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Rassemblement sans exclusive pour sauver la cohésion de la société réunionnaise

Une large majorité de la population rejette le système, l’extrême droite ne doit pas en profiter

Manuel Marchal / 3 mai 2017

Le 24 avril, une large majorité des électeurs ont refusé d’aller voté ou ont décidé de placer en tête des candidats qui représentent pour eux une rupture avec le système. Pour que ce résultat ne se traduise pas par l’implantation à La Réunion d’une extrême droite qui menace la fragile cohésion de la société réunionnaise, l’heure est au rassemblement sans exclusive pour répondre au message très clair de la population. Le PCR fait des propositions dans ce sens, c’était même le mot d’ordre de son dernier Congrès.

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Le mot d’ordre du 9e Congrès du PCR : rassemblement pour la responsabilité.

Le score de l’extrême droite le 24 avril au premier tour de la présidentielle continue de bouleverser une classe politique déjà montrée du doigt par la population. Dimanche dernier, un meeting organisé par les principaux soutiens d’Emmanuel Macron, Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, et Thierry Robert, député-maire de Saint-Leu n’a rassemblé que 300 personnes. Le lendemain, un responsable de circonscription les Républicains a annoncé son ralliement au Front national. Dans plusieurs communes, des maires sont accusés d’une neutralité bienveillante à l’égard de Le Pen. Plus de 80.000 électeurs ont voté pour l’extrême droite le 24 avril, ils attirent des convoitises.

L’extrême droite menace d’être en tête

Ce raisonnement électoraliste à courte vue refuse de voir les causes de la crise. Plus de 40 % des électeurs se sont abstenus, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête devant l’extrême droite ce qui signifie qu’une large majorité des citoyens ont rejeté le système en refusant d’aller voter, ou en reportant plus de la moitié des suffrages sur des candidats qui représentent pour eux une rupture avec le système.

En France, alors qu’Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour, son succès n’est pas garanti à quelques jours du vote. Le débat télévisé de ce soir pourra donc avoir un rôle plus important que d’habitude. À La Réunion, le candidat d’En Marche a 16.000 voix de retard sur l’extrême droite. Dimanche prochain, le Front national sera en passe de réaliser un score historique à La Réunion, voire d’obtenir la majorité des suffrages. Un tel résultat ne sera pas sans conséquence, car l’extrême droite véhicule une idéologie à l’opposé de ce qui a construit le peuple réunionnais.

Un peuple réunionnais ne va pas de soi

Ce peuple réunionnais n’allait pas de soi. Notre île a été peuplée sous le régime de l’esclavage puis de l’engagisme où les divisions étaient encouragées par le pouvoir pour mieux dominer. Dans les années 1930, les syndicats avaient réussi à trouver un mot d’ordre qui allait permettre de dépasser les clivages culturels en rassemblant autour de la question sociale, c’était l’idée de transformer La Réunion en département français pour que l’application des lois sociales puisse permettre d’en finir avec la misère.

La création du Parti communiste réunionnais a amplifié ce combat. Les luttes menées par Paul Vergès et ses camarades ont fait naître une conscience réunionnaise. C’était l’affirmation d’un peuple qui s’était construit sur la base de tous les apports des immigrés qui sont venus à La Réunion. Cette prise de conscience a permis de maintenir l’extrême droite à un niveau très faible, car elle empêchait de voter pour un parti fondé sur une idéologie raciste. Force est de constater que cette conscience a considérablement diminué en raison de l’affaiblissement du Parti communiste réunionnais.

Responsables politiques au pied du mur

Le succès rencontré par l’extrême droite à La Réunion est très inquiétante pour l’avenir de la cohésion de notre société. Cela impose de trouver des moyens de renforcer la conscience du peuple réunionnais. Le PCR propose un rassemblement sans exclusive pour changer de cadre et aller vers la responsabilité des Réunionnais. C’est un moyen de dépasser les divisions issues d’un système néocolonial pour concentrer les énergies sur le règlement des problèmes de la population. La montée de l’extrême droite souligne que le rassemblement sans exclusive est une solution pour sortir par le haut de cette crise qui menace la fragile cohésion de la la société réunionnaise. Les responsables politiques réunionnais sont au pied du mur.

M.M.