Hommage

La Réunion-Afrique du Sud : l’amitié repose sur la solidarité des luttes

Conséquence de l’action du PCR

Manuel Marchal / 9 décembre 2013

L’amitié construite dans la solidarité des luttes est la base de la coopération entre La Réunion et l’Afrique du Sud.

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Manifestation en août 1985 dans les rues de Saint-Denis contre l’apartheid. La solidarité avec le combat des Sud-Africains contre le régime raciste a été une constante du PCR. Cela permet à La Réunion d’être considérée différemment. En janvier 2012, aucun parti européen n’était invité au centenaire de l’ANC, à la différence du PCR.

À sa création, le PCR a placé dans ses priorités la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. En 1960, le massacre de Sharpeville allait pousser les démocrates sud-africains à changer leur mode d’action. Les victimes de Sharpeville participaient à une manifestation pacifique. Comme réponse, les forces de répression ont tiré dans la foule. Pour Nelson Mandela et ses compagnons, cela voulait dire que la lutte armée s’imposait.

A ce moment, les choses se sont davantage clarifiées. La nouvelle orientation du Front de libération sud-africain était utilisée par les gouvernements occidentaux pour le classer dans les mouvements terroristes. Toute une propagande était alors en place pour justifier le soutien de l’Occident aux dirigeants de l’apartheid.

"Libérer Mandela"

Dans ces moments difficiles, les résistants sud-africains ont su qu’ils pouvaient compter sur des amis. Le Parti communiste réunionnais et les organisations démocratiques réunionnaises étaient de ceux-là. Tout comme la solidarité avec le Vietnam, le soutien à la lutte contre l’apartheid était alors présent dans les défilés.

Le mot d’ordre "Libérer Mandela" était popularisé par le PCR. À cette époque, le gouvernement français était aux côtés de celui de Pretoria. Il permettait à l’Afrique du Sud de l’apartheid d’avoir une représentation diplomatique à La Réunion, et il donnait aux racistes sud-africains des droits de trafic aérien entre leur pays et notre île. Un groupe d’amitié avec l’Afrique du Sud existait même au Sénat, et il était présidé par un Réunionnais, Georges Repiquet.

Cela signifie que le soutien à la lutte contre l’apartheid était une revendication qui allait à l’encontre du pouvoir dominant.

Dans sa prison, Nelson Mandela n’a jamais transigé sur sa ligne politique, même en échange d’une libération. À l’extérieur, les Réunionnais solidaires ont eu la même attitude. Et c’est la revendication de liberté qui a fini par l’emporter, sans qu’aucune concession n’ait été faite à l’apartheid qui devait disparaître.

Ils n’ont pas oublié

Après la victoire s’ouvre une autre étape, celle de la coopération. Pendant la lutte, Réunionnais et Sud-Africains ont construit une amitié sur la base de la solidarité de leurs organisations progressistes. Lors des différentes rencontres internationales dans notre région, une délégation sud-africaine participait aux travaux des partis progressistes de l’océan Indien. Et chaque réunion était l’occasion de réaffirmer le soutien à la lutte contre l’apartheid.

En Afrique du Sud, ceux qui résistaient à l’apartheid sont arrivés au pouvoir. Ils n’ont pas oublié l’engagement des Réunionnais à leurs côtés.

L’an passé, le PCR était invité à participer à la célébration du centenaire de l’ANC. C’était une conséquence des relations nouées pendant l’époque de la clandestinité de l’ANC, quand Nelson Mandela était en prison.

Plusieurs institutions réunionnaises ont commencé à coopérer avec leurs homologues sud-africaines. C’est par exemple le cas du Port avec la ville de Durban. Ce fut fait aussi entre la Région et le Kwazulu Natal quand Paul Vergès dirigeait cette collectivité. Rappelons également qu’une délégation de la jeunesse réunionnaise avait participé au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants en Afrique du Sud.

L’amitié construite dans la solidarité des luttes est un atout pour notre île, car elle peut ouvrir la possibilité de nouveaux partenariats entre nos deux pays. Dans un monde en rapide évolution, ce n’est pas à négliger. Car l’Afrique du Sud est déjà un pays qui compte à l’échelle du monde.

M.M.

Les Sud-Africains se souviennent de la solidarité

Le communiqué du PCR répondant à l’invitation de l’ANC

En janvier 2012, le PCR annonçait avoir été invité par l’ANC aux festivités du centenaire du Congrès national africain. Dans un communiqué rendu public, il rappelait d’où venait cette relation.

« L’ANC (African National Congres - Congrès National Africain) qui est au pouvoir en Afrique du Sud, organise d’importantes activités à l’occasion du Centenaire de sa fondation en 1912. Plus de 20 chefs d’Etat, des Mouvements et Partis Progressistes du monde entier sont attendus les 6,7 et 8 janvier à Bloemfontein en Afrique du Sud. Le Parti Communiste Réunionnais a été invité.

Dans une lettre adressée au SG du PCR Elie HOARAU, le Secrétaire Général de l’ANC, Gwede MANTASHE considère que  « ce serait un privilège pour l’ANC d’avoir le Parti Communiste Réunionnais comme invité »  aux célébrations de son centenaire. Il a rappelé que le Congrès National Africain a partagé avec le PCR  « des relations extrêmement étroites et historiques »  lors de sa période de clandestinité.

Le Parti Communiste Réunionnais, dont l’une des premières résolutions internationales dès sa création en 1959 actait la lutte contre le régime raciste de l’Apartheid qui sévissait alors en Afrique du Sud, a répondu favorablement à l’invitation de Gwede MANTASHE par l’envoi d’une délégation.

Elle leur remettra une lettre d’Elie HOARAU, fera un résumé des luttes de solidarité anti apartheid menées par les Réunionnais et exposera le potentiel de coopération et d’échange qui existe entre La Réunion et l’Afrique du Sud. »


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