Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
18 novembre 2015, par

Dans son discours lundi devant le Congrès des sénateurs et députés, François Hollande a annoncé deux changements majeurs dans la politique étrangère de la France. C’est tout d’abord les rencontres programmées avec Vladimir Poutine et Barack Obama. Rappelons que depuis le coup d’État en Ukraine en février 2014, la situation s’était tendue. Retour de la Crimée à la Russie, guerre civile dans l’Est de l’Ukraine : autant d’événements où la France et l’Union européenne avait pris le parti du gouvernement ukrainien, jusqu’à prendre des sanctions économiques contre la Russie. C’est aussi le refus de la France de livrer deux bateaux de guerre achetés par la Russie. En réponse, la Russie a interdit les importations de produits agricoles européens. Cette décision explique en partie la crise subie par les agriculteurs français, car le débouché russe n’est plus possible.
L’OTAN avait été aussi dans le sens de la tension. L’organisation militaire commandée par les États-Unis a renforcé ses effectifs dans les pays proches de la Russie.
Une autre source de différend était la stratégie suivie en Syrie. Pour les dirigeants français, le gouvernement syrien était l’ennemi à abattre, au même titre que Daech. Rappelons que la France a été à deux doigts d’entrer en guerre contre la Syrie en août 2013. Mais elle a été lâchée au dernier moment par les États-Unis, ce qui a eu pour conséquence d’annuler les bombardements prévus contre l’armée syrienne.
Pour la Russie, l’urgence est de combattre les terroristes, en soutenant l’armée syrienne qui combat au sol. Cette divergence a amené de fait à la constitution de deux coalitions contre Daech : celle des Occidentaux et celle de la Russie et de la Syrie.
Au lendemain des attentats de Paris, le Groupe de soutien à la Syrie prenait la décision de ne plus mettre le départ du président syrien Assad dans ses priorités. Lundi, le président de la République s’est donc rangé à cette ligne. Depuis ce jour, la France n’a qu’un seul ennemi en Syrie, Daech.
Depuis le discours du président de la République, les liens semblent se reconstruire. La Russie a pris l’initiative. Ainsi, lors d’une réunion d’état-major, Vladimir Poutine a déclaré : « Un détachement naval français mené par un porte-avions arrivera bientôt dans votre secteur. Il faut établir un contact direct avec les Français et travailler avec eux comme avec des alliés ». Par ailleurs, les services d’espionnage des deux pays auront « une coordination plus étroite », indique la présidence russe.
La Russie est donc redevenue un partenaire pour les Européens. Cela s’est fait sans que la Russie ne soit obligée de reculer sur ses principes.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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