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Rassembler les forces vives de La Réunion pour la RESPONSABILITÉ et le DÉVELOPPEMENT DURABLE ET SOLIDAIRE du pays

Projet de thèse du 9e Congrès du PCR

Parti Communiste Réunionnais / 16 janvier 2017

« De plus en plus de Réunionnaises et de Réunionnais reconnaissent que le système actuel en place à La Réunion a atteint ses limites. Bien que les luttes populaires aient permis des avancées qu’il convient de sauvegarder, ce système ne permet pas de faire face à tous les défis actuels et à venir. »

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En effet,

  • considérant la situation de La Réunion, caractérisée par : le taux de chômage élevé (frappant surtout la jeunesse), la pauvreté accrue, les discriminations et inégalités grandissantes, la cherté de la vie, l’illettrisme important, le manque de logement… ;
  • considérant les difficultés à venir qui vont aggraver cette situation (Fin des quotas et des prix sucriers garantis, conséquences des APE – Accords de Partenariat économique…) ;
  • considérant l’impact sur La Réunion des grands événements qui vont bouleverser le monde (mondialisation capitaliste des échanges, réchauffement climatique, croissance démographique, évolution rapide des sciences et des techniques…) ;

Le peuple réunionnais a le droit à la RESPONSABILITÉ pour conduire les affaires de son Pays.

  • Pour aller dans ce sens, fidèle à sa tradition politique, le PCR estime indispensable de rassembler les hommes et les femmes du Pays. Ce rassemblement s’adresse à toutes et à tous, à titre personnel ou aux membres des forces vives, tant du milieu syndical, politique et productif qu’associatif. L’objectif est de définir et de porter en commun un projet de développement durable pour La Réunion, au service du peuple réunionnais. Cette union doit se faire sur le fondement de valeurs communes d’égalité, de liberté et de fraternité, dans un strict respect réciproque.
  • L’installation d’un nouveau pouvoir en France dans quelques mois est propice à une démarche commune de toutes ces forces de La Réunion pour parler d’une même voix à Paris, comme l’ont fait en 1946 nos prédécesseurs par le biais du CRADS (Comité Républicain pour l’Action Démocratique et Sociale) pour abolir le régime colonial et adopter le statut de Département.
  • Ce projet de développement durable, responsable et solidaire concerne les domaines suivants : la responsabilité pour la gouvernance démocratique du pays ; l’économie ; le social ; la culture ; l’éducation ; l’identité ; l’environnement ; le co-développement régional.
    Pour sa part, le PCR fait les propositions suivantes qui sont ses contributions à l’élaboration d’un projet commun et partagé.

1. Sur la responsabilité pour la gouvernance démocratique du pays :

a) La Réunion doit disposer d’une assemblée paritaire, élue à la proportionnelle intégrale, dotée de compétences élargies. Cette assemblée doit pouvoir délibérer dans les domaines de ses compétences élargies (à l’exclusion des pouvoirs régaliens de l’état) afin que les Réunionnaises et les Réunionnais puissent disposer des pouvoirs de décision sur tout ce qui concerne leur vie quotidienne.

b) Cette assemblée sera responsable d’un Fonds de Développement alimenté par les concours financiers croisés de l’Union Européenne, de l’état Français et de La Réunion dans le cadre d’un partenariat équitable et solidaire.

c) Création d’un statut de l’élu-e lui donnant les moyens d’exercer ses responsabilités mais limitant ses indemnités et ses mandats ainsi que leur durée. L’élu devant servir la population avec abnégation et dévouement.

2. Sur l’économie :

a) Conférence permanente de l’état et de tous les acteurs agricoles sur l’avenir de la filière canne et sur un projet agricole prioritairement bio, assurant la sécurité alimentaire du pays.

b) Préservation de la production péi face aux APE, clause de sauvegarde et moratoire (présence de La Réunion du côté français dans la délégation de l’Union Européenne qui négocie les APE).

c) Fiscalité équitable, avantageuse pour notre production, à condition d’avoir des compétences élargies pour mettre à plat toute la fiscalité, y compris l’octroi de mer, et avoir une autonomie fiscale.

d) Développement de nos relations économiques avec tous les pays de l’Indianocéanie (à condition d’avoir des compétences élargies pour les accords économiques).

e) Recherche et développement dans les produits et les activités à haute valeur ajoutée (économie de la connaissance, économie verte, économie bleue, développement du tourisme à partir de nos atouts naturels et culturels…).

f) Développement de l’économie sociale et solidaire.

