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Vindemia : la vente se fera, affirme la ministre des Outre-mer

Projet de rachat de la filiale de Casino par le Groupe Bernard Hayot

Manuel Marchal / 20 septembre 2019

Jeudi 19 septembre à la sortie d’une réunion de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus, Annick Girardin, ministre des Outer-mer, n’avait pas la même position que les élus qui ont demandé au gouvernement d’agir contre le projet de vente de la filiale réunionnaise de Casino au Groupe Bernard Hayot. La vente se fera, du moment que les prix baissent, que les emplois soient sauvegardé et que « la dynamique reste en place » sur le plan du développement économique.

Annick Girardin était reçue hier à la Chambre régionale des comptes pour participer à une réunion de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus. Plusieurs parlementaires étaient également présents, ainsi que le président du Département.
Au terme d’échanges qui ont duré deux heures, les participants faisaient état de leur satisfaction.

Rappelons que la proposition de rachat de Vindemia par le Groupe Bernard Hayot est devenu un véritable feuilleton au regard de prises de position diverses et tardives de politiques et de concurrents du Groupe Bernard Hayot.

Sur cette question, la ministre des Outre-mer a fait part de trois préoccupations du gouvernement eu égard à une inquiétude venue de La Réunion manifestement ressentie à Paris : « que cette vente et ce rachat ne se fasse pas au détriment des prix dans le territoire, que la concurrence soit là et que les prix soient plus bas à La Réunion, l’Observatoire est bien dans cette question des prix ».

La seconde préoccupation est l’emploi : « ce sont 2300 personnes qui sont concernées par cette vente. Il est important de veiller au maintien des emplois ».
La troisième est « le développement économique plus largement », soit « comment faire pour qu’une dynamique reste en place ».

Annick Girardin est ensuite revenue sur les deux phases de l’avis que donnera l’Autorité de la concurrence sur cette acquisition. « La première consiste dans le rendu de l’avis. Si cet avis n’est pas jugé satisfaisant, alors une seconde phase peut être enclenchée. Elle associerait les parlementaires et les experts locaux dans l’analyse de ce dossier ».

C’est une manière habile d’écarter du débat le bureau d’étude mandaté par l’Observatoire des prix, des marges et des revenus pour enquêter sur le système de la grande distribution alimentaire et sur l’impact du rachat de Vindemia par GBH. En effet, ce bureau d’études est situé en France et ne fait donc pas partie des « experts locaux ».

La ministre demande d’apaiser les inquiétudes, rappelant que Vindemia est en vente et qu’il y a de toute façon un acheteur. Et de rappeler qu’au sujet de la concurrence, tous les territoires sont concernés, et ce n’est pas le moment de perdre des emplois eu égard « aux taux de chômage dans nos territoires », conclut-elle à ce sujet.

M.M.