Changement climatique

Copenhague : La dernière chance de survie des peuples du Pacifique

Pour un accord le plus ambitieux possible à la Conférence sur le changement climatique

Manuel Marchal / 17 décembre 2009

Pour de nombreux peuples de l’Océanie, le changement climatique signifie l’engloutissement de leur terre. Pour le moment, l’objectif affiché par la direction de la Conférence, à savoir une augmentation des températures de deux degrés, ne suffit pas à garantir la survie des peuples du Pacifique. Ils militent pour une augmentation maximale de la température moyenne du globe de 1,5 degré, et ils sont venus à Copenhague pour se faire entendre et respecter.

Johnson Toribiong, président de Palau, Edward Natapei, Premier ministre de Vanuatu, et Christine, jeune militante de la lutte contre le changement climatique venue des îles Salomon ont rappelé hier l’urgence dans laquelle se trouvent les peuples des îles du Pacifique, et la nécessité vitale qu’un accord permettant de préserver leurs intérêts soit trouvé. Pour le moment, les propositions des pays riches et des pays émergents s’accordent sur l’objectif d’une hausse des températures de 2 degrés. Mais cela n’est pas suffisant pour contenir la montée du niveau de la mer à une valeur soutenable. Pas plus de 1,5 degré, c’est la revendication des peuples du Pacifique.
Les pays des îles sont au-delà de la ligne de front du changement climatique, ils sont des postes avancés de l’humanité, et ils connaissent dès maintenant les conséquences catastrophiques de ces phénomènes.

« C’est un tsunami »

La montée des eaux, « c’est un tsunami », souligne Johnson Toribiong. « L’océan, c’est notre source de nourriture, notre mode de vie et maintenant, il devient notre adversaire », poursuit-il. Le chef d’État de Palau fait part de deux propositions.
À court terme : « fournir tout de suite les moyens de protéger les plus vulnérables des ravages de la nature ». « Peut-être que dans les économies les plus avancées, ils pensent que le changement climatique existe quelque part pour des gens lointains. Mais nous, nous sommes directement concernés par la montée du niveau de la mer. J’appelle à considérer cette réalité immédiate ».
À plus long terme : travailler ensemble pour renverser le changement climatique en passant des énergies fossiles à l’économie verte. Il cite l’éolien, une source d’énergie éternelle. Johnson Toribiong appelle à aboutir à un accord qui puisse sauver la planète et l’espèce humaine.

« Jusqu’à la dernière minute »

Pour sa part, Edward Natapei, Premier ministre de Vanuatu, souligne que l’agriculture, la pêche et le tourisme sont directement touchés par l’impact du changement climatique. Et de rappeler que la hausse des températures ne doit pas dépasser 1,5 degrés pour sauver leurs pays, sinon les dégâts seront irrémédiables. « Nous demandons au monde de nous écouter. Nous ne demandons pas d’essayer à rechercher une solution économique à nos problèmes, mais à prendre les mesures sur lesquelles nous comptons pour survivre », explique le chef du gouvernement de Vanuatu. « Nous lutterons jusqu’à la dernière minute pour un accord qui maintienne l’augmentation de la température en dessous de 1,5 degré »


Christine, 17 ans : militante de la lutte contre le changement climatique

Christine est âgée de 17 ans. Elle vit dans les îles Salomon et pour elle, le changement climatique est déjà là. Les saisons sont bouleversées, et l’eau monte inexorablement. Si elle est aujourd’hui militante de la lutte contre le changement climatique, c’est parce qu’elle « aime son pays, son peuple, sa maison, son quartier ». Mais tout cela est menacé.
« Le temps est devenu totalement imprévisible, le niveau de la mer monte. Je ne veux pas quitter ma maison, mon beau quartier, mon peuple, mon pays », souligne-t-elle.
« Nous avons besoin d’un accord pour ne pas que la concentration de CO2 dépasse 350 parts par million dans l’atmosphère ». Et de conclure en adressant un message aux dirigeants du monde : « notre futur est dans vos mains ».

 Manuel Marchal 


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