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« Solidarité Dionysienne : manifeste, engagements et actions ».

Pour que personne n’ignore est un dossier de la section dionysienne.

Témoignages.re / 12 novembre 2020

Après avoir précisé comment « être utile durant la mandature 2020-2026 », la section communiste de Saint-Denis a publié le document ci-joint, le 19 décembre 2020. Il éclaire une ambition, fixe des principes et se donne des limites. Le programme électoral de la liste conduite par Ericka Bareigts a bien repris les éléments essentiels du manifeste. Les explications données à la population durant la campagne électorale sur la politique d’hyper-proximité ont beaucoup intéressé la population.
A contrario, la candidature du Président de Région est apparue comme artificielle et éloignée des préoccupations quotidiennes des gens. Comme il préside également la Région, chaque critique se retournait contre lui. Finalement, il a été le plus mauvais candidat de droite sur Saint-Denis.
Le texte des camarades de Saint-Denis est une référence pour l’action.

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Jean-Noël Abodi, Julie Pontalba, Mathieu Raffini et Florence Moulouma.

Solidarité Dionysienne pour la mandature municipale 2020-2026

Manifeste, engagement, actions

Solidarité Dionysienne est une initiative de la section locale du PCR. Elle regroupe des hommes et des femmes qui ont manifesté leur désir de participer aux municipales de Mars 2020, à Saint Denis, aux côtés de la majorité sortante, sur la base du traitement de la pauvreté multiforme.

La mandature 2020-2026 s’inscrit dans le calendrier des Objectifs du Millénaire pour le Développement Durable 2015-2030 qui ont été ratifiés par tous les États à l’ONU, et donc la France. L’éradication de la pauvreté a été retenue comme priorité numéro UN. Devant l’échec de l’Etat, les pouvoirs publics doivent prendre le relais. L’actualité nous encourage fortement.

Le 14 octobre 2019, le Prix Nobel de l’Economie a été attribué à 3 chercheurs pour leurs travaux sur le traitement de la pauvreté. Ce sont des experts de l’économie du Développement. Cet évènement a marqué la Journée mondiale pour l’élimination de la pauvreté, le 17 octobre 2019. Notre ambition est d’abréger la souffrance de nos compatriotes pauvres avant la date butoir de 2030.

Nous sommes conscients que l’élimination totale de la pauvreté dépend d’un projet de Développement Durable à l’échelle de La Réunion mais l’occasion nous est donnée d’amorcer le tournant.

Pour cela, nous nous sommes accordés sur des principes et un programme d’actions.

1-Des principes

Solidarité Dionysienne a été créée pour faciliter la tâche de nos élus. L’Elu tire sa légitimité de l’élection. Il est au service du peuple. Il agit dans la contrainte de l’institution et de la solidarité envers les autres partenaires. Il apprend et partage. La circulation de l’information est essentielle pour nourrir les liens de confiance. Il contribue à la cohésion du collectif municipal.

Solidarité Dionysienne veillera, en particulier, à éviter les conflits d’intérêts entre la fonction élective et le rôle du militant. Le militant politique est une nécessité de la vie démocratique et de la formation du personnel politique. Il tire sa légitimité de son adhésion au Parti. De ce fait, les militants de la section PCR-St Denis qui auront été choisis pour assumer la fonction élective devront exercer la démocratie électorale dans le respect de cette double dimension.

Solidarité Dionysienne agit au sein de la majorité municipale sur la base de la concertation, de la loyauté et de la considération mutuelle. Elle affirme sa spécificité et son identité avec esprit de responsabilité.

Solidarité Dionysienne rendra compte régulièrement de son travail.

2-Un programme d’actions.

Sur la base de ces principes, Solidarité Dionysienne s’engage dans la lutte contre la pauvreté multiforme à partir de fiches d’actions.

Manger à sa faim
Créer une banque municipale
Donner du pouvoir politique à la base
Modifier le CCAS pour soutenir l’activité et l’emploi de proximité
Réaliser la gratuité des transports.

Au préalable, il faudra recenser les personnes qui se décrivent comme pauvres, les aider à formuler leurs attentes, puis examiner les réponses concrètes à réaliser dans un calendrier précis. Le pauvre doit être acteur de son propre changement. Nous mettrons à contribution les services de l’Etat, les Assemblées, les Associations, les Entreprises et les individus.

Manger à sa faim.

Il s’agit de “gagner la bataille contre la faim”. Agir sur le mode de consommation actuelle et améliorer les capacités d’achat. Pas d’application de mesures d’ensemble. Agir par groupe de cas. Sous la terminologie des pauvres se cachent différentes situations. C’est pourquoi nous partirons de l’individu pour formuler des propositions adaptées.

Aucun quartier, aucune famille, aucun citoyen ne doivent être abandonnés. Toutes les idées méritent d’être étudiées.

Créer une banque municipale.

La population abandonnée doit comprendre le mécanisme de l’argent. Un pauvre est un agent économique et monétaire. Les banquiers et les commerçants le savent très bien. Dans une complicité exemplaire, ils lui accordent même du crédit alors qu’ils le refusent aux travailleurs, agriculteurs et artisans. Mais, le pauvre ne sait pas qu’il assure les dividendes des actionnaires.

Nous allons créer une banque où les pauvres seront les actionnaires à partir de 1 euro. On verra avec les déposants l’utilité sociale et économique de cette épargne. L’objectif est de rendre les épargnants conscients de leur nouveau rôle d’acteurs de la transformation sociale.

Donner du pouvoir politique aux quartiers.

La population pauvre est exclue des décisions politiques qui se prennent dans les Conseils Municipaux. Compliquées et incompréhensibles. Il y a lieu de décentraliser les décisions. Il s’agit de créer de vrais conseils avec une ligne de crédit de 100 000 euros affectés aux décisions de base.

Nous allons former la base de la société à l’exercice de la vie publique et au pouvoir de gestion. C’est une École de la Délibération qui vient compléter les Conseils de Quartiers, déjà prévus par la loi. Mais attention, ce que nous proposons vise à réinsérer les pauvres dans un processus de valorisation personnelle et collective. Au-delà du pouvoir d’achat, ils ont besoin de pouvoirs politiques.

Faire évoluer le CCAS.

Le CCAS développe l’action sociale. Nous lui donnerons une dimension économique pour qu’il ne devienne pas un distributeur sans fond. Nous encourageons l’activité génératrice de revenu afin de sortir de la précarité monétaire. Nous ferons évoluer le statut du CCAS vers le soutien à l’activité et l’emploi de proximité.

Réaliser la gratuité des transports.

Nous avons tiré un tract, en 2018. En France, Dunkerque est donnée en exemple. Il est appliqué dans d’autres villes du monde. A Saint Denis, de gros efforts ont été accomplis. Il faut lancer une étude de faisabilité pour le reste.

3-Conclusions.

C’est ce programme d’actions concrètes que nous voulons appliquer et sur lequel nous demandons à être identifiés et jugés. Nous voulons être utiles à une population abandonnée par un régime politique qui a produit depuis des dizaines d’années un “Département socialement hors norme”, selon l’Insee. Nous souhaitons associer le plus grand nombre de partenaires à cette priorité. Nous sollicitons les bonnes volontés.

Solidarité Dionysienne est consciente qu’elle va s’attaquer à un défi immense. C’est notre manière d’être utile durant le mandat 2020-2026.