Lutte contre la pauvreté

Lutte contre la pauvreté : encore plus intolérable quand elle touche les enfants

David Gauvin / 11 décembre 2020

La pauvreté est déjà inacceptable en soit, mais quand elle touche les enfants, elle est insoutenable.


La pauvreté des enfants devrait rester au-dessus des niveaux pré-COVID pendant au moins cinq ans dans les pays à haut revenu. Pourtant, selon un nouveau rapport de l’UNICEF, seuls 2 % de l’aide financière fournie par les gouvernements des pays de l’OCDE et de l’UE ont été alloués au soutien des enfants et des familles élevant des enfants pendant la première vague de la pandémie. « Le montant de l’aide financière allouée directement aux enfants et aux familles ne correspond pas à la gravité des retombées de la pandémie, ni la durée pendant laquelle la crise va affecter ces pays », a déclaré Gunilla Olsson, directrice du bureau de recherche de l’UNICEF-Innocenti.

De février à fin juillet 2020, les pays à revenu élevé ont dépensé un montant historique de 14 900 milliards de dollars pour les réponses à la COVID-19, dont environ 80 % ont été consacrés à des plans de relance économique destinés aux entreprises ou par leur intermédiaire, note le rapport. Bien qu’il s’agisse d’un élément essentiel de la réponse à la crise, le soutien aux entreprises ne permet pas d’assurer l’aide ciblée dont ont besoin les enfants les plus marginalisés de la société et leurs familles, ce qui signifie que les plus démunis seront les plus touchés. « Alors que la deuxième vague de COVID-19 resserre l’étau, un meilleur équilibre doit être recherché », a déclaré Gunilla Olsson. Sauver les enfants est plus important que sauver le capital.

La pauvreté touche en France 3 millions d’enfants. Avec 343 000 personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire (935 € par mois), La Réunion est un département hors norme. L’île compte autant de personnes pauvres que les Bouches du-Rhône. Seuls deux départements français ont une population pauvre plus importante : la Seine-Saint-Denis et le Nord qui comptent respectivement 360 000 et 480 000 personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Or ces départements français (Bouches-du-Rhône, Seine-Saint Denis et Nord) sont deux à trois fois plus peuplés que La Réunion.

Des mesures existent, des plans quinquennaux sont définis mais à la fin la situation ne se résorbe pas. La pauvreté monétaire ne peut se régler que par des aides. Et là c’est le parcours du combattant entre le travailleur social du CCAS, celui du département, celui de la CAF voire celui de l’hôpital. Ce sont toujours beaucoup de procédure, beaucoup de papiers, mais aussi beaucoup de courage pour exposer sa situation. L’aide alimentaire est cruciale, mais elle doit être apportée en préservant la dignité des personnes. Ainsi les épiceries sociales sont une réponse, encore faudrait-il que la puissance publique les soutienne. Elles sont financées aussi par l’aide de l’union européenne à l’agriculture mais cette aide est constamment remise en cause par les forces conservatrices.
La scolarisation précoce est aussi une piste, même si elle ne peut pas convenir à tout le monde. D’ailleurs un effort important est mené par les communes afin de proposer cette possibilité aux familles.

En tout état de cause, il y a un cycle infernal auquel il faut mettre fin : naître pauvre, vivre pauvre et mourir pauvre.

David Gauvin