Santé

Dengue à La Réunion : la Préfecture et l’ARS OI accentuent la lutte contre les moustiques

Réunion du Groupement d’Intérêt Public - Lutte Anti-Vectorielle

Témoignages.re / 11 mai 2016

Depuis fin 2015, 161 cas autochtones de dengue ont été confirmés à La Réunion et le virus continue à circuler dans différents foyers de transmission du Sud et de l’Ouest de l’île. Le risque d’une évolution vers une épidémie de dengue à La Réunion est toujours bien réel.

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Le 4 mai 2016, l’ARS OI a décidé d’activer le niveau 2B du dispositif ORSEC de lutte contre les arboviroses, qui prévoit notamment un renforcement des actions de lutte anti-vectorielle. C’est dans ce cadre que le Préfet de La Réunion, Dominique SORAIN, réunit ce mercredi 11 mai l’ensemble des partenaires institutionnels concernés, dans le cadre du Groupement d’Intérêt Public - Lutte Anti-Vectorielle (GIP-LAV), afin de décider des actions à mettre en œuvre et d’identifier les moyens mobilisables pour éviter une épidémie sur le territoire.

Situation épidémiologique au 11 mai 2016

Au cours de la semaine dernière, 15 nouveaux cas autochtones ont été identifiés à la Réunion. Le virus de la dengue continue donc à circuler de manière active dans l’île. Au total, depuis la mise en évidence d’une circulation virale sur l’île fin 2015, 161 cas autochtones de dengue ont été identifiés.

La plupart des nouveaux cas habitent dans des communes où la circulation virale est active depuis plusieurs semaines (Saint-Louis, Saint-Leu et Saint-Pierre). Cependant, trois infections ont récemment été confirmées chez des patients résidant à Saint-Denis, aux Avirons et à la Possession. Les investigations sont en cours afin de déterminer si ces patients ont contracté le virus de la dengue dans une zone de circulation connue ou si la circulation du virus s’étend à de nouveaux secteurs.

Par conséquent, l’ARS Océan Indien maintient le niveau 2B du plan Orsec de lutte contre les arboviroses (« Intensification de la circulation virale autochtone et risque d’évolution vers une épidémie »).

Le GIP-LAV : quels acteurs et quelle mission ?

Le Groupement d’Intérêt Public - Lutte Anti-Vectorielle (GIP-LAV) a été créé par arrêté préfectoral en octobre 2006, en pleine épidémie de chikungunya, dans l’objectif de coordonner les actions des différents partenaires qui interviennent de façon directe ou indirecte dans la lutte contre les moustiques vecteurs.

En cas d’épidémie, il constitue la structure de réponse pour les actions de lutte anti-vectorielle à l’échelle du département. Il est constitué des institutions suivantes : l’Etat, l’ARS OI, le Conseil Régional, le Conseil départemental, l’association des maires, les 24 communes et les 5 intercommunalités du département.

Présidé par le Préfet, il décide de la politique générale de prévention des maladies vectorielles, et des stratégies d’action retenues pour la lutte anti-vectorielle. Le GIP-LAV s’appuie sur les missions menées au quotidien par le service de Lutte Anti-Vectorielle de l’ARS OI, complétées par les activités des communes et des intercommunalités en matière de gestion des déchets et de maintien de l‘hygiène du milieu.

Son conseil d’administration se réunit au moins une fois par an et autant que nécessaire en fonction de l’actualité.

Présentation du dispositif et prévision de renforts

Face à l’amplification du phénomène de circulation du virus de la dengue, l’ARS OI a décidé le 4 mai d’activer le niveau 2B du plan Orsec de lutte contre les arboviroses.

Suite à cette décision, les membres du GIP-LAV se sont réunis ce mercredi 11 mai, sous la présidence du Préfet et en présence du Directeur Général de l’ARS OI, pour faire le point en particulier sur le bilan des actions menées depuis le début de la circulation du virus de la dengue fin 2015 ; les modalités du renforcement des actions de salubrité publique sur l’ensemble du territoire par une plus forte mobilisation des services techniques communaux et intercommunaux et des structures porteuses de contrats aidés ; la préparation à l’activation éventuelle de renforts supplémentaires en soutien des opérations de lutte anti-vectorielle sur le terrain en cas de passage en phase épidémique.

Bilan des actions depuis fin 2015

Depuis le début de l’identification d’une circulation du virus de la dengue fin 2015, le service de Lutte Anti-Vectorielle de l’ARS OI est fortement mobilisé et est intervenu quotidiennement et massivement dans les quartiers concernés pour contenir les zones de transmission. Des plans de mobilisation ont été définis en lien avec les acteurs locaux et notamment les communes, intercommunalités et associations afin de coordonner l’ensemble des interventions. Ces actions multi-partenariales ont contribué à limiter l’extension des zones de transmission. Toutefois, l’apparition de signalements hors de ces zones de circulation identifiée incite les membres du GIP-LAV à renforcer leurs actions et notamment :

la sensibilisation et la mobilisation de la population réunionnaise pour qu’elle élimine plus régulièrement les gîtes larvaires et se protège des piqûres de moustiques dans les quartiers concernés,

la lutte contre la prolifération des moustiques sur l’ensemble du territoire (nettoyage et entretien des espaces privés et publics y compris les ravines…)

les opérations de nettoyage des quartiers concernés, suivies de la mise en œuvre de traitements insecticides dans les cours et les jardins en journée complétées par des pulvérisations nocturnes.

Renforts et stratégie d’intervention, en vue d’un passage en phase épidémique

Les membres du GIP-LAV se sont engagés au cours de cette séance à renforcer le dispositif de lutte anti-vectorielle actuellement en place, en mobilisant notamment dans les semaines à venir jusqu’à 300 contrats aidés supplémentaires dans les quartiers concernés et les ravines de l’île dont 100 immédiatement pour le nettoyage des ravines situées dans les zones de circulation virale. Ces moyens supplémentaires permettront de démultiplier les actions d’élimination des gîtes larvaires dans les ravines et les quartiers alentours, que ce soit sur le domaine public ou dans les cours et jardins des particuliers, en priorité dans les zones de circulation du virus, puis progressivement sur l’ensemble du territoire. Ils permettront également de renforcer les actions de communication et de mobilisation sociale au plus près des habitants des quartiers concernés.

Rappel des recommandations à la population

Malgré les passages répétés des services de l’ARS OI et de ses partenaires chez les particuliers, il est régulièrement constaté que certains habitants continuent de créer des situations à risque dans leur environnement. Ainsi, on retrouve dans les jardins et cours des particuliers dans les quartiers concernés :

des récipients en eau (soucoupes, pot, vases, etc)

des amas de déchets (notamment encombrants et déchets verts) déposés en dehors des dates prévues de collecte.

Ces comportements favorisent la prolifération des moustiques et donc les risques de transmission de la dengue. Aussi, il est rappelé à tous l’importance de mettre en œuvre les gestes de prévention :

Eliminez les gîtes larvaires dans votre environnement

Protégez-vous des piqûres de moustiques

Consultez rapidement un médecin, en cas d’apparition de fièvre, éventuellement associée à des maux de tête, douleurs musculaires, éruptions cutanées…

Cette lutte collective est le moyen le plus efficace pour éviter la survenue d’une épidémie.


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