3. Sur le social :

a) Le chômage : des mesures exceptionnelles sont nécessaires pour faire respecter le droit à l’emploi de tous les Réunionnais :

- moratoire pour le recrutement dans la fonction publique (loi d’expérimentation) ; - passage obligatoire par Pôle Emploi pour le recrutement dans le privé ;
- gestion prévisionnelle de l’emploi par une Conférence Permanente de l’Emploi.

b) Lutte contre la vie chère : contrôle rigoureux de la formation des prix (de l’usine au consommateur), produire un maximum de ce que nous consommons à La Réunion, et possibilité de s’approvisionner plus près de chez nous et moins cher (à condition d’avoir des compétences élargies pour pouvoir passer les accords commerciaux).

c) Lutte contre les inégalités. La vie est chère et elle l’est pour tout le monde. Depuis 70 ans, la majorité des travailleurs et les minima sociaux ne perçoivent pas un complément de revenu attribué seulement à une catégorie de travailleurs. Personne ne peut accepter que cette injustice perdure. Pour lutter contre ces inégalités, la Cour des Comptes propose d’établir un différentiel du coût de la vie entre la France et La Réunion, à partir duquel une nouvelle politique des salaires et des revenus (y compris les minima sociaux, les retraites et les revenus agricoles) doit être élaborée pour les nouveaux emplois et bénéficiaires, sans toucher aux acquis des bénéficiaires actuels. Les économies réalisées doivent être ré-investies à La Réunion, comme le préconise la Cour des Comptes. A ce sujet, le PCR propose qu’elles contribuent à alimenter le Fonds de Développement.

d) Mise en place d’une gestion démocratique du dispositif des “emplois aidés” afin que ceux-ci deviennent pérennes, échappent au système humiliant du clientélisme et qu’ils soient prioritairement orientés vers les activités d’aide à la personne et de protection de l’environnement.

e) Pour une politique du logement audacieuse, basée sur :

- la mobilisation du foncier, de l’état, des collectivités, la lutte contre la spéculation foncière (taxation et préemption), sauvegarde des terres agricoles ;

- l’appel à des projets innovants, écologiques et à bas coûts ;

- l’appel à l’auto-construction (avec un accompagnement approprié).

f) Pour une politique d’accès à la santé pour toutes et tous, notamment en faveur des personnes vulnérables.

4. Sur la culture, l’éducation et l’identité :

a) Les Réunionnais-es, venu-e-s de tous les coins du Monde, constituent un peuple avec son histoire, sa culture, sa langue, son identité. Comme l’a proclamé le Manifeste de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise, les cultures et religions des origines diverses de notre peuplement doivent être respectées à la fois pour valoriser les atouts de cette diversité et pour renforcer l’unité, la cohésion, la solidarité, la fraternité du peuple réunionnais.

b) L’école doit intégrer notre culture, notre histoire et notre identité mais aussi cultiver leurs valeurs et les enseigner aux élèves. Une place importante devra être réservée à la philosophie dès le plus jeune âge.

c) Traiter l’illettrisme, fléau majeur, par une équipe pluridisciplinaire (pédagogique et sociale).

d) Les calendriers et rythmes scolaires doivent respecter notre climat et notre positionnement géographique.

e) Promouvoir la responsabilité d’éducation populaire des médias.

5. Sur l’environnement :

a) Les effets du réchauffement imposent une révision de l’aménagement du territoire par des mesures d’adaptation, de précaution et d’atténuation (endiguement des ravines, suppression des radiers, protection de la barrière corallienne…). La Nouvelle Route en Mer doit faire l’objet d’un audit financier et environnemental immédiat.

La lutte contre les effets du réchauffement climatique exige de réduire les émissions des gaz à effets de serre par :

- le développement des énergies renouvelables pour atteindre l’autonomie énergétique de La Réunion en 2030 ;

- construire un véritable réseau de transport ferroviaire, développer les modes de déplacements doux.

b) Agir pour l’environnement c’est aussi protéger notre biodiversité (lutte contre les espèces envahissantes) c’est garantir à la population une quantité d’eau suffisante et de qualité. C’est éliminer toutes les formes de pollutions dans le pays par le pétrole, les pesticides, les engrais chimiques, la malbouffe, les médicaments néfastes. C’est gérer les déchets par le tri sélectif et le recyclage.

6. Sur le co-développement régional solidaire :

a) La Réunion doit s’insérer dans son espace géographique en plein bouleversement :

- Sur le plan démographique : par exemple, dans 20 ans, Madagascar comptera 50 millions d’habitants) ;

- Sur le plan économique : organisation de grands marchés économiques, présence des grandes puissances émergentes…).

b) Il est donc vital pour notre pays de disposer de compétences élargies pour pouvoir passer avec ces pays des accords de coopération et de co-développement solidaire dans les domaines aussi divers que la santé, la sécurité alimentaire, l’éducation (l’Université Francophone de l’Océan Indien), la recherche, les énergies renouvelables et la lutte contre les effets du réchauffement climatique, etc. Dans beaucoup de ces domaines, La Réunion pourrait échanger ses atouts avec ceux des pays voisins.