Planter des arbres avec la population pour construire une ville : une idée forte de Paul Vergès…
31 août, parPaul Vergès : 2016-2026
25 mars 2015, par

En pleine campagne électorale de l’entre-deux tours d’un scrutin départemental, une nouvelle essentielle est passée une fois de plus inaperçue. Elle concerne pourtant directement La Réunion. En effet, quel que soit le résultat de n’importe quelle élection, La Réunion restera une île tropicale au milieu de l’océan Indien. Elle sera encore un territoire sous forte influence de la mer qui l’entoure, comme le rappelle chaque passage plus ou moins proche d’un cyclone.
Le Washington Post tient une chronique régulière sur les effets du changement climatique. Dans le précédent article, ses lecteurs ont pu s’informer sur les conséquences de la déstabilisation de la calotte glaciaire de l’est de l’Antarctique : une hausse de trois mètres du niveau de la mer. C’est bien au-delà de tous les calculs pris en compte pour le projet de nouvelle route en mer, dite nouvelle route du littoral ou NRL.
Cette semaine, le Post rend compte d’une étude publiée dans Nature Climate Change par Stefan Rahmstorf de l’Institut de recherche de Potsdam sur l’impact du climat. Pour le journal américain, les conclusions auront un « mega-impact », rien de moins.
L’étude constate un ralentissement des grands courants océaniques. Le Gulf Stream est touché. Longeant la côte sud-est des États-Unis, il traverse ensuite l’Atlantique et va réchauffer le littoral ouest-européen. C’est ce qui donne à l’Europe de l’Ouest un climat aussi tempéré.
Ce ralentissement peut tout d’abord avoir des conséquences pour New York et Boston, avec une hausse plus importante du niveau de la mer. Une hausse soudaine de 10 centimètres en une année a été mesurée sur la côte Est des États-Unis, attribuée à un ralentissement du Gulf Stream. Car à lui seul, le Gulf Stream transporte plus d’eau que toutes les rivières du monde réunies, souligne le National Oceanic et Atmospheric Administration.
Ce ralentissement peut être lié à la fonte des glaciers du Groenland. Leur eau froide se jette dans l’Atlantique et comme elle est moins salée, elle reste en surface ce qui perturbe le courant marin. La période allant de décembre 2014 à février 2015 a été la plus chaude de ce moment de l’année. Mais les mesures ont aussi montré un record de fraicheur dans l’Atlantique nord, entre le Groenland et la Grande-Bretagne, dans la zone d’influence du Gulf Stream. Il va de soi que si ce courant s’arrêtait, alors l’Europe connaîtrait une baisse brutale des températures en hiver, tandis que la côte Est des États-Unis aurait à faire face à une hausse brutale du niveau de la mer.
L’océan n’a pas de frontière, La Réunion sera donc touchée par le ralentissement de ces courants. Le climat changera, et n’est-ce pas déjà entamé avec la succession de sécheresse qui frappe notre île depuis plusieurs années ?
Paul Vergès : 2016-2026
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