bars, les restaurants, les centres sportifs, les écoles, les rencontres familiales et religieuses, etc. Personne dans les rues. On a traqué des gens dans les sentiers de randonnées et les promeneurs sur les plages jusqu’à infliger une amende à une personne qui était sortie pour acheter un pain. On a appliqué mécaniquement des décisions prises à Paris, pour Paris, où l’épidémie causait la mort par centaines.

4- A la question lancinante, fallait-il fermer l’aéroport ? La réponse nous vient de Calédonie. C’est OUI ! Voilà un argument de plus pour réclamer une assemblée décisionnaire réunionnaise qui sera responsable devant le peuple réunionnais. La Calédonie nous a montré que c’était possible. C’est tout simplement une attitude de bon sens. Espérons que le ministre d’outre mer tirera beaucoup d’inspiration après son séjour exceptionnel de 3 semaines.

Julie Pontalba



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  • C’est la Réunion qui est une vraie colonie à part entière, dépendante uniquement des décisions prises à Paris, les élus n’étant là que comme faire valoir. Pour fermer l’aéroport il fallait que l’Etat le décide : à Paris en Mars quand les premiers réunionnais atteints (sans le savoir) ont stationné près d’une journée dans l’aéroport de Roissy en transit...Il n’y avait aucune mesure nulle part ! A ce moment-là déjà il fallait fermer l’aéroport ! Mais on préfère laisser rentrer tout et n’importe quoi à la Réunion y compris tous ces "déchets" venant de Chine ou d’ailleurs (objets non recyclables à usage unique, couches pour bébés) Je dis bien déchets car avant même d’avoir été achetés et utilisés on sait déjà qu’ils vont partir à la poubelle après le premier et unique usage et non pas dans la poubelle jaune ! La seconde grande décision à prendre à la Réunion : fermer la porte à toute importation de produits alimentaires ou non qui pourraient être produits localement en réorientant les financements...Il faudra aussi parler de la canne à sucre et du rhum ( à usage unique et toxique !) subventionné pour nous permettre d’acheter des carottes indiennes ???

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