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« Un plan de développement durable et solidaire » pour La Réunion

Rapport d’Orientation politique du 9e Congrès du PCR —3—

Témoignages.re / 13 février 2017

La 3e partie du rapport politique présenté le 5 février par Yvan Dejean présente la contribution du PCR au rassemblement qu’il propose aux forces vives du pays. Il s’agit de donner aux Réunionnais des moyens pour exercer plus de responsabilité dans la conduite des affaires de La Réunion. C’est notamment la création d’une collectivité unique dotée de compétences élargies dans les domaines économiques et sociaux, et capable de négocier avec les pays voisins les conditions de l’intégration de La Réunion dans sa région.

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Yvan Dejean a présenté le rapport politique du secrétariat général.

Dans ce rassemblement que nous appelons de nos vœux pour sortir le pays de l’impasse nous sommes prêts à apporter notre modeste contribution de communistes réunionnais.

Bien évidemment ce sont nos thèses et je voudrais succinctement résumer nos principales propositions qui seront enrichies au cours de ce Congrès.

En premier lieu nous voulons que le pouvoir parisien reconnaisse notre responsabilité dans la conduite de nos affaires.

La Constitution de la République permet aux populations d’outre-mer d’exercer plus de responsabilité… mais cette responsabilité que nous réclamons de la Constitution nous devons d’abord nous l’appliquer à nous-mêmes : à nous d’abord Réunionnais d’agir en responsable.

Collectivité territoriale unique et fonds de développement

C’est ça que nous élevons au premier plan de notre lutte et cela peut se traduire à notre avis par l’existence pour La Réunion d’une collectivité territoriale se substituant à la Région et au Département. Une collectivité territoriale délibérante avec des responsables élus - es de manière paritaire et à la proportionnelle intégrale.

Tous les courants de pensée doivent y être représenté. Personne ne doit craindre la contradiction dans les débats et aucune partie du peuple ne doit être bâillonnée et être victime d’ostracisme.

Les modalités pour arriver à cette collectivité territoriale sont à puiser dans l’arsenal Constitutionnel et législatif de la République comme par exemples l’article 73 alinéa 7 de la Constitution ou la loi d’orientation pour l’outre-mer qu’on appelle la LOOM. Sur ce plan il est clair que des experts peuvent nous accompagner et nous aider.

De plus, cette collectivité doit bénéficier de compétences élargies en plus de celles détenues par les deux assemblées actuelles. Et il est tout aussi évident que cette nouvelle collectivité doit pouvoir légiférer dans le cadre de ces compétences élargies.

Enfin, il est indispensable qu’elle puisse disposer d’un fond de développement régional qui pourrait être alimenté par les financements croisés de l’Union Européenne, de l’Etat.

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A partir de là il appartient à cette collectivité d’élaborer en concertation avec tous les partenaires institutionnels et la société civile un plan de développement durable et solidaire qui prenne en compte : les aspects économiques, sociaux, culturels, environnementaux, ou encore ceux liés à l’éducation, à la santé et à la coopération régionale.

Propositions pour l’économie

Nos principales propositions !

Sur le plan économique nous estimons qu’il faut à la fois développer l’économie marchande et l’économie sociale et solidaire. Il nous faut une fiscalité avantageuse pour les acteurs économiques et disposer d’une autonomie fiscale.

De plus, il est impératif de définir une nouvelle politique agricole face aux menaces sur la filière canne, et pour répondre à la double exigence de la sécurité alimentaire et de la protection de nos sols agricoles.

Il est également vital de préserver nos productions face aux APE. Sur ce dernier point nous exigeons des clauses de sauvegarde, un moratoire et la présence de La Réunion dans la délégation de l’Union européenne qui négocie les accords commerciaux avec nos pays voisins.

Sur le plan économique je ne peux passer sous silence l’économie de la mer, l’économie du temps libre, l’économie de la connaissance. Ce sont là des chantiers qui peuvent offrir un immense espoir à notre population.

Propositions pour l’emploi

Sur le front social : La priorité reste la lutte contre le chômage. Des mesures exceptionnelles sont nécessaires pour faire respecter le droit à l’emploi de tous les Réunionnais.

Dans la fonction publique il est possible d’expérimenter un moratoire qui dirait que sur une période donnée, à compétence requise, priorité aux Réunionnais.

Toujours sur le front de l’emploi nous estimons qu’il est possible de créer des dizaines de milliers d’emplois pour protéger notre biodiversité, entretenir nos espaces naturels, créer des lieux de convivialité, entretenir nos forêts, nos lagons.

Et, tenant compte de l’augmentation et du vieillissement de notre population des niches d’emplois durables peuvent là aussi être une solution pérenne pour de nombreux jeunes. D’une manière générale l’aide à la personne : personnes âgées, personnes handicapées, petite enfance… nécessite un personnel nombreux et formé. D’où notre proposition de la création de deux grands services d’intérêts publics dans l’environnement et dans l’aide à la personne.

Pour lutter contre la vie chère et lutter contre les inégalités nous disons qu’il faut produire au maximum ce que nous consommons et acheter plus près de chez nous, quand c’est moins cher et de même qualité, au lieu de tout importer à 10.000 km.

Nouvelle politique des revenus

Pour lutter contre les inégalités nous rejoignons l’idée de la Cour des Comptes qui propose d’établir un différentiel du coût de la vie entre la France et La Réunion et à partir duquel il conviendrait de définir une nouvelle politique des revenus et des salaires aussi bien dans le public, que dans le privé et dans les minima sociaux et les retraites.

Ici je voudrais à nouveau clarifier notre position concernant la question de la sur-rémunération : pour les communistes il est hors de question de toucher aux avantages acquis et de supprimer la sur-rémunération aux fonctionnaires actuellement en poste.

« Passer des accords commerciaux et de coopération »

Pour finir je voudrais dire deux mots sur le co-développement régional.

Sur ce plan personne n’imagine aujourd’hui le développement de La Réunion si nous sommes coupés de notre voisinage immédiat d’autant que des développements considérables tant démographique qu’économique sont en train de se produire dans notre région.

Il est donc vital pour notre pays de disposer de compétences élargies pour passer des accords commerciaux et de coopération avec les pays situés dans l’Océan Indien. Ainsi, disposer des compétences nécessaires pour élaborer une politique gagnant-gagnant avec nos voisins est indispensable au moment où s’opèrent de grands bouleversements dans notre bassin de vie naturel.

En tout état de cause nous estimons que l’expérience de la COI telle qu’elle fonctionne actuellement a elle aussi atteint ses limites et qu’il nous faut définir un nouveau cadre pour la coopération dans notre zone économique.

Dans le même registre nous estimons que nos relations avec l’Union européenne doivent être construites sur une nouvelle approche et réinventer un nouveau cadre pour La Réunion.

En clair il nous faut faire un bilan et réinventer la place et le rôle de La Réunion parce que les menaces sont là.

Cela devient une nécessité absolue pour notre économie compte tenu que des Accords Commerciaux sont signés quasiment tous les jours dans le monde entier et avec des puissances proches de La Réunion.

(à suivre